L'urine et les excréments des chiens menacent l'environnement des parcs et des réserves naturelles

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Focus aujourd’hui sur une étude démontrant que les chiens qui font leurs besoins peuvent représenter, bien malgré eux, un danger pour la nature. Précisions.

Les chiens seraient-ils néfastes pour l’environnement ?

La question peut vous paraître drôle voire stupide, mais elle est pourtant très sérieuse et vient de faire l’objet de travaux qui révèlent que les urines et autres déjections canines représentent un danger pour les sols des parcs naturels.

Dans une étude publiée ce lundi 6 février, des chercheurs mettent ainsi en lumière cette problématique, expliquant que lorsque les chiens font leurs besoins dans la nature, cela peut entraîner un risque de surfertilisation et engendrer par la même occasion une perte de la biodiversité.

Cette conclusion s’appuie sur des enquêtes relatives aux animaux de compagnie, menées dans quatre parcs naturels situés autour de la ville de Gand, située en Belgique.

Crédit photo : Natwick / Shutterstock

Quand les chiens font leur besoin, les sols dégustent

Interrogé par le site Insider, Pieter De Frenne (bio-ingénieur de l’université de Gand) a déclaré que bien que cette étude concerne la Belgique, « la situation est probablement similaire dans d’autres parcs et réserves proches des villes en Europe et aux États-Unis ».

Selon lui, les excréments et les urines de chiens contribuent « plus que probablement » à augmenter les niveaux de phosphore et d’azote - qui sont des engrais – dans l’environnement.

« Lorsqu’il y a un excès d’azote disponible dans le sol, seule une sélection de plantes est capable d’y faire face » et ces dernières vont alors prendre le dessus sur les autres qui vont disparaître peu à peu, explique ainsi Pieter De Frenne.

« Les orchidées sont un exemple typique. Elles sont supplantées et disparaissent de l’écosystème », poursuit le scientifique.

Crédit photo : Monica Wisniewska / Shutterstock

Ainsi, lorsque les propriétaires ne ramassent pas les excréments de leurs chiens, on estime que ces derniers pourraient déverser dans les sols environ 11 kg d’azote et 5kg de phosphore par hectare et par an.

En résumé, les chiens - de manière tout à fait involontaire - sont donc susceptibles d’augmenter la quantité d’azote des sols au-delà du seuil critique et affecter ainsi la biodiversité.

Pour réduire ce risque, les gestionnaires des parcs belges envisagent de créer d’autres parcs, situés dans des zones où les écosystèmes sont moins sensibles, où les chiens pourraient faire leurs besoins sans danger.

Notons que les propriétaires peuvent y mettre du leur aussi car, comme le rappelle Pieter De Frenne, en ramassant les excréments, « vous pouvez éliminer 97 % du phosphore et la moitié de l’azote » émis par votre animal.

Source : Insider
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