Pourquoi le Ballon d'or de Benzema est une victoire de la résilience et du football ?

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Karim Benzema a décroché le Ballon d’or. Une première depuis 1998 pour un footballeur français.

Comment pouvait-il en être autrement ?

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Sans surprise, Karim Benzema a remporté lundi soir le 66e Ballon d’or, succédant ainsi à Zinédine Zidane, dernier français vainqueur de la plus célèbre récompense individuelle du football, il y a 24 ans.

Comme un symbole, c’est ce même Zidane, qui fut son entraîneur durant de longues saisons au Real Madrid, qui lui a remis le prestigieux trophée au théâtre du Châtelet de Paris, devant le gratin de la profession.

À l’âge de 34 ans, Karim Benzema décroche enfin le Graal, son « rêve de gamin » comme il l’a rappelé à plusieurs reprises lors de cette soirée inoubliable.

Benzema ou la résilience incarnée

Cette consécration vient récompenser une saison 2021/2022 époustouflante mais aussi une carrière exceptionnelle, durant laquelle le natif de Lyon n’a eu de cesse de se relever malgré les critiques et les sorties de route extra-sportives.

Au-delà de ses formidables qualités dans le jeu qui ne sont plus à démontrer, son Ballon d’or résonne avant tout comme le triomphe de la résilience, tant le Madrilène a traversé des zones de turbulences avant de tutoyer les sommets.

Bien malin celui qui aurait pu prédire en effet un tel couronnement ne serait-ce qu’au printemps 2021, lorsqu’une rumeur aussi folle qu’improbable affirmait que Benzema - indésirable et banni des Bleus depuis l'affaire de la sextape de sinistre mémoire - allait être rappelé par le sélectionneur national Didier Deschamps pour disputer l’Euro 2021.

La suite, on la connaît !

Depuis, l’attaquant du Real - dont le CV lui assurait déjà une bonne place au panthéon des joueurs français - a constamment repoussé les limites au point de devenir le meilleur footballeur de la planète. Le tout à 34 ans, ce qui fait de lui le plus vieux Ballon d’or de l’histoire depuis Stanley Matthews (41 ans), premier lauréat en 1956 et qui fut davantage récompensé pour l’ensemble de son œuvre.

Atteindre ce niveau à un âge où d’autres, comme Zidane, ont préféré se retirer épuisés, dit tout de ce que Benzema a accompli ces dernières années.

Malgré des critiques tantôt justifiées tantôt injustes et parfois - trop souvent sans doute - motivées par des considérations étrangères au football, il a eu le mérite de ne jamais s’apitoyer sur son sort, dont il était en partie responsable, travaillant sans relâche pour progresser et gagner en maturité au point de devenir un exemple de rigueur, de régularité et de persévérance.

Autant de qualités qui font la marque des plus grands, de ceux qui font basculer le destin de leur équipe en déplaçant des montagnes.

Il fallait le voir la saison dernière porter le Real presque à lui tout seul. D’abord en Liga puis en Ligue des champions, une compétition remportée par les Madrilènes au terme d’un parcours ahurissant, qui plus que jamais porte la marque de Benzema.

Son leadership a ainsi crevé l’écran à plusieurs reprises à l’image de cette rage communicative lorsqu’il sonna la révolte en huitièmes de finale face au portier parisien Donnarumma, avec un geste de pressing décisif qui résume à merveille sa détermination.

Et que dire de son Euro, où il fut la seule véritable satisfaction française (4 buts), ou encore de son « final four » en Nations League, ponctué de deux buts fantastiques qui relancèrent les Bleus contre la Belgique puis l’Espagne.

Le revoir aussi fort et épanoui en Bleus, après tout ce qu’il avait traversé, avait presque des allures de mirage trop parfait pour être vrai, car sa longue traversée du désert - liée aux affaires et autres prises de paroles hasardeuses qu’il regrette peut-être aujourd’hui - en aurait précipité plus d’un vers les abîmes.

Mais pas Karim Benzema qui n’a jamais rien lâché et a toujours su faire le dos rond pour atteindre le rêve ultime qu’il s’était fixé enfant sur les terrains de Bron, lorsqu’il imitait son idole Ronaldo avec un mimétisme que l’on devine encore aujourd’hui dans sa gestuelle aussi élégante qu’efficace.

La légende brésilienne était d’ailleurs présente au théâtre du Châtelet hier soir pour honorer à son tour l'attaquant français, qui en a profité pour lui confier tout le bien qu’il pensait de lui, des étoiles plein les yeux. La boucle était bouclée

Crédit photo : Capture d'écran / L'Équipe 21

Irréprochable sur le terrain depuis des années (dont de nombreuses passées au service de CR7), le pur produit de la formation lyonnaise a tout encaissé avec humilité, sans jamais rechigner à la tâche, même quand ses petits copains du Real partaient en sélection alors que lui devait se contenter de taquiner la gonfle avec l’équipe réserve du club.

Sa détermination plus que son jeu est à montrer dans toutes les écoles de foot, pour ne pas dire de la vie, et ce n’est pas un hasard si son Ballon d’or fait aujourd’hui une unanimité rarement entrevue ces quinze dernières années.

Que peut-on lui souhaiter de plus désormais si ce n’est de triompher enfin avec l’équipe de France qu’il aime tant, contrairement à ce que beaucoup de ses détracteurs ont voulu nous faire croire, feignant d'ignorer que son éviction fut, de son propre aveux, la plus grande blessure de sa carrière.

Il en aura l’occasion d’ici peu dans un petit émirat qui s’apprête à accueillir la grand-messe du football, mais ceci est une autre histoire.

Pour l’heure, il s’agit pour lui de savourer ce moment unique même si, connaissant sa personnalité, nul doute qu’il ne se reposera pas sur ses lauriers et qu'il retournera très vite au travail, en ayant pris soin, bien sûr, de ranger soigneusement ce Ballon d’or dans son armoire à trophées, déjà bien garnie.

Ça doit être ça que l’on appelle la résilience !

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