L’un des derniers gazonniers de France
Benjamin Pertuisot exerce un métier bien trop oublié en France : gazonnier. Ce terme datant de la Seconde Guerre mondiale qualifie les professionnels de l’entretien et du nettoyage des tombes dans les cimetières, renseigne le site Actu Dijon qui dresse ce portrait.
Le jeune trentenaire s’est lancé dans ce métier après que la tombe de sa famille a été endommagée par accident par un monument voisin, en avril 2024. C’est en apprenant par la mairie que personne ne pouvait réparer les dégâts que Benjamin Pertuisot s’est dit que des milliers de familles devaient aussi traverser la même chose.
Selon lui, les métiers du funéraire sont encore mal perçus. Pourtant, il a créé sa propre société de nettoyage et aujourd’hui, il est l’un des rares gazonniers en France. « Aujourd’hui encore, les personnes qui me contactent me disent souvent qu’elles n’ont trouvé que moi ».
Gazonnier : plus qu’un métier, une pratique vitale pour les familles
Benjamin Pertuisot. Crédit photo : Actu Dijon
Comme il le raconte, le métier de gazonnier peut être très physique. Outre les positions dans lesquelles il se tord pour nettoyer les tombes, Benjamin Pertuisot doit aussi composer avec des plaques funéraires pesant parfois jusqu’à 40 kg.
Quant au nettoyage, le trentenaire privilégie des produits naturels comme le savon noir et fait tout à la main. En général, le nettoyage d’une tombe lui prend deux heures. Mais le plus long reste d’établir un devis après avoir constaté l’état du monument. Il fait ensuite une déclaration de travaux à la mairie, puis peut enfin prendre soin des tombes. Pour son travail, Benjamin Pertuisot facture en moyenne 100 euros par tombe. Mais tout cela reste insuffisant pour vivre. Il possède ainsi un entreprise de nettoyage en parallèle.
Crédit photo : RobertPetrovic/ iStock
Le métier de Benjamin Pertuisot est indispensable pour de nombreuses familles. Le gazonnier explique en effet que les tombes laissées à l’abandon peuvent être reprises par les communes et donc retirées du cimetière. Ainsi, sa présence permet à ces tombes de rester entretenues et d’éviter à la mairie de s’en saisir.
« Le sentiment qui revient le plus, c'est le soulagement. Beaucoup me disent qu'ils ont l'impression de ne pas abandonner leurs proches. Certaines personnes ne peuvent plus aller au cimetière parce que c'est trop douloureux. Je leur envoie des photos après le nettoyage. Cela les aide parfois dans leur deuil », révèle-t-il au site.
Par ses interventions, celui qui opère du côté de Dijon prouve que son métier a une grande importance pour les familles et la mémoire des disparus. Son dernier mot : « profiter de chaque instant » de la vie.
