Pour la première fois, un bébé est né après une greffe d'utérus issu d'une donneuse décédée

Par
3 370
Partages
inscription newsletter

Newsletter

partager sur twitter

Partager sur Twitter

Au Brésil, un bébé a été conçu grâce à un utérus transplanté chez une femme infertile à partir d’une donneuse morte. Une première mondiale !

Cette naissance survenue en décembre 2017 a été rapportée par la revue scientifique The Lancet, ce mardi 4 décembre. L’hôpital universitaire de São Paulo, qui a conduit la greffe, a tenu à préciser que sept mois après la naissance, la petite fille se portait bien. Elle pesait 7,2 kg et était toujours nourrie au sein par sa maman, également en bonne santé.

Une grossesse normale

Victime du syndrome Rokitansky (MRKH*), cette femme a découvert qu’elle était née sans utérus à l’âge de 25 ans. Pensant qu’elle ne pouvait avoir d’enfant naturellement, son opinion a commencé à changer en 2014, quand elle a découvert, par le biais d’un groupe de soutien pour femmes confrontées au même problème, la réussite des greffes de l’utérus en Suède. Jusqu'à présent, 39 transplantations ont été opérées dans le monde et seules 11 ont abouti à une naissance.

Au Brésil, un bébé est né grâce à une greffe d'utérus provenant d'une donneurse morte. Crédit : KieferPix / Shutterstock

En septembre 2016, la maman brésilienne de 32 ans s’est ainsi fait greffer un utérus provenant d’une femme donneuse de plusieurs organes, âgée de 45 ans et décédée d’un AVC. Cette opération aura duré au total 10 h 30 et a été suivie d’un traitement immunosuppresseur pour éviter le rejet du greffon.

Les premières règles ont eu lieu 37 jours après la transplantation. La grossesse est survenue après le premier transfert d’embryon unique, 7 mois après la transplantation.

« Nos résultats apportent la preuve que cela peut fonctionner »

L’accouchement par césarienne a eu lieu le 15 décembre 2017, près de la 36e semaine de gestation. La grossesse s’est déroulée sans encombre et le bébé pesait 2,5 kg à la naissance.

« Le recours à des donneurs décédés pourrait élargir considérablement l’accès à ce traitement. Nos résultats apportent la preuve que cela peut fonctionner, pour offrir une nouvelle option aux femmes frappées par une infertilité d’origine utérine », a déclaré le Dr Dani Ejzenberg, qui a dirigé l’étude à l’hôpital universitaire de São Paulo.

C’est la première fois qu’une transplantation d’utérus à partir d’une donneuse morte aboutit à une naissance.

Les résultats établissent la preuve que le traitement de l’infertilité utérine par transplantation d’un donneur décédé fonctionne, ouvrant ainsi la voie à une grossesse saine pour toutes les femmes atteintes d’infertilité utérine, sans nécessiter de donneur vivant.

*Mayer-Rokitanksy-Küster-Hauser

Source : The Lancet
Commentaires