Une mère obligée de se battre pour empêcher que son fils autiste soit interné en psychiatrie

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C'est une situation qui témoigne d'un problème sociétal dont on parle trop peu, récemment relayée par le journal le Parisien : le combat d'une mère de famille du Val-de-Marne, miroir des difficultés que rencontrent certains enfants autistes, et leurs familles, pour trouver des environnements adaptés.

En cause, les traitements psychiatriques, qui sont parfois avancés comme étant la seule alternative possible dans certains cas, et qui sont critiqués par bon nombre de parents et d'associations. Puissants traitements médicamenteux, « camisoles chimiques », sédatifs et narcoleptiques à répétition, autant de méthodes perçues par certains parents comme relevant de la solution de facilité, qui, à force de vouloir les « tranquilliser », déshumanise leurs enfants plutôt que de les aider.

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L'histoire d'Elisabeth Chaves, relayée par le quotidien régional, est symptomatique de la chose : maman de Romain et de Laura, deux enfants autistes, elle se retrouve depuis 20 mois à court de solutions pour son fils, qui n'est plus placé et qui fait face à l'exclusion scolaire. 

En effet, l'adolescent a été mis à la porte de son institut médico-éducatif (IME), après un épisode de violence en février 2016. Élisabeth voudrait qu'il puisse être à nouveau placé dans un institut du même type, pour continuer à bénéficier d'un environnement éducatif adapté : mais voilà, l'ancien IME de Romain a accepté qu'il soit réintégré, à une condition : passer 15 jours en psychiatrie, à l'hôpital Bicêtre.

Là-bas, il est placé sous sédatifs, et supporte très mal l'enfermement soudain et le changement d'environnement :  « ça s’est très mal passé, explique Élisabeth au Parisien, car on l’a mis sous traitement ». Rapidement, la situation se dégrade : il retourne à l'IME pour un mois, avant de devoir à nouveau le quitter. 

Aujourd'hui, Élisabeth est donc à court de solutions. Mère célibataire et exerçant une activité professionnelle, elle a bien du mal à s'occuper de Romain, depuis 20 mois. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de ses proches, et notamment des grands-parents de l'enfant, âgés de plus de 70 ans.

Après une grève de la faim en juin et le partage d'une pétition en ligne pour dénoncer cette situation insoutenable, elle bénéficie aujourd'hui d'une aide à domicile 7 heures pendant la journée. Mais il ne s'agit que d'une mesure provisoire pour Romain, qui a besoin d'un environnement spécialisé pour être stimulé selon Élisabeth.

« Tout ce qu’on me propose aujourd’hui pour lui, c’est un hôpital psychiatrique », se lamente-t-elle. Chose que la maman de Romain refuse catégoriquement, car selon elle, cet enfermement aurait de graves conséquences pour son enfant. « Il faut le stimuler, le tirer vers le haut, et non pas le sédater. Il n’a pas sa place là-bas. »

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La manière d'aborder médicalement certains handicaps et certaines conditions mentales comme l'autisme est encore aujourd'hui sujette à polémique. Autre facette du même problème de fond, le recours abusif à la psychiatrie, caractérisé par des témoignages de certains abus dans les structures médicales dédiées aux enfants handicapés, tels que ceux dénoncés récemment par Céline Boussié au sujet de l’IME de Moussaron, dans le Gers.

Aujourd'hui, Élisabeth reçoit le soutien du collectif Emilie, une association d'entraide fondée par un groupe de parents d’enfants handicapés. Le collectif a été nommé en hommage à Emilie Loridan, une jeune maman d’une petite fille trisomique qui s’est suicidée l’année dernière par désespoir après avoir été privée d'allocations. 

Source : Le Parisien
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