Crop top, brassières, claquettes chaussettes... quand les tenues vestimentaires sèment la zizanie à l'école

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Crop top, brassières, claquettes chaussettes… les tenues vestimentaires sèment le désordre à l'école. Symptomatique de l'époque ou problème récurent ? 

La récente interdiction du combo claquettes chaussettes - que certains qualifieront de mauvais goût - dans un collège de Seine-Saint-Denis a remis en lumière l’épineuse question des tenues vestimentaires à l’école.

Revenant sur le tapis à chaque rentrée scolaire, ce débat sans fin mérite que l’on s’y attarde car, au-delà des normes habituelles imposées par les règlements propres à chaque établissement, il représente un enjeu sociétal.

Crédit photo : Istock

Tenues correctes exigées dans les écoles 

Les interdictions vestimentaires ne datent pas d’hier et, à de très rares exceptions, les élèves s’y sont toujours pliés, à défaut de vraiment les accepter.

Cependant, il n’est pas rare aujourd’hui que des élèves se rebiffent en contestant des règles qu’ils jugent tantôt dépassées, tantôt injustes, voire carrément sexistes.

Ce fut notamment le cas lors de la rentrée scolaire 2021 lorsque Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’Éducation nationale, s’était prononcé contre le port du crop top (tee-shirt court laissant apparaître le nombril) pour les jeunes filles, exhortant ces dernières à porter des tenues dites « républicaines ».

Une prise de position qui avait provoqué l’ire de nombreuses adolescentes, à tel point que certains observateurs avaient cru y déceler la preuve d’une jeunesse manifestement moins docile qu’autrefois. Il faut dire que ces conflits, qui s'apparentent davantage à un choc de générations, interrogent forcément sur les us et coutumes d'une époque où les élèves ultra-connectés ont accès à des contenus explicites de plus en plus tôt. Ce qui, intentionnellement ou pas, peut conduire à porter des tenues que certains n'hésiteront pas à juger indécentes.

Mais au-delà du problème - bien réel - de l'hypersexualisation des plus jeunes, véhiculée par des séries et autres films toujours plus trash, c'est surtout la question de la transgression qui doit être abordée !

Dans le fond, cette contestation n’a-t-elle pas toujours existé, prenant différentes formes au gré des époques et des évolutions de la société ?

Chacun d’entre nous s’est déjà vu signifier, au moins une fois, une remarque concernant sa tenue à l’école, à commencer par les casquettes et autres couvre-chefs, proscrits au nom d’une certaine politesse.

S’agit-il alors réellement d’un problème actuel que l’école doit rapidement résoudre ou simplement d'un faux débat qui revient sans cesse au fur et à mesure des époques ?

Crédit photo : Istock

L'école doit-elle s'adapter à son époque ?

Il faut savoir qu’il n’existe, contrairement à de nombreuses idées reçues, aucune loi en France imposant un code vestimentaire aux établissements. Seul le port de signe religieux est proscrit en vertu de l’article L.141-5-1 du Code de l’Éducation.

Ce sont donc les établissements scolaires eux-mêmes qui fixent les règles, afin de préserver l’ordre public selon des critères de sécurité et d’hygiène, et celles-ci varient d’une école à l’autre.

Ces règlements intérieurs sur les tenues correctes exigées sont dictés par des principes moraux et sociétaux. Or, la moralité et la société d’hier ne sont plus celles aujourd’hui.

Porter un crop top est-il par exemple aussi choquant aujourd’hui que par le passé ? Mettre des claquettes représente-t-il réellement un danger pour l’intégrité physique des élèves, comme cela a été signifié à ces derniers au collège Elsa-Triolet de Saint-Denis. Rien n’est moins sûr et pourtant ce sont les motifs d’interdiction invoqués.

Dans le même temps, on ne peut nier que le rôle premier de l’école est de préparer les enfants à la vie d’adulte, donc à la vie active, à tort ou à raison. « Une entreprise de normalisation », comme l'appelle Jean-François Amadieu, professeur à l’Université Panthéon Sorbonne. Imposer un cadre fait donc partie intégrante des attributions des établissements scolaires.

Mais ce cadre doit-il rester figé ou évoluer en même temps que la société qu’il est censé incarner ?

Les règles doivent-elles s’adapter à leur époque ou, au contraire, se durcir et faire fi du contexte au risque de voir un retour du port de l’uniforme à l’école, ce que certains réclament depuis longtemps ?

Vaste débat !

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