Coronavirus : des milliers de personnes dans les rues pour la fête de la musique, faut-il craindre de nouveaux clusters ?

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Maintenue mais dans un cadre restreint en raison du contexte sanitaire, la fête de la musique a été le théâtre de nombreux rassemblements que certains jugent irresponsables.

Alors que l‘épidémie de Covid-19 reste plus que jamais d’actualité, malgré - il est vrai – un très net recul, les images ne sont pas du goût de tous !

À l’occasion de la fête de la musique, dont le maintien pose aujourd’hui question, des milliers de personnes se sont rassemblées ce dimanche dans les rues de Paris, provoquant des attroupements qui font craindre l’apparition de nouveaux clusters et, a fortiori, cette « seconde vague » tant redoutée.

Une fête de la musique dangereuse

Faisant fi des recommandations sanitaires (non-respect de la distanciation sociale et absence de masques la plupart du temps) et malgré les averses éparses, de nombreux badauds se sont en effet réunis sur les quais du canal Saint-Martin, pour flâner, danser et sûrement oublier quelque peu ces derniers mois éprouvants.

Très vite pris d’assaut, l’endroit s’est en effet retrouvé noir de monde, rendant ainsi impossible l’application des gestes barrières.

Scène identique dans le quartier du Marais, rue des Archives, où les passants dansaient de manière énergique et en rangs serrés, se livrant à un pogo endiablé dans une communion qui faisait certes plaisir à voir mais qui inquiète forcément, au regard de la promiscuité.

D’autres rassemblements spontanés ont été observés, notamment dans le quartier de Ménilmontant (XXe arrondissement), ou encore rue du Paradis (Xe).

« Je comprends que la fête de la musique soit libératoire mais ne pouvait-on pas l’éviter cette année ? »

Des comportements inadmissibles en raison du contexte sanitaire, selon certains Français qui n'ont pas hésité à fustiger cette attitude sur Twitter.

Ce relâchement est par ailleurs dénoncé par certains médecins, qui continuent d’appeler à la vigilance en prônant un déconfinement progressif.

« Je comprends que la fête de la musique soit libératoire mais ne pouvait-on l’éviter cette année ? Une reprise de l’épidémie serait catastrophique également sur le plan psychologique », a ainsi déploré sur Twitter Gilbert Deray, médecin-chef à la Pitié-Salpêtrière.

Du côté des Invalides, des milliers de personnes s’étaient également réunies pour l’occasion. Un rassemblement marqué en fin de soirée par des heurts entre fêtards et forces de l’ordre, lesquelles ont essuyé des jets de projectiles avant de faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser une foule récalcitrante.

Enfin, l’ambiance était plus calme et les règles sanitaires davantage respectées sur le parvis de l’Institut du monde arabe (Ve arrondissement), où 500 personnes environ, réparties sur des tables de 10, toutes séparées de 3 mètres, ont participé à des karaokés.

Un événement organisé à l’initiative de Jack Lang, créateur de la fête de la musique, qui en a profité pour dédier cette journée à Steve Maia Caniço, ce jeune homme de 24 ans mort noyé dans la Loire, après une intervention policière qui avait suscité la polémique à Nantes, lors de l’édition 2019.

Source : AFP
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