Christophe Dettinger, héros d'une fresque honorant les gilets jaunes sur un mur de Paris

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Une fresque murale à la gloire de l’ex-boxeur et « gilet jaune » Christophe Dettinger, actuellement incarcéré, a été réalisée à Paris. Symbole de la brutalité du mouvement pour les uns, héros du peuple pour les autres, l'intéressé ne laisse personne indifférent.

Cet ancien boxeur, actuellement en détention provisoire pour avoir frappé deux policiers lors de l’« acte VIII » des «gilets jaunes, le 5 janvier dernier à Paris, a en tout cas inspiré un collectif d’artistes, baptisé « mouvement Black Lines ».

Fondé en mai 2018 en référence aux événements de mai 68, ce tout nouveau mouvement de grapheurs, se revendiquant « artistique et révolutionnaire », a ainsi réalisé une fresque murale géante de plus de 300 mètres de long à l’effigie de l’ancien champion de France, surnommé le « Gitan de Massy ».

Située rue d’Aubervilliers - à cheval sur les XVIIIe et XIXe arrondissement - l’oeuvre dédiée en réalité à l’ensemble du mouvement des « gilets jaunes » - avec notamment des portraits de personnes blessées par des policiers - met à l’honneur l’ex-boxeur, à travers deux scènes connues désormais de tous.

Une fresque à la gloire de Christophe Dettinger à Paris. crédit photo : Capture d'écran Twitter

Sur le premier portrait qui lui est consacré, on peut voir Christophe Dettinger en garde et prêt à en découdre, avec au deuxième plan un gilet jaune lançant un projectile devant l'Arc de Triomphe. Sur le second, il est en action en train d’armer un coup de poing en direction d’un policier, dans une posture immortalisée par une vidéo diffusée en boucle sur les télévisons de France et de Navarre.

Une fresque à la gloire de Christophe Dettinger à Paris. crédit photo : Capture d'écran Twitter

Une fresque à la gloire de Christophe Dettinger à Paris. crédit photo : Capture d'écran Twitter

La mairie « n’aurait pas souhaité afficher Christophe Dettinger ainsi »

Interrogé par nos confrères du Parisien sur le choix de telles images, l’un des organisateurs du mouvement - qui se fait appeler « Lask Twe » - a confié avoir « donné carte blanche » à ses artistes. « À chaque fois nous lançons une thématique dans l’actualité. Cette fois c’était l’hiver jaune. Il fallait qu’on en parle. Notre fresque est là pour questionner. », a-t-il précisé.

L’initiative n’est en tout cas pas du goût du maire PS du XVIIIe arrondissement Éric Lejoindre, qui y voit une manière de glorifier les actes violents. « Je suis contre la mise en avant de la violence. Mais je n’ai pas encore vu cette fresque », a-t-il d’abord déclaré.

« Le street-art a vocation à se saisir de l’actualité. On n’est pas sur une phrase antisémite ou insultante. Reste à voir si on est dans l’art ou non. Je vais me rendre sur place pour regarder cette œuvre dans son ensemble. Mais cela s’est fait sans nous consulter, car on n’aurait pas souhaité afficher Christophe Dettinger ainsi. », a-t-il ajouté.

Le mouvement n’en est pas à son coup d’essai. Depuis sa création, ce collectif a souvent ciblé les violences policières dans ses oeuvres, en particulier à travers ses créations dénonçant le sort des migrants ou la guerre en Syrie.

« Il y a de tout, des adeptes du collage, des street-artistes, des peintres, des graffeurs, peu importe tant qu’on pratique de l’art conscient », explique ainsi Lask Twe. « Chacun est responsable de son message, ce mur, c’est comme un statut Facebook, il colle à l’actualité, mais n’a pas vocation à rester, on sait qu’il sera recouvert par d’autres graffs bientôt », souligne pour sa part l’un de ses acolytes.

Le mur choisi comme support par les street-artistes s’avère être un espace où l’expression artistique est autorisée. Les oeuvres sont toutefois encadrées par les membres d’une association locale qui a visiblement été pris de cours.

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Source : Le Parisien
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