Désagréable surprise pour les clients de cette boucherie !
Ce lundi 14 septembre, un boucher irakien a écopé de 10 ans de prison pour une raison pour le moins étonnante : le Conseil judiciaire suprême l’a reconnu coupable d’avoir vendu du porc en le présentant comme du bœuf.
Un boucher vend du porc à des musulmans en Irak
Les faits se sont déroulés à Najaf, un lieu saint de l’islam situé à environ 160 kilomètres au sud de Bagdad et connu pour abriter l’un des sanctuaires chiites les plus vénérés au monde, rapporte l’AFP.
La viande de porc est prohibée par l’islam, qui la considère comme impure. En Irak, sa commercialisation n’est toutefois pas interdite par la loi, malgré une population majoritairement musulmane et la présence d’une minorité chrétienne.
Dans cette affaire, les juges se sont appuyés sur une loi datant de 1998. Celle-ci prévoit des sanctions en cas de vente de viande de « chien, d’âne ou d’autres animaux (…) impropre à la consommation ».
Le commerçant pris en flagrant délit
Chaque année, des millions de pèlerins venus du monde entier se rendent à Najaf. Ils viennent notamment se recueillir au sanctuaire de l’imam Ali, quatrième calife de l’islam, considéré comme le premier guide religieux chiite et gendre du prophète Mahomet.
Cette ville est donc un endroit particulièrement important pour les musulmans chiites. Comment la tromperie du boucher a-t-elle été découverte ?
Tout a commencé sur les réseaux sociaux, où des Irakiens ont partagé des vidéos de porcs accompagnées de la légende «Voici Najaf».
Le commerçant avait alors attiré l’attention des autorités. Il aurait été repéré alors qu’il chassait des sangliers sauvages dans des marais, selon la presse locale. Le suspect a finalement été interpellé début septembre en possession de 75 kg de viande de porc à Najaf.
Cette affaire n’a pas manqué de choquer les habitants, à l’image d'Ahmad al-Mansouri, qui a réagi auprès de l’AFP.
« Ces dernières années, j'ai dû manger plus de porc que de bœuf ou d’agneau », a-t-il confié.
Cet homme avait notamment été séduit par la qualité de la viande, vendue à un prix moins élevé que dans d’autres boucheries. Il avait alors commencé à acheter régulièrement chez ce boucher.
