Elle entend les cris de sa voisine victime de violences conjugales et diffuse une vidéo qui fait froid dans le dos

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Samedi 9 février, une habitante de Toulouse poste sur Twitter une vidéo tournée dans sa cage d’escalier où l’on entend les cris de sa voisine, victime de violences conjugales.

La vidéo a été vue 200 000 fois en 24 heures. On entend les cris d’une jeune femme, victime de violences conjugales. « Tant qu’une femme mourra en France tous les deux jours sous les coups de son conjoint ou son ex-conjoint, je ne me tairai pas », a indiqué cette internaute qui a multiplié les appels à l’aide sur les réseaux sociaux.

D'après cette habitante, les hurlements de sa voisine ont commencé le samedi matin très tôt. « Les coups ont commencé vers 4 heures du matin. Je suis allée tambouriner à 6h30 avec ma sœur et une voisine », raconte Sofia, au Parisien. « L'homme nous a ouvert la porte, nous a insultés et nous a dit : « vous n'avez qu'à appeler la police, je n'en ai rien à foutre. »

Sofia prévient alors les autorités. La police intervient une demi-heure plus tard mais sans porter une très grande attention à la situation. « Elle a fait un contrôle d’identité et est repartie. Je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas restés dans le couloir, car cinq minutes plus tard, les cris ont repris de plus belle », explique Sofia, au Parisien.

La jeune femme rappelle alors la police pour qu’elle revienne, en vain. « J'ai rappelé la police pour qu'ils interviennent, mais ils ont refusé de se déplacer à nouveau », ajoute-t-elle. Une version que nient les autorités. Elle décide alors d’enregistrer les cris insoutenables de sa voisine et les insultes prononcées par le conjoint, puis de poster la vidéo sur Twitter. Dans son tweet, elle interpelle Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, le préfet d’Occitanie et la préfecture de police, pour remettre en cause le comportement de la police face à cette situation de violence conjugale.

Très vite relayée dans toute la France, sa publication fait réagir le cabinet du maire, qui contacte la préfecture. Une brigade de police est alors envoyée sur place le samedi après-midi, avec une proposition de prise en charge de la victime mais celle-ci refuse.

La préfecture de région a, quant à elle, tweeté, samedi après-midi, que « l'affaire est en cours de traitement ». D'après une source policière, la police se serait déplacée trois fois au total : à deux reprises le matin et une troisième fois l'après-midi. « A chaque fois, les policiers n'ont pas constaté de traces d'éventuelles violences conjugales. On est plus dans la dispute, face à des gens qui parlent fort. »

Une prise en charge de la victime a été lancée. « Je vais envoyer une équipe des services sociaux dès lundi pour communiquer avec la jeune femme. On ne pourra pas la mettre à l’abri si elle n’est pas consentante », explique au Parisien, Antoine Grezaud, conseiller au cabinet du maire Jean-Luc Moudenc.

De son côté, Sofia envisage de porter plainte contre la police pour non-assistance à personne en danger. Le 2 janvier dernier, Sofia avait déjà contacté les forces de l'ordre pour des faits similaires. D'après la jeune femme, les policiers étaient intervenus quatre heures après son coup de fil. Elle avait également interpellé Marlène Schiappa sur Twitter pour dénoncer des problèmes techniques sur la plateforme officielle de signalement en ligne de violences sexuelles et sexistes. « Nous signalons immédiatement ce dysfonctionnement », avait répondu la secrétaire d'Etat à ce sujet.

En 2017, en France, 130 femmes ont été tuées par leur mari, compagnon ou ex-conjoint, contre 123 en 2016, selon des données communiquées par le ministère de l’Intérieur. Dimanche 27 janvier dernier, une femme de 34 ans a été mortellement poignardée par son ex-mari, à Annemasse, alors qu'elle avait pourtant porté plainte à cinq reprises avant le drame.

Source : Le Parisien
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