Un scandale pourrait bien éclabousser le Maroc dans les semaines à venir après des révélations sur des massacres potentiels de chiens errants, ordonnés par le royaume.
Dans un article publié ce vendredi 23 janvier, nos confrères du Parisien se demandent « Où sont passés les chiens errants disparus au Maroc ? ».
La question peut paraître surprenante mais elle soulève pourtant une réelle problématique qui pourrait bien s'apparenter à un véritable scandale d'État sur fond d'actes de barbarie envers des animaux. Le Royaume marocain aurait en effet tué des centaines de milliers de chiens errants ces derniers mois.
C'est en tout cas ce qu'affirme la SPA (Société Protectrice des Animaux) locale qui tire la sonnette d'alarme.
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750 000 chiens errants éradiqués au Maroc ?
Si, comme le rappelle Le Parisien, le ramassage et l'abattage quasi-systématique des chiens errants sont « documentés » au Maroc depuis des années maintenant, la pratique se serait toutefois intensifiée ces dernières semaines. Cette accélération du processus serait né d'une volonté d'assainir les rues dans l'optique de la Coupe d'Afrique des Nations de Football - que le royaume chérifien a accueillie du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 - et de la prochaine Coupe du monde 2030, que le pays co-organisera avec l'Espagne et le Portugal.
« Ça fait 20 ans qu’on lance l’alerte, mais on parlait jusque-là de 500 000 chiens tués par an sur tout le territoire (...) Aujourd’hui, on est au minimum à 750 000 par an, en particulier dans les villes dotées de stades pour la CAN et la Coupe du monde. Le but est clair : exterminer 99 % des chiens, puis vacciner et stériliser quelques survivants pour donner le change aux touristes », affirme ainsi Ali Izddine, président et fondateur de la SPA du Maroc.
« Dans les villages et les zones rurales, les méthodes sont encore plus brutales : empoisonnements et fusillades », poursuit l'intéressé. Ces affirmations sont confirmées par Le Parisien qui évoque des « factures émises par plusieurs communes marocaines pour l’achat de munitions destinées aux chiens errants ».
À l'inverse, dans les grandes villes, le ramassage seul des chiens errants reste la solution privilégiée. C'est notamment le cas à Casablanca, où 250 000 spécimens seraient ainsi récupérés chaque année selon des chiffres communiqués en 2022 par la mairesse Nabila Rmili. Mais une fois ramassés dans les rues de Casa, où vont ces chiens, surnommés les « beldis » (comprenez « bâtards ») ? Officiellement, ils sont acheminés vers les fourrières gérées par une société baptisée Casa Baïa. Détenue à 51 % par la municipalité, cette dernière est dirigée par l'équivalent marocain du préfet de la région de Casablanca-Settat.
Mais il est impossible de savoir ce que les animaux subissent à l'intérieur de ces établissements, dont certains ressemblent à s'y méprendre à de vraies forteresses surveillées. L'État procède-t-il à des abattages massifs de chiens errants dans ces murs ? Difficile à dire, mais beaucoup de militants ont des raisons de le croire, accusant le Royaume d'avoir mis en place un plan visant à abattre 3 millions de chiens errants. Des accusations que les autorités rejettent fermement.
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En attendant, sur place, le combat des défenseurs des animaux, comme Ali Izddine, se poursuit. En juin 2025, six associations ont par ailleurs remporté un important procès contre le ministère de l’Intérieur marocain, lequel a été condamné à un dirham symbolique pour « carence et manquement dans le contrôle des pratiques liées à l’abattage des chiens ».
Cette décision n'a toutefois pas éradiqué l’abattage des chiens errants, alors même que la pratique a pourtant été officiellement interdite en août 2024.
« Ils (les autorités) ont continué de tuer les chiens car il n’y a pas d’articles dans la loi marocaine concernant les animaux errants », déplore la militante Meriem Sebahi. Cette dernière précise qu’une « enquête nationale sur les faits de mise à mort et d’empoisonnement de chiens et de chats, sur la base d’éléments matériels documentés », a été ouverte.
Affaire à suivre...
