Dans le cadre d’un reportage pour Envoyé Spécial sur le sujet de l’obligation alimentaire, un quinquagénaire déplore l’existence de cette loi, laquelle l’oblige à payer l’EHPAD pour sa mère qui l’avait pourtant abandonné enfant.
Régis, 54 ans, estime qu’il ne doit rien à sa mère. Et pour cause, celle-ci l’a abandonné quand il était enfant. Placé en foyer, il n’a plus de relation avec elle depuis bien longtemps. Cependant, sur un plan juridique, il se retrouve contraint de contribuer au paiement de son EHPAD.
Telle est son histoire, révélée dans le numéro d’Envoyé Spécial, diffusé le 8 janvier dernier sur France 2. Une émission qui se penchait sur l’obligation alimentaire des enfants envers leurs parents.
L’obligation alimentaire, quésaco ? Il s’agit d’une règle prévue par le droit français qui impose à certains proches de subvenir aux besoins essentiels d’un parent ou d’un autre ascendant lorsque celui-ci n’est plus en mesure de le faire seul. L’aide peut être financière ou matérielle, selon les ressources de la personne obligée et les besoins de celle qui en bénéficie.
Crédit photo : iStock
En vertu de l’article 205 du Code civil, les enfants et petits-enfants sont d’abord concernés : ils doivent des aliments à leurs père, mère ou autres ascendants dans le besoin. Dans un cadre élargi, les gendres et belles-filles peuvent également être tenus d’aider leurs beaux-parents dans certaines conditions.
L’exception d’indignité, un moyen de s’exonérer de l’obligation alimentaire
L’un des aspects les plus concrets de l’obligation alimentaire se manifeste lorsqu’un parent entre en Maison d’Établissement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) et que ses ressources (retraites, pensions, aides sociales) ne couvrent plus le coût de l’hébergement. Dans ce cas, l’établissement ou le département peut se tourner vers les enfants pour compléter la prise en charge, proportionnellement à leurs ressources.
Cependant, cette obligation, bien que légale, est loin de faire l’unanimité. Pour des personnes comme Régis, qui n’a jamais connu de lien affectif avec sa mère et qui a grandi en foyer, être tenu de payer pour elle ravive de vieux traumatismes.
D’autres familles se retrouvent également confrontées à des situations où l’un des enfants refuse de contribuer, parfois pour des raisons morales ou financières, générant des conflits familiaux et des procédures judiciaires.
🔴 Abandonné enfant, placé en foyer, Régis doit pourtant payer l’EHPAD de sa mère.
— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) January 7, 2026
En cause l’obligation alimentaire, une loi qui oblige les enfants à soutenir financièrement leurs parents en difficulté.
📺Le reportage, c’est jeudi dans #EnvoyéSpécial ⏯ https://t.co/SoQRmgolRa pic.twitter.com/LPQJdO312Q
Bien heureusement, il existe un moyen de s’exonérer de cette obligation. En revanche, sa mise en application est loin d’être simple, comme souvent.
La loi prévoit que si un ascendant a manqué gravement à ses obligations parentales (par exemple par abandon, violences ou absence prolongée), le juge peut en effet décharger partiellement ou totalement l’enfant de cette obligation. On appelle cela l’exception d’indignité, qui doit être prouvée devant le tribunal, ce qui implique souvent un combat juridique long et éprouvant.
