Elle gagnait 360 000 euros par an chez Google et démissionne à 35 ans, sans rien d'autre de prévu

Florence Poirel gagnait environ 360 000 euros par an chez Google. À 35 ans, elle a démissionné pour une « mini-retraite » de 18 mois. Elle n'est pas revenue.

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Deux mois après cette soirée, en avril 2024, Florence Poirel a quitté son poste de senior program manager chez Google à Zurich. Son compagnon a démissionné en même temps. Elle n'avait aucun autre emploi en vue, et n'en cherchait pas.

Ni burn-out, ni conflit

La raison du départ n'est pas celle qu'on attend. Elle décrit une équipe agréable et un travail qui l'était suffisamment.

« Quand j'ai quitté Google, je n'étais absolument pas en burn-out » (traduit de l'anglais, propos recueillis par CNBC Make It).

Ce qui a pesé, c'est le calendrier. Elle a rencontré Jan en 2017, dans les bureaux zurichois de Google. Il a dix-sept ans de plus qu'elle. Attendre l'âge légal de la retraite pour disposer de son temps signifiait, dans son cas, attendre des décennies pendant que son compagnon vieillirait de son côté. C'est ce constat, dit-elle, qui l'a conduite au mouvement FIRE, pour financial independence, retire early, qui consiste à épargner et investir massivement pour sortir tôt du salariat.

Ce point la distingue de la plupart des reconversions racontées dans la tech, où la décision est rarement prise à froid. Chez Meta, par exemple, Scott Goodfriend a perdu son poste à 215 000 dollars avant de devenir guide gastronomique à New York. Lui a dû rebondir après un licenciement. Elle est partie d'elle-même, en pleine progression salariale.

1,5 million de dollars mis de côté avant de partir

En janvier 2024, elle atteint son objectif : environ 1,5 million de dollars d'épargne, près de 1,4 million d'euros. La somme n'est pas tombée du ciel. Malgré une rémunération élevée, elle sortait peu au restaurant, dépensait peu en loisirs, voyageait en classe économique et logeait dans des hôtels modestes.

Elle se décrit elle-même comme prudente en matière d'argent, ce qui rendait le saut plus difficile, pas plus facile.

« Dire non à ce niveau de revenus, ça a de quoi intimider » (traduit de l'anglais, dans CNBC Make It).

Une phrase entendue en Belgique, onze ans plus tôt

Ce n'est pas son premier départ sans filet. En 2013, titulaire d'un master en économie et gestion, elle occupe un poste en marketing en Belgique qui ne lui plaît pas. Un collègue à qui elle confie sa lassitude lui répond par une expression française : qui ne tente rien n'a rien. Elle démissionne le lundi suivant.

Un mois plus tard, elle s'installe à Dublin sans emploi, uniquement parce que la ville a une réputation de place forte de la tech. Dans l'année, elle décroche un contrat chez Google, sur la modération de contenus. En 2017, elle rejoint le bureau de Zurich comme cheffe de projet, où elle obtiendra trois promotions successives, jusqu'à cette rémunération d'environ 390 000 dollars, soit près de 360 000 euros, en 2024.

Ce que « mini-retraite » veut dire exactement

Le terme qu'elle emploie mérite d'être pris au sérieux, y compris dans ses limites. Il ne s'agit pas d'une retraite définitive : elle avait provisionné de quoi couvrir dix-huit mois sans revenus d'activité. Rien n'indique un patrimoine suffisant pour ne plus jamais travailler.

Dix-huit mois plus tard, au moment où elle raconte son parcours, elle n'est pourtant pas retournée à un emploi à temps plein, et n'a pas de date en tête. Elle dit avoir craint de s'ennuyer très vite, et que cela n'est pas arrivé. Ses journées se passent à Thalwil, au bord du lac de Zurich : lecture, randonnée, baignades, cuisine à la maison, voyages avec son compagnon jusqu'au Brésil et en Australie, et du

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.