Pour lutter contre l'infertilité, un message va être à tous les Français à leurs 29 ans

Promis par Emmanuel Macron il y a deux ans, le plan contre l’infertilité en France a été présenté ce jeudi 5 février. Il prévoit de mieux sensibiliser la population sur ce sujet qui touche plus de 3 millions de Français.

Lutter contre l’infertilité, tel est le nouveau plan présenté par le gouvernement, par le biais de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, ce jeudi 5 février. Il y a deux ans, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, avait promis la mise en place d’un tel plan après avoir commandé un rapport sur le sujet en 2022.

Selon ce rapport, l’infertilité touche aujourd’hui 3,3 millions de Français. Dès lors, ce plan consiste à sensibiliser les Français sur ce sujet. Et cela passera par une mesure phare, qui sera lancée dès cette année. En effet, le plan prévoit l’envoi d’un message à tous les Français lors de leurs 29 ans. Un message pour inciter à faire des enfants ? N’y voyez aucune pression selon la ministre de la Santé :

"Le rôle du politique n'est pas de dire s'il faut avoir des enfants ou encore à quel âge : ce qu'il faut éviter c'est continuer à entendre 'si j'avais su'".

Stéphanie Rist, ministre de la SantéCrédit photo : AFP

Cette précision s'inscrit dans un contexte où Emmanuel Macron avait été critiqué par plusieurs associations féministes pour avoir lié l'infertilité à une problématique de "réarmement démographique", une rhétorique guerrière jugée inadéquate. Une campagne de communication sur les enjeux de reproduction doit être lancée fin 2026 et, très prochainement, un site d'information sera disponible sur le sujet.

Le plan, dont le budget total n'est pas précisé, ne se limite pas à la communication. Le ministère veut aussi augmenter les possibilités de congeler ses ovocytes, un choix permis par la loi bioéthique de 2021 mais qui se heurte dans les faits à de longs délais d'attente.

Une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

D'ici à 2028, le ministère voudrait habiliter plusieurs dizaines de nouveaux établissements à le faire. Il envisage clairement d'ouvrir ce terrain au privé, assurant néanmoins que la procédure restera gratuite et exempte d'une "logique marchande".

Un couple échoue à faire un enfantCrédit photo : iStock

Le plan promet aussi une meilleure prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble qui touche de nombreuses femmes et favorise l'infertilité. C'est aussi le cas de l'endométriose mais, alors que celle-ci fait déjà l'objet d'un plan gouvernemental, le SOPK restait jusqu'alors largement absent des discours publics.

Chez les patients, l'annonce de ce plan a été saluée par le collectif BAMP, qui rassemble des personnes infertiles ou en cours de PMA, par la voix de sa présidente Virginie Rio à l’AFP :

"On passe dans une nouvelle ère, on n'a jamais été à ce niveau-là de considération des sujets de fertilité et d'infertilité"

Un médecin explique l'infertilité masculineCrédit photo : iStock

L'organisation milite notamment pour l'autorisation en France du DPI-A, une méthode de diagnostic permettant de repérer les anomalies des embryons avant de les implanter. L'objectif est d'éviter de nombreuses PMA vouées à l'échec, mais cette technique fait l'objet de débats éthiques quant à une potentielle dérive eugéniste.

Aux côtés du plan contre l'infertilité, qui sera piloté par les auteurs du rapport de 2022, le ministère a, par ailleurs, annoncé travailler sur les enjeux de santé liés à la naissance, alors que la France présente des taux de mortalité infantile et maternelle nettement supérieurs à nombre de voisins européens.


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