Depuis 2 ans, on lui interdit de rentrer chez elle car la maison de son voisin risque de s'effondrer

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Voici une histoire à dormir debout. Depuis deux ans, Muriel ne peut plus entrer dans sa maison située à Bonson dans le Var car celle-ci est à côté de celle de son voisin qui menace de s’effondrer.

Crédit : Muriel Delavaine

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Tout commence début octobre 2020, lorsque la tempête Alex balayait très durement le sud-est de la France, et notamment la vallée de Roya où des pluies diluviennes laisseront un bilan humain très lourd avec 10 morts et 8 disparus mais également 70 communes classées en état de catastrophe naturelle. Au total, les autorités dénombrent environ 480 bâtiments gravement endommagés voire complètement détruits. À cela viennent s’ajouter les énormes dégâts sur les routes et les infrastructures.

Vous l’aurez compris, le village de Bonson fait partie des zones touchées par la tempête Alex. À tel point qu’aujourd’hui encore, Muriel ne peut toujours pas profiter de sa maison alors que celle-ci a particulièrement bien résisté aux intempéries malgré leur violence. La raison ? Elle est située en contrebas d'une bâtisse, dont les murs sont lézardés, qui menace de s'effondrer. Au départ, l’évacuation de Muriel devait être provisoire le temps de trouver une solution, mais force est de constater que la situation s’enlise.

Pour patienter, Muriel a d’abord été relogée dans un Airbnb payé par la mairie, avant d’emménager dans un logement municipal qui venait de se libérer. Mais cela ne règle pas le problème. Non seulement elle ne se sent pas chez elle, mais en plus elle continue de rembourser le crédit d’une maison dont elle ne profite pas. Elle explique : « j’ai acheté ma maison en 2005 et il ne me restait plus que 3 ans de crédit à payer. C’est toute une vie de travail. Vous vous levez tous les matins pour payer votre prêt immobilier et vous vous dites que dans 3 ans vous n’aurez plus de prêt et en fait vous devez quitter votre maison. C’était un petit paradis, avec aucun vis-à-vis et des aigles qui volaient en dessous ».

Crédit : Muriel Delavaine

Depuis de longs mois déjà, Muriel et la maire de Bonson se heurtent à un micmac administratif et juridique qui donne mal à la tête. En effet, l’équipe municipale ne parvient pas à contacter le propriétaire de la maison en ruine. Selon nos confrères du Figaro, il s'agirait d'un ressortissant allemand qui a acheté le bien il y a 30 ans sous la forme d'une Société civile immobilière (SCI) monégasque. La commune a donc dû prendre à sa charge les travaux les plus urgents : « la maison est emmaillotée, recouverte d’un filet en fer, et des capteurs ont été installés pour suivre ses mouvements en permanence » a expliqué Jean-Claude Martin, le maire de Bonson.

À l’heure où vous lisez ses lignes, les travaux ont déjà coûté la modique somme de 276 000 euros (dont 10 000 euros de frais d'avocat et d'huissier), soit une grande part du budget annuel de la commune. « La mairie paie ces travaux sur sa trésorerie personnelle. Or 277 000 euros c’est un tiers de notre budget de fonctionnement qui s’élève à 900 000€. Comme il s’agit d’une propriété privée, nous ne recevons aucune subvention de la part de l’État ou du Département ou de la Région » a confié Jean-Claude Martin. Et lui d’ajouter : « la sénatrice des Alpes-Maritimes va demander si l’État peut prendre le relais en cas de carence du propriétaire. Ce n’est pas normal que ce soit à une petite commune de 800 habitants comme la nôtre de payer une telle somme sans aide de l’État ».

Crédit : Muriel Delavaine

La démolition trop chère et illégale

En plus des 280 000 euros déjà dépensés jusqu’ici, la mairie paye chaque mois environ 1000 euros pour les capteurs installés sur la maison. A priori, la solution la plus rapide pour permettre à Muriel de retrouver son havre de paix en laissant tous ces mauvais souvenirs derrière elle serait de raser la ruine, mais malheureusement les choses ne sont pas si simples. Et pour cause, au-delà du fait que le coût très conséquent de l'opération (environ 450 000 euros) placerait la commune dans une position financière délicate, le propriétaire pourrait réapparaître, se retourner contre la mairie et de demander des indemnités.

Nul ne sait quand cette histoire rocambolesque, mais on espère pour Muriel que son calvaire prendra vite fin !

Crédit : Muriel Delavaine

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