Pourquoi Andrew Garfield espère que les milliardaires seront « morts de trouille » devant son nouveau film

Lors d'une projection à Los Angeles, Andrew Garfield a dit espérer que les milliardaires soient « morts de trouille » devant The Uprising. Ses propos ont déclenché une vague de critiques.

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Une question banale de fin de projection, une réponse qui part beaucoup plus loin. Jeudi dernier, à Los Angeles, Andrew Garfield répondait au public venu découvrir The Uprising, le nouveau film de Paul Greengrass, aux côtés du réalisateur. Un spectateur lui demande ce qu'il aimerait que les gens emportent avec eux en sortant de la salle. L'acteur commence par une réponse attendue, puis ajoute une phrase qui a fait le tour d'Internet en quarante-huit heures.

« J'espère que si des milliardaires le regardent, ils seront morts de trouille »

La séquence a été filmée et mise en ligne par le site The Movie Report, puis relayée par la presse américaine. Andrew Garfield y explique d'abord espérer un effet d'entraînement sur le public, avant de viser une catégorie très précise de spectateurs.

« D'abord, j'espère qu'ils viendront le voir. Ensuite, j'espère que ce sera galvanisant. J'espère qu'il y aura une forme de prise de conscience, que l'on ait tous le sentiment que nos propres combats se reflètent dans ceux de ces personnages d'une époque et d'un lieu lointains. Et j'espère que si des milliardaires le regardent, ils seront morts de trouille. »

(Propos tenus en anglais lors de la séance de questions-réponses, traduits ici. La formule d'origine, « scared sh*tless », est nettement plus crue.)

Plus tard dans l'échange, l'animateur cite une réplique du film : « Il n'y aura pas de paix tant que nous ne serons pas guéris. » Paul Greengrass répond que la phrase vaut autant aujourd'hui qu'il y a six cents ans. Garfield enchaîne alors sur un registre presque inverse du précédent, rapporte The Hollywood Reporter : selon lui, les milliardaires sont « peut-être les plus malades de l'âme » et « ceux qui auraient le plus besoin d'être guéris ». Menace et absolution dans la même minute.

Un film sur une révolte de paysans en 1381

The Uprising retrace la révolte des paysans anglais de 1381. Après la peste noire, les taxes lourdes imposées par l'entourage du roi Richard II pour financer la guerre de Cent Ans poussent les campagnes à bout. Andrew Garfield y incarne un laboureur devenu meneur, aux côtés de Cosmo Jarvis dans le rôle du rebelle historique Wat Tyler, Jamie Bell, Thomasin McKenzie, Tom Hollander ou encore Katherine Waterston. Le film est écrit et réalisé par Paul Greengrass, à qui l'on doit Vol 93, Bloody Sunday et deux volets de la saga Bourne.

Le parallèle avec l'époque actuelle, l'acteur l'assumait déjà avant cette projection. Interrogé le mois dernier par Esquire sur les conditions de vie décrites dans le film, il évoquait la brutalité des conditions faites aux classes populaires, la fiscalité écrasante d'après-peste et l'incompétence du pouvoir. Et quand on lui demandait si tout cela pouvait résonner avec le monde d'aujourd'hui, sa réponse tenait en un mot : oui, ici, aux États-Unis, et partout ailleurs.

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La fortune de l'acteur immédiatement mise sur la table

La phrase a plu dans la salle. Beaucoup moins sur X, où les critiques se sont concentrées sur un point : l'acteur qui souhaite faire trembler les milliardaires est lui-même très à l'aise. Sa fortune personnelle est estimée par plusieurs médias américains autour de 16 millions de dollars, une somme qui ne joue pas dans la même division que celle des milliardaires visés, mais qui a suffi à nourrir le procès en incohérence.

L'ancien candidat à la mairie de Los Angeles Spencer Pratt lui a demandé s'il parlait « des milliardaires qui donnent le feu vert à ses films et signent ses chèques à plusieurs millions ». Il a aussi affirmé, sans que le chiffre ait été confirmé par la production, que Garfield aurait touché environ 5 millions de dollars pour incarner le patron d'OpenAI Sam Altman dans Artificial, le prochain film de Luca Guadagnino. Un chroniqueur Substack, John William Sherrod, a de son côté ironisé sur un acteur multimillionnaire « déguisé en membre de la classe ouvrière ». Et Noam Blum, directeur technique de Tablet Magazine, a résumé la contradiction industrielle du projet : plus de milliardaires ont participé à la fabrication de ce film qu'il n'y en aura jamais pour le regarder.

Ce n'est pas la première polémique autour du film. Cet été, des supports promotionnels américains l'ont brièvement rebaptisé The Uprising: The Rise of Robin Hood, rattachant un drame historique sur Wat Tyler à une figure de légende qui n'apparaît pas dans le récit. De quoi laisser une partie du public perplexe bien avant la sortie.

Quand sortira le film ?

Réponse dans quelques jours pour les spectateurs américains : The Uprising arrive dans les salles aux États-Unis le 11 septembre 2026, avec des séances dès le 10 selon Deadline. Sortie britannique annoncée en octobre. En France, aucune date n'a été officiellement communiquée à ce stade. Il faudra donc patienter avant de vérifier soi-même si le film a de quoi effrayer qui que ce soit.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.