Il construit le plus petit camping-car du monde sur un mini-camion japonais : 1,95 m² avec douche, toilettes et eau courante pour 7 000 euros

Levi Kelly a bâti un camping-car de 1,95 m² sur un mini-camion japonais : lit, évier, eau courante, douche et toilettes. Coût total : environ 7 000 euros. Visite.

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Un mètre quatre-vingt-quinze carré. C'est la surface habitable de ce camping-car, soit à peu près la place occupée par une table de salle à manger. Et pourtant, il y a dedans un lit, un évier, de l'eau courante, une douche, des toilettes à chasse d'eau et de quoi se chauffer. Le tout roule.

L'homme derrière ce projet n'est pas un inconnu. Levi Kelly, youtubeur américain installé dans l'Ohio, avait déjà fait parler de lui avec ce qu'il présente comme la plus petite maison du monde, 1,8 m² sur remorque. Sa chaîne, lancée en 2013, est consacrée aux habitats hors norme. Après avoir visité des centaines de cabanes et de tiny houses, il a décidé de descendre encore d'un cran. Et cette fois, de mettre des roues motrices dessous.

Un mini-camion japonais et une caisse faite maison

La base, c'est un Honda Acty 4x4 importé du Japon. Il appartient à la catégorie des kei trucks, ces utilitaires miniatures conçus pour respecter le gabarit réglementaire le plus étroit du pays. Kelly ne l'a presque pas touché : une peinture vert militaire à la place du bleu d'origine, des jantes noires, et c'est tout.

Le vrai travail, c'est la cellule posée sur le plateau. Elle est montée sur une ossature bois en tasseaux de 2 par 2 pouces, isolée à la mousse et habillée de panneaux de bardage du commerce, ceux qu'on utilise sur une façade de maison. Le cèdre sert de finition extérieure, le bois de récupération habille l'intérieur, le plan de travail est en érable et les moulures en noyer.

La contrainte principale n'était pas l'espace, mais le poids. L'Acty accepte environ 360 kilos de charge utile, conducteur et passager compris. Chaque planche a donc été pesée mentalement avant d'être vissée. Détail malin : la cellule n'est pas solidaire du camion. On peut la faire glisser au sol et l'utiliser seule, ou la transférer sur un autre plateau.

Le lit est caché sous le plan de travail

À l'intérieur, tout se fait en une seule pièce. Une banquette occupe la moitié du volume et se transforme en couchage. Pour l'ouvrir, il faut déplacer le poêle puis soulever le plan de travail, qui libère alors l'accès à l'oreiller. Kelly mesure 1,78 m et dit y tenir sans problème. Au delà, ça coince.

La cuisine tient sur quelques dizaines de centimètres : un évier, un robinet alimenté par une pompe électrique, une plaque chauffante portative. L'eau propre vient d'un bidon de 19 litres, les eaux usées repartent dans un second réservoir de 26 litres rangé sous l'évier. Un minuscule poêle d'appoint sert de chauffage. Il n'y a pas de climatisation, seulement des fenêtres ouvrantes et un ventilateur.

Côté énergie, un panneau solaire de 100 watts est fixé sur le toit, orientable, accessible par une échelle vissée sur le flanc. Il recharge une station électrique portable d'environ 288 Wh. De quoi faire tourner l'éclairage, la pompe et le ventilateur, pas beaucoup plus.

La douche passe par la fenêtre

C'est l'astuce la plus commentée du projet. Il n'y a évidemment pas de cabine de douche. Un pommeau se branche directement sur le robinet de la cuisine, puis on le fait passer par la fenêtre pour l'accrocher sur la paroi extérieure. La douche se prend donc dehors, adossé au camion.

Pour les toilettes, Kelly a installé un modèle de camping avec chasse d'eau, rangé dans un caisson. Et c'est là qu'intervient la bulle transparente qui dépasse du toit, visible sur toutes les photos. Elle n'est pas seulement décorative : elle apporte de la lumière et surtout les quelques centimètres de hauteur qui permettent de s'asseoir droit.

Environ 8 000 dollars, camion compris

Kelly estime le budget total autour de 8 000 dollars, soit à peu près 7 000 euros au cours actuel, achat du véhicule inclus. La cellule elle-même a été construite en quelques semaines. Comme pour son précédent projet, il a tout fait seul, ce qui explique un chiffre aussi bas.

Sur les réseaux, les avis se divisent toujours de la même façon. D'un côté ceux qui saluent l'optimisation, de l'autre ceux qui rappellent qu'une tente permet au moins de se tenir debout. Un point technique revient souvent : dans la plupart des États américains, les kei trucks importés sont soumis à des restrictions de circulation, et certains les interdisent purement et simplement sur la voie publique.

Un record revendiqué, jamais homologué

Kelly parle du plus petit camping-car fonctionnel du monde. Le mot important est « fonctionnel » : il ne conteste pas qu'il existe des aménagements de kei trucks plus rudimentaires, il estime que le sien est le plus petit dans lequel on peut réellement passer plusieurs nuits.

Reste que ce titre n'a été homologué par personne. Aucune certification du Guinness World Records n'est venue confirmer la revendication, exactement comme pour sa maison de 1,8 m². Les médias spécialisés qui ont couvert le projet, dont New Atlas, ont d'ailleurs pris soin de mettre la formule à distance tout en reconnaissant que l'engin est effectivement minuscule.

Il a fini par le mettre en vente

Épilogue que peu de monde a relevé : quelques mois après la publication de sa vidéo, Kelly a mis l'ensemble en vente. Le site américain The Autopian avait repéré l'annonce à 11 900 dollars, environ 10 400 euros, camion et cellule compris, avec l'équivalent de 48 000 kilomètres au compteur. Un prix que le média jugeait raisonnable, certains concessionnaires demandant davantage pour le kei truck seul.

Comme la micro-maison qui l'a précédé, ce camping-car n'a jamais eu vocation à devenir un logement. C'est un exercice de style, une réponse à une question que Kelly se pose de vidéo en vidéo : jusqu'où peut-on réduire un espace avant qu'il cesse d'être vivable ?

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.