Les derniers mots poignants de Camélia, 17 ans, qui s'est donné la mort après avoir été harcelée à l'école, ont été révélés.
Le harcèlement scolaire est un terrible fléau qui, malheureusement, tue encore nos enfants. Le dramatique suicide de Camélia en Seine-et-Marne est venu le rappeler cruellement.
Âgée de 17 ans, cette adolescente, scolarisée à Mitry-Mory, a mis fin à ses jours le 13 janvier, en s'allongeant sur la voie ferrée de la gare RER de Villeparisis-Mitry-le-Neuf. Elle se disait harcelée au lycée et abandonnée à son triste sort par la direction de l'établissement, comme le rappellent les derniers messages qu'elle a pu envoyer à sa mère.
Des échanges à la fois poignants et terriblement révélateurs quant à son profond mal-être et son sentiment d'injustice.
Crédit photo : DR
Victime de harcèlement scolaire, Camélia, 17 ans, s'est suicidée
Six jours après son suicide, l'enquête sur la mort de Camélia se poursuit avec, en point d'orgue, la question du rôle central qu'aurait pu jouer son lycée (Honoré-de-Balzac n.d.l.r) dans le drame. L'établissement, qui était au courant du harcèlement scolaire que l'adolescente subissait, a-t-il manqué à son devoir, en ne protégeant pas assez son élève ? Le rôle du proviseur, notamment, intéresse tout particulièrement les enquêteurs. Ce dernier a-t-il une part de responsabilité dans ce suicide ? Il semblerait que certains de ses agissements aient indirectement provoqué le drame.
C'est en tout cas ce que suggèrent les derniers messages envoyés par la jeune lycéenne à sa maman sur la messagerie WhatsApp. Selon nos confrères du Parisien, qui ont pu se procurer le contenu de ces messages, Camélia a en effet expliqué à sa mère que le chef d'établissement était « en colère », après l'avoir reçue la veille de son suicide, dans le cadre d'une confrontation avec ses harceleurs présumés.
Au lendemain de ce premier entretien, un second est organisé dans le bureau de la direction. L'adolescente, accusée - selon ses dires - par le proviseur d'être responsable de sa situation, en sort meurtrie, si l'on en croit les ultimes messages qu'elle envoie à sa mère entre 16h32 et 16h43 :
« Ils ont dit que c'est moi la fautive et que j'aurais une sanction disciplinaire. Je t'aime de tout mon cœur (...) Il a dit que je me victimise. En tout cas, je t'aime. Et tu es la meilleure maman du monde ».
Ces mots seront les derniers de Camélia qui se donnera la mort 45 minutes plus tard, en gare de Villeparisis-Mitry-le-Neuf.
Crédit photo : DR
Quelques jours plus tôt, l'adolescente s'était confiée à sa voisine, prénommée Maïssa, sur le harcèlement dont elle était victime. Et là encore, cette dernière pointait le manque de réaction ou d'empathie du chef d'établissement.
« Je lui ai dit que ça pouvait se régler si elle en parlait à l'établissement et le proviseur lui dit d'arrêter de faire la victime et que cette histoire le saoulait et qu'au bout d'un moment il fallait qu'elle prenne ses responsabilités et qu'il en avait marre », a ainsi raconté cette camarade, dans des propos rapportés par France Info.
Il appartient désormais aux enquêteurs de déterminer les responsabilités de chacun.
Affaire à suivre...
