Coronavirus : les enseignants ne cachent pas leurs inquiétudes après l'annonce des réouvertures progressives d'écoles

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Au lendemain d'un discours présidentiel qui en a surpris plus d'un, l'annonce de la réouverture progressive des établissements scolaires suscite l'inquiétude du corps enseignant.

Très attendue par les Français, la nouvelle allocution d’Emmanuel Macron sur la lutte contre l'épidémie de coronavirus a été suivie par 36,7 millions de personnes, lundi soir. Un record absolu à la télévision !

Si le président de la République a confirmé ce que tout le monde savait inévitable, à savoir le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai, il a également annoncé un certain nombre de mesures moins attendues et plus surprenantes, à commencer par la réouverture progressive des écoles, à compter de cette date.

« Tout sauf sérieux de rouvrir les écoles (…) ce sont des lieux de haute contamination »

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette annonce n’a pas manqué de faire réagir les principaux syndicats d’enseignants, qui ne cachent pas leurs inquiétudes.

« C’est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai car on nous dit que tous les lieux publics sont fermés, les cinémas, les salles de spectacle, mais pas les écoles, alors que l’on sait que c’est un lieu de haute transmission, de haute contamination, il y a un manque de précaution, ça paraît être en contradiction totale avec tout le reste », a ainsi déploré Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire), quelques instants après le discours d’Emmanuel Macron.

« Il va y avoir une forte incompréhension de la part des enseignants, on a l’impression d’être sacrifié sur l’autel de l’économie. Reprendre dans un mois, comme si de rien n’était, ce n’est pas possible, car il n’y aura pas plus de gens immunisés, les enfants vont être ensemble à l’école, sans gestes barrières possibles, et ensuite aller dans les familles, chez les grands-parents, cela ne paraît pas du tout raisonnable », a-t-elle ajouté.

« Les enseignants ne veulent pas être les victimes »

Même son de cloche chez son collègue de la FSU (Fédération syndicale unitaire) Benoît Teste, qui déplore le manque de clarté accompagnant cette annonce.

« Le plan de rentrée paraît encore flou. Emmanuel Macron dit que toutes les conditions sanitaires seront réunies mais on a un grand nombre d’inquiétudes, on sait que le virus circule parmi les élèves », s’étonne ainsi l’intéressé.

« Reprendre normalement ne sera pas possible, donc qu’est-ce qui va être proposé en termes d’aménagement ? Est-ce qu’on va prendre des demi-classes ? On ne va pas pouvoir reprendre des classes à 35 », prévient-il encore.

De son côté, le secrétaire général SE-Unsa, Stéphane Cochet, a fait part des craintes légitimes de la profession.

« Tout le monde a entendu les inquiétudes de rebond du virus dans les semaines à venir, les enseignants ne veulent pas être les victimes de ce rebond en étant en première ligne avec des enfants toute la journée qui peuvent être porteurs », a-t-il ainsi rappelé.

Interrogé sur les contours de cette mesure, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a déclaré que la réouverture ne serait pas obligatoire, précisant que celle-ci allait s'effectuer par tranche d'âge et par petits groupes. 

Suffisant pour apaiser les inquiétudes des enseignants ? 

Source : AFP
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