À 21 ans, il est flashé à 190 km/h au lieu de 100 une semaine après avoir acheté son Audi A3 : permis retiré et voiture en fourrière

En Gironde, un conducteur de 21 ans a été flashé à 190 km/h au lieu de 100 avec l'Audi A3 qu'il venait d'acheter. Permis retiré, voiture en fourrière.

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Il n'avait sa voiture que depuis sept jours. Vendredi 18 septembre, vers 17 heures, les motards de la brigade motorisée de Lesparre-Médoc contrôlent la D1215, sur la commune de Saint-Laurent-Médoc, dans le nord de la Gironde. Leur radar capte une Audi A3 à 190 km/h. Au volant se trouve un jeune homme de 21 ans, titulaire d'un permis probatoire, qui avait acheté la voiture une semaine plus tôt.

Le contrôle ne prend que quelques minutes. Ses conséquences, elles, pourraient peser sur lui pendant des années.

Presque deux fois la vitesse autorisée

Sur cette portion, un conducteur expérimenté peut rouler à 110 km/h. Pas lui. Pendant la période probatoire, qui dure trois ans, ou deux ans après une conduite accompagnée, le Code de la route impose des limites plus basses aux jeunes conducteurs : 110 km/h au lieu de 130 sur autoroute, 100 km/h au lieu de 110 sur les routes à chaussées séparées, et 80 km/h sur les autres routes, même là où les autres automobilistes peuvent rouler à 90. Sur ce tronçon de la D1215, sa limite était donc de 100 km/h.

Après déduction de la marge technique du radar, les gendarmes ont retenu une vitesse de 180 km/h, soit 80 km/h de plus que ce qui lui était permis. À cette allure, une voiture parcourt 50 mètres par seconde. Une seule seconde d'inattention représente donc la moitié d'un terrain de football parcourue sans regarder la route.

Permis retiré sur-le-champ, Audi à la fourrière

Les motocyclistes interceptent immédiatement la voiture et retirent son permis au jeune homme. Le Code de la route autorise cette rétention immédiate dès que l'excès atteint 40 km/h. Elle permet ensuite au préfet de prononcer une suspension administrative, en attendant la décision de la justice.

L'Audi, elle, n'est pas repartie avec son propriétaire. Elle a été saisie et placée en fourrière pour une durée initiale d'une semaine, aux frais du conducteur. Elle va donc passer à la fourrière autant de temps qu'il aura eu le plaisir de la conduire.

Un délit depuis décembre 2025

Il y a moins d'un an, cet excès aurait été une contravention de 5e classe, punie d'une amende maximale de 1 500 euros. Depuis le 29 décembre 2025, dépasser la limite d'au moins 50 km/h est un délit dès la première infraction. Ce changement découle de la loi du 9 juillet 2025, qui a créé l'homicide routier et vise à lutter contre la violence routière. Ce seuil peut d'ailleurs être franchi dans des situations bien plus banales, comme un dépassement où l'on accélère trop fort.

Dans les cas les plus simples, une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros permet d'éviter le tribunal. Ce n'est pas le cas ici : le jeune conducteur sera convoqué devant le tribunal judiciaire de Bordeaux. Il encourt jusqu'à trois mois d'emprisonnement, 3 750 euros d'amende et une inscription au casier judiciaire.

Le tribunal peut aussi prononcer des peines complémentaires : une suspension du permis pouvant aller jusqu'à trois ans, sans possibilité de « permis blanc », un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou une interdiction de conduire certains véhicules. La loi prévoit aussi la confiscation du véhicule lorsque le conducteur en est propriétaire. L'Audi achetée une semaine plus tôt pourrait donc ne jamais lui être rendue.

Lors de l'entrée en vigueur de la réforme, le ministère de l'Intérieur avait résumé sa position dans un communiqué :

Franchir la limite de plus de 50 km/h, ce n'est pas une simple infraction : c'est un comportement qui met délibérément des vies en danger.

Le ministère s'appuyait sur un chiffre : 63 217 excès de vitesse d'au moins 50 km/h relevés en France en 2024, soit 69 % de plus qu'en 2017.

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Six points perdus sur un permis qui en compte peu

Le volet administratif est tout aussi sévère. Un grand excès de vitesse coûte six points. Or un permis probatoire démarre avec six points seulement. Le capital augmente de deux points par an sans infraction, ou de trois points après une conduite accompagnée, jusqu'à atteindre douze points au bout de la période probatoire.

Les sources ne précisent pas depuis combien de temps le jeune Girondin avait son permis. D'après La Dépêche, ce retrait ramène son capital à zéro, ce qui entraîne l'invalidation de son permis. Pour conduire de nouveau, il devra repasser toutes les épreuves, le code comme la conduite.

Un cas loin d'être isolé

Les histoires de jeunes conducteurs pris à des vitesses extrêmes se répètent. Début septembre, La Dépêche relatait l'interception en pleine nuit, dans l'agglomération de Montauban, d'un conducteur de 22 ans au volant d'une Audi RS5, contrôlé à 126 km/h au lieu de 50. En 2023, un automobiliste de 20 ans avait été flashé à 193 km/h au lieu de 100, lui aussi en permis probatoire, avec sa femme et son bébé à bord.

Ces affaires relancent régulièrement une idée ancienne. Sous la 13e législature (2007-2012), le député de Vendée Dominique Souchet avait déjà interpellé le gouvernement : selon lui, les limites de vitesse imposées aux jeunes conducteurs n'empêchaient pas de nombreux excès potentiellement mortels. Il demandait s'il était envisagé de brider les voitures des novices pendant leur première année de conduite.

Pour le jeune homme contrôlé en Gironde, ce débat ne changera rien. Il devra d'abord répondre de ses actes devant le tribunal de Bordeaux, puis repasser le code et la conduite. Et s'il reprend un jour le volant de son Audi A3, ce sera à condition que les juges ne l'aient pas confisquée.

Source : La Depeche

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.