Un avion de police repère les conducteurs qui roulent trop près du véhicule devant eux : voici comment ils sont verbalisés

En Saône-et-Loire, un avion de la police a repéré depuis le ciel un chauffeur d'autocar belge qui ne respectait pas les distances de sécurité sur la RN70.

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Vu du sol, rien ne le distingue des dizaines de poids lourds et d'autocars qui filent sur la route Centre Europe Atlantique. Vu d'en haut, en revanche, l'écart entre son car et le véhicule qui le précède saute aux yeux. Le mardi 18 août 2026, sur la RN70 en Saône-et-Loire, un chauffeur d'autocar belge a été verbalisé pour non-respect des distances de sécurité. Il avait été repéré par un avion de police qui survolait l'axe.

L'infraction est l'une des plus répandues sur les routes françaises. C'est aussi l'une des plus difficiles à constater depuis le bord de la chaussée, quand les véhicules défilent en file serrée. Les forces de l'ordre ont donc décidé de prendre de la hauteur.

Un Cessna venu de Metz et des patrouilles 400 mètres plus bas

L'appareil, un avion léger de type Cessna, appartient à la Police aux frontières de Metz. Il a décollé de l'aérodrome de Pouilloux, près de Montceau-les-Mines, pour enchaîner les allers-retours au-dessus des 14 kilomètres de RN70 qui traversent la circonscription de police locale.

Le fonctionnement est simple. Selon Seven Radio, un opérateur installé à bord repère les infractions en temps réel et transmet la description des véhicules aux patrouilles positionnées environ 400 mètres plus bas. Les policiers au sol n'ont plus qu'à intercepter les conducteurs signalés.

L'avion est vraiment très précieux pour ce genre d'opération. Parce qu'il permet de prendre de la hauteur et de repérer de loin les comportements dangereux.

Ces mots sont ceux de Pierre-Alexandre Gelas, commissaire de Montceau-les-Mines, rapportés par 20 Minutes. Pour cette opération, il avait mobilisé 17 fonctionnaires. Parmi eux figuraient deux motards et une brigade cynophile venus de Mâcon, ainsi que des officiers de police judiciaire. Des contrôles de poids lourds étaient aussi menés sur l'aire des Mines, en bordure de la nationale.

90 euros d'amende, mais aucun point perdu

Le chauffeur de car intercepté ce jour-là a contesté l'infraction face aux policiers. D'après La Dépêche, le commissaire décrit une réaction fréquente : selon lui, les conducteurs contrôlés sont souvent dans le déni.

La contestation n'a pas changé grand-chose. Le conducteur a écopé d'une amende de 135 euros, ramenée à 90 euros parce qu'il l'a réglée immédiatement. Il a en revanche échappé à l'autre sanction prévue par la loi, le retrait de trois points : titulaire d'un permis étranger, il ne pouvait pas en perdre sur un permis français.

La règle qu'il n'a pas respectée est pourtant précise. L'article R412-12 du Code de la route impose de maintenir avec le véhicule qui précède une distance correspondant à celle parcourue en au moins deux secondes. Plus on roule vite, plus l'écart doit être grand. Sur autoroute, la Sécurité routière conseille de laisser l'équivalent de deux traits de la ligne qui borde la bande d'arrêt d'urgence, soit environ 90 mètres.

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Pourquoi le préfet a sorti les grands moyens

Cet avion ne tournait pas au-dessus de la RN70 par hasard. La RCEA, entre Chalon-sur-Saône et Paray-le-Monial, est tristement connue pour ses accidents mortels. Surtout, le bilan du département s'est nettement dégradé en 2026.

Au jour de l'opération, la Saône-et-Loire comptait déjà plus de 270 accidents depuis le début de l'année. Ils avaient fait 22 morts, soit une hausse de 22 %, et 368 blessés, en progression de 16 %. Face à ces chiffres, le préfet Dominique Dufour a voulu une opération coup de poing, avec tolérance zéro sur la vitesse, l'alcool et les stupéfiants, juste avant les derniers week-ends de retours de vacances.

Vous aurez beaucoup de bleus sur les routes, et il faut que les gens le sachent.

L'avertissement du préfet, recueilli par ICI Bourgogne, résume l'esprit du dispositif : l'avion sert autant à dissuader qu'à verbaliser. Les excès de vitesse repérés depuis les airs ont eux aussi donné lieu à des interceptions au sol.

Le ciel, nouveau terrain de contrôle

Le recours à un avion reste rare pour ce type de contrôle routier. Mais selon La Dépêche, la police nationale explique utiliser de plus en plus souvent des drones pour constater certaines infractions.

Le contrôle au ras du bitume n'a pas disparu pour autant. Les policiers en voiture ou à moto peuvent toujours verbaliser un conducteur lorsqu'ils constatent eux-mêmes qu'il ne respecte pas les distances de sécurité. Comme les nouveaux panneaux P-33 et P-35, cet avion rappelle que la route évolue, et que la surveillance aussi. Sur la RN70, le 18 août, un chauffeur belge l'a appris à 90 euros près.

Source : La Depeche

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.