Un scientifique australien, Karl Kruszelnicki, explique avoir percé le mystère du triangle des Bermudes, zone géographique située dans les Caraïbes où de fréquents accidents lui ont fait valoir une réputation de lieu funeste.
C’est l’un des mystères les plus tenaces qui façonnent notre imaginaire collectif. Le fameux triangle des Bermudes est une zone de 500 000 kilomètres carrés, située en plein cœur de l'océan Atlantique. Dans cette zone, des centaines d'avions et de bateaux ont disparu depuis le début du XIXe siècle.
En 1964, le journaliste Vincent Gaddis donne un nom à cette inquiétante région marine allant de la Floride à Porto Rico, en passant par l'archipel des Bermudes. On l'appellera le triangle des Bermudes. Dix ans plus tard, l'écrivain Charles Berlitz en fait le titre de son nouveau livre-enquête, un best-seller qui fascine des millions de lecteurs et ouvre la voie à de nouvelles investigations.
Les théories sont nombreuses, mais aucune n’ont été réellement prouvées : conditions météorologiques défavorables ou failles temporelles, coup des extraterrestres ou d'un monstre marin, influence de l'Atlantide ou d'un champ magnétique, vagues scélérates ou piège chimique.
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Ces naufrages et crashs, parfois sans épave, restent à ce jour pour la plupart inexpliqués. Enfin, officiellement, car pour le scientifique australien Karl Kruszelnicki, il n'y a rien de mystérieux à toute cette histoire. Pour lui, le triangle des Bermudes ne constituerait pas une zone géographique plus dangereuse que la moyenne, comparant notamment cette partie de l'Atlantique aux autres océans de la planète.
La réponse à cette énigme serait, selon lui, beaucoup plus simple qu'on ne le pense, et surtout bien moins sensationnelle que la plupart des théories soulevées. Périmètre aussi vaste que fréquenté, le triangle des Bermudes est en permanence traversé par des navires et des appareils aériens. Plus il y a de trafic, plus il y a d'accidents, prouvent les statistiques.
Et pour Karl Kruszelnicki, il ne faut pas aller chercher plus loin :
"Le nombre de bateaux et d'avions qui disparaissent dans le triangle des Bermudes est le même qu'ailleurs dans le monde, en proportion."
Autrement dit, les chiffres ne montrent aucune anomalie.
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Des disparitions pas si mystérieuses
La position du chercheur est partagée par plusieurs institutions officielles. En 2010, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), relayée par Popular Mechanics, balayait elle aussi toute autre hypothèse :
"Il n'existe aucune preuve que les disparitions mystérieuses soient plus fréquentes dans le triangle des Bermudes que dans d'autres zones océaniques très fréquentées."
Sceptique quant aux scénarios faisant entrer en jeu des phénomènes surnaturels, l'assureur maritime Lloyd's of London défend lui aussi cette même idée depuis les années 1970.
La NOAA précise ainsi que des phénomènes naturels, notamment des changements météorologiques soudains entre autres liés au Gulf Stream, rendent la navigation dans ce coin encore plus complexe qu'elle ne l'est déjà en raison de ses nombreuses îles et passages étroits.
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S'y ajoutent des "particularités magnétiques" qui peuvent perturber les boussoles. Autant d'éléments qui peuvent expliquer "la plupart" des disparitions. D'autres de ces drames se seraient produits à la suite d'erreurs humaines, de pilotage ou de communication.
"La marine américaine et les garde-côtes américains affirment qu'il n'y a pas d'explications surnaturelles aux catastrophes en mer. Leur expérience suggère que les forces combinées de la nature et de la faillibilité humaine surpassent même la science-fiction la plus incroyable"
En 2023, la chaîne télévisée National Geographic a, de son côté, mesuré, dans cette zone, une simple diminution légère du champ magnétique terrestre, balayant toute théorie d'anomalie sur ce point.
