Aux Iles Féroé, la funeste tradition du « grindadráp », la mise à mort de cétacés, reprend de plus belle

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En Europe, et plus précisément aux îles Féroé, certains s'adonnent à une pratique ancestrale sanguinaire : le « grindadráp », c’est-à-dire le rabattage et le massacre de dauphins. Alors que la saison annuelle de « chasse » a commencé, les associations de défense animale comptent bien cette année encore faire entendre leur voix pour que cette tradition cesse.  

Sur les Îles Féroé, dans l'Atlantique Nord, se perpétue la tradition du « grindadráp » ou simplement « grind », qui consiste à mettre à mort des cétacés. Cette chasse très ancrée dans la culture de l'archipel danois tue chaque année des centaines de globicéphale noir, une espèce de dauphins.

Le déroulé de cet abattage collectif est particulièrement barbare  : un ferry ou un bateau de pêche contacte les autorités lorsqu'il voit des dauphins à proximité. Le « grindmaster », qui est le chef de la baie de chasse la plus proche, est prévenu et va alors décider ou non de déclencher le « grind ». Si c'est le cas, les bateaux sortent en mer et piègent les cétacés près de la plage, où des personnes armées de crochets et de couteaux les attendent. « Quand les bateaux les ont rabattus dans des eaux suffisamment peu profondes, les dauphins s'échouent, et les gens à pieds enfoncent les crochets dans les évents des dauphins [les narines, N.D.L.R.], les tirent sur la plage et leur sectionnent la moelle épinière. Il n'y a jamais aucun rescapé. Aucune distinction n'est faite. La totalité du groupe est massacrée », explique Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, aux Inrocks.

Alors que la saison annuelle du grindadráp a commencé, l'ONG de défense des océans Sea Sheperd France, qui s'oppose fermement à cette chasse traditionnelle, invite à mettre fin à ces massacres qui « violent les lois européennes sous couvert d'une sorte de dérogation culturelle accordée par le Danemark ». Non-membre de l’Union Européenne, l'entité indépendante du Danemark échappe au règlement européen qui bannit ce type de chasse. Les autorités de l’archipel avancent que « quelques centaines d’animaux seulement sont tuées, sur une population estimée à 750 000 », rapporte le site L'avenir.net.

Cette pratique vieille de près de 1 500 ans avait pour but initial de nourrir les habitants féringiens. Mais aujourd'hui, elle fait davantage office de divertissement puisque la viande de dauphin n'est généralement pas consommée. En manger aurait par ailleurs un impact « très négatif sur la santé » , souligne l'ONG. « Selon le corps medical féringien, les taux de mercure, de pesticides et de plomb contenus dans la chair de ces mammifères marins se révèlent extrêmement dangereux pour la santé humaine », poursuit-elle.

En 2017 déjà, Sea Sheperd expliquait avoir lancé une procédure devant la Commission Européenne contre le Danemark qui « contrevient à ses engagements de protection des mammifères marins », assure l'organisation. Cette dernière avait également lancé une pétition « mettre fin aux massacres de dauphins en Europe ».

D'autres actions ont été menées. En mai 2017, La Petite Sirène (Copenhague), monument le plus connu du Danemark, avait été vandalisée probablement par des défenseurs de la cause animale. Les autorités avaient retrouvé la statue aspergée de couleur rouge sang avec une phrase symbolique écrite dessus  : « Danemark, défends les baleines des îles Féroé »

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