Samuel Ferber et Luc Méheux, amputés du tibia, ont atteint le sommet du Mont-Blanc en trois jours

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Samuel Ferber et Luc Méheux sont deux hommes qui ont été amputé du tibia il y a plusieurs années. Ensemble, ils ont décidé de gravir le Mont-Blanc et ont réussi leur défi le 14 juillet dernier.

Samuel Ferber est originaire de Colmar et a été amputé de la jambe il y a cinq ans, suite à un accident de moto. Luc Méheux, de Belfort, a quant à lui été victime d’un accident de jardinage dans des vignes il y a six ans. Les deux hommes ont maintenant chacun une prothèse qui leur permet de se déplacer librement.

Crédit photo : Anthony Schubnel

Luc et Samuel se sont rencontrés grâce à leur prothésiste commun, Anthony Schubnel. En relation avec des guides de Saint-Gervais-les-Bains, il a eu le projet de faire gravir le Mont-Blanc à des personnes qui avaient subi une amputation, et c’est ainsi que les deux hommes se sont rencontrés.

Huit mois d’entraînement

Pendant huit mois, les deux sportifs ont pratiqué quotidiennement de la course à pied, de l’escalade et des randonnées dans les Vosges et en Suisse. Cette pratique intensive leur a permis d’atteindre le sommet de la montagne en trois jours, en redoublant d’efforts.

« J’avais l’impression d’être au bout de ma vie. Soulever une jambe puis l’autre était très compliqué », confie Samuel Ferber.

Crédit photo : Anthony Schubnel

Une fois les 4810 mètres d’altitude atteints, ils n’ont pas pu retenir leur émotion.

« C’était une fierté, j’ai lâché une petite larme. J’ai lu qu’on avait des prothèses sur-mesure mais ce n’est pas vrai. Moi, j’avais la même que celle au quotidien, j’avais juste acheté du matériel de montagne et je m’étais entraîné. Tant mieux si ça peut montrer à d’autres personnes que c’est faisable de gravir le Mont-Blanc en étant amputé », affirme Samuel Ferber.

Des difficultés dans la descente

Alors que la montée s’est bien passée pour les deux alpinistes, la descente a été plus éprouvante à cause de leur handicap.

« Pendant la montée, la prothèse appuie tantôt sur l’avant, tantôt sur l’arrière du moignon, ce n’est pas très douloureux. Mais quand on est reparti du sommet, le moignon a pas mal désenflé et j’ai dû m’arrêter plusieurs fois pour ajouter des couches et éviter qu’il y ait du jeu avec la prothèse », explique Luc Méheux.

Crédit photo : Anthony Schubnel

Bien qu’ils viennent de rentrer, les deux amis ont déjà d’autres défis en tête. Ils projettent notamment de gravir une seconde montagne de 4000 mètres d’altitude avec l’un de leurs amis, amputé également, qui devait participer à la première expédition.

Source : 20 minutes
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