Le bagage cabine pourrait bientôt être gratuit chez toutes les compagnies aériennes low cost

Alors qu’elles facturent actuellement un supplément pour un deuxième bagage cabine, l’Europe envisage d’imposer la gratuité aux compagnies low cost. Une décision qui pourrait revolutionner le secteur aérien européen.

Quand on réserve son billet d’avion, il faut prendre ses précautions pour ne pas faire d’erreur. S’il existe par exemple un vol à éviter à tout prix au moment de prendre l’avion, il faut également faire attention à ses bagages. Ces dernières années, les compagnies aériennes low cost ont fait de la facturation des bagages une véritable source de revenus, souvent aussi coûteuse que le billet lui-même.

Des valises à l'aéroportCrédit photo : iStock

Alors qu’il pourrait bientôt être possible d’emporter deux bagages à main gratuits dans l’avion, une autre nouveauté similaire devrait plaire aux voyageurs. En effet, le Parlement européen vient de voter massivement en faveur d’une nouvelle réglementation qui pourrait changer la donne pour des millions de voyageurs.

Un bagage cabine gratuit : les détails de la proposition

Le Parlement européen souhaite imposer le bagage cabine gratuit aux compagnies aériennes low cost. Cette décision historique a été votée le 21 janvier 2026 avec un résultat écrasant : 632 députés pour, 15 contre et 9 abstentions.

Concrètement, les voyageurs pourraient embarquer avec deux éléments sans frais supplémentaires : un article personnel (sac à main, sac à dos ou ordinateur portable avec des dimensions maximales de 40×30×15 cm) et une petite valise de 7 kilos maximum (dont les dimensions cumulées ne dépasseraient pas 100 cm en longueur, largeur et hauteur) à ranger dans le compartiment supérieur de l’avion. Cette proposition répond à une demande de longue date des associations de consommateurs qui dénoncent depuis des années les pratiques opaques des compagnies aériennes.

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Selon le rapporteur du texte, Andrey Novakov, « Le Parlement est prêt à poursuivre le combat en faveur de règles plus claires et plus prévisibles pour les compagnies aériennes et d’un secteur de l’aviation plus fort, mais pas au détriment des passagers. »

Une mesure concernée par tous les vols européens

Contrairement à ce que pourrait laisser croire le nom « compagnies low cost », cette mesure pourrait s’étendre bien au-delà. En effet, si la proposition émanait initialement du lobbying contre les compagnies budget comme Ryanair, EasyJet ou Wizz Air, le texte adopté par le Parlement viserait l’ensemble des vols européens. Cela signifie que même les compagnies "traditionnelles" telles qu’Air France ou Lufthansa pourraient être affectées par cette réglementation.

La grogne des compagnies aériennes

Cette proposition ne plaît pas aux compagnies aériennes concernées comme EasyJet, Ryanair et Transavia, qui s’opposent vivement à cette mesure. La raison est simple : cette modification entraînerait une perte de revenus considérable. Actuellement, les suppléments pour les bagages cabine génèrent entre 15 et 50 euros par passager, ce qui représente une source majeure de profit pour les compagnies.

Les compagnies aériennes arguent que cette gratification des bagages se répercuterait potentiellement sur les prix des billets pour les voyageurs, rendant les vols moins accessibles. En plus de cela, ajouter une valise de 7 kilos par passager va alourdir l’appareil et augmenter significativement la facture de carburant – un coût estimé à plusieurs millions d’euros annuels pour les grandes compagnies. Enfin, le chargement des bagages sera plus long car une partie des valises devront aller en soute, par manque de place, ce qui pourrait augmenter les délais d’embarquement.

Quand cette mesure entrera-t-elle en vigueur ?

Pour le moment, cette mesure n’est pas encore appliquée puisqu’elle doit être approuvée par le Conseil européen, qui représente les États membres. C’est là que le bât blesse : le Conseil adopte une position nettement plus favorable aux compagnies aériennes. Des négociations sont en cours et pourraient aboutir à un accord d’ici mi-2026 sous la présidence danoise de l’UE. En cas d’accord, l’application de cette mesure pourrait intervenir courant 2027 ou 2028. Pour l’heure, aucune compagnie n’a modifié ses conditions suite au vote du Parlement.

Lisa Guinot

Au sujet de l'auteur :

Journaliste web avec 5 ans d'expérience en rédaction print et digitale, j'assure actuellement le suivi de l'actualité généraliste et des faits de société pour Demotivateur. Spécialisée dans les thématiques liées à l'environnement et à la cause animale, je m'attache à décrypter les enjeux climatiques et sociétaux avec rigueur. Mon expertise couvre également la vie pratique et le journalisme de solutions (Good News). Passionnée par la transmission d'informations fiables, je mets mon analyse au service d'un traitement de l'info à la fois engagé et sourcé.