Plus de fast-food en rentrant du travail, plus de verre en terrasse à 4 euros, plus de vêtement acheté sur un coup de tête. Pendant un mois, on ne paie que le loyer, les factures et les courses. C’est la règle du « No Spend Challenge », ce défi venu de TikTok qui revient en force à chaque rentrée. Et cette année, il ne relève plus du simple phénomène de niche : selon une étude menée par l’application de gestion financière Plum auprès de 1 000 jeunes Français de 18 à 34 ans, 51 % d’entre eux déclaraient vouloir s’y lancer en septembre.
Comme son nom l’indique, ce défi consiste… à ne rien dépenser sur un temps voulu : une journée, une semaine ou un mois. Bien évidemment, les charges importantes telles que le loyer, les factures, l’alimentation etc ne sont pas concernées. Ici, l’accent est mis sur les choses dites non-essentielles, celles dont la Gen Z peut se passer comme l’achat compulsif de vêtements, d’objets, une sortie au fast-food ou même un verre entre amis.
293 euros en trente jours, le chiffre qui donne envie de s’y mettre
Le « No Spend Challenge » semble ainsi radical à première vue. Mais les jeunes interrogés par Plum estiment qu’un mois de privation leur permettrait de mettre de côté 293 euros en moyenne. Un montant qui explique largement l’engouement : pour beaucoup, c’est l’équivalent de plusieurs mois d’épargne classique concentrés en trente jours.
L’étude révèle d’ailleurs un écart net selon le genre. Les hommes de cette tranche d’âge pensent pouvoir économiser 362 euros en un mois, contre 234 euros pour les femmes. Soit près de 130 euros de différence sur un même défi, une distance qui en dit long sur les budgets de départ et les habitudes de consommation de chacun.
Plus largement, l’enquête montre que la rentrée fait office de 1er janvier financier chez les jeunes adultes : 90 % prévoient de mettre de l’argent de côté chaque mois à partir de septembre, un sur deux se fixant un objectif supérieur à 100 euros mensuels. Dans le détail, 27 % visent entre 50 et 100 euros, 25 % entre 100 et 200 euros, 18 % entre 200 et 500 euros, et 7 % ambitionnent plus de 500 euros par mois.
Sur TikTok, un défi qui se filme au jour le jour
Sur le réseau social, le challenge se raconte en épisodes. De nombreux internautes partagent leurs astuces et leur quotidien sur le sujet. L’utilisatrice The Financielle App conseille ainsi de trouver des hobbies qui ne coûtent rien comme lire, se balader, faire du tricot et de se contenter de sa garde-robe actuelle sans succomber au premier vêtement en vente.
@megane.bgl 1 mois sans dépenser : épisode 1, c’est parti ! 😍 Le challenge consiste à payer juste mes charges fixes et de ne plus faire de dépenses “superflues” comme un macdo, un verre à 4€ en terrasse ou un vêtement par exemple 🤑 #challenge #30jourschallenge #episode1 #budget #challengebudget ♬ son original - Mégane
L’intérêt du format n’échappe pas aux acteurs du secteur. Plum a d’ailleurs transformé le défi en fonctionnalité : l’utilisateur fixe une limite de dépenses quotidienne, et chaque journée passée sous ce plafond déclenche automatiquement une mise de côté supplémentaire.
Le No Spend Challenge illustre bien la manière dont la Gen Z cherche aujourd'hui à reprendre le contrôle de ses finances : en expérimentant des actions simples et concrètes pour mieux comprendre ses habitudes de consommation. C'est la règle qui connaît la plus forte croissance parmi nos utilisateurs, preuve de son attrait.
Ce commentaire est signé Victor Trokoudes, fondateur et patron de l’application, à l’origine de l’étude.
« Le quotidien de beaucoup de personnes » : le défi ne fait pas rire tout le monde
La popularité d’un tel défi a donc attiré de nombreux internautes curieux. Certains trouvent que c’est une « très bonne idée » et les pousse à se lancer dans le challenge. En revanche, d’autres rappellent que c’est le quotidien de nombreux Français et que ce défi n’a rien à voir dedans. « Tu sais, c’est le quotidien de beaucoup de personnes dans la France de Macron… On ne s’achète rien ici, juste payer les factures et à manger quand on peut », résume un internaute. « Moi qui fais ce challenge depuis des années juste parce que je suis pauvre », écrit un deuxième.
C’est toute l’ambiguïté de ce phénomène : ce que les uns présentent comme une expérience ludique de trente jours correspond, pour les autres, à une contrainte permanente. Le défi financier souligne aussi la précarité qui existe chez les jeunes, forcés de se serrer la ceinture chaque jour.
Reste une question que le compteur des 293 euros ne tranche pas : celle de l’après. Les spécialistes des finances personnelles alertent régulièrement sur l’effet rebond de ces périodes de privation, qui se soldent souvent par une salve d’achats compensatoires dès le trentième jour passé. L’enquête de Plum, elle, mesure ce que les jeunes espèrent économiser, pas ce qu’ils auront réellement sur leur compte le 1er octobre.
