« Tu fais partie des branleurs qui ne font pas avancer le pays » : un ouvrier victime de harcèlement pour avoir demandé un congé parental

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Un salarié vient de rendre publiques les humiliations qu'il a subies durant plusieurs mois de la part de son patron, qui lui reprochait d'avoir pris un congé parental.

C’est un document accablant et qui rappelle à quel point le chemin est encore long en matière de congés parentaux.

Grégory, un ouvrier agricole harcelé par son patron qui lui reproche d’avoir sollicité un congé parental, vient de révéler la teneur des échanges qu’il a pu avoir avec ce dernier.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est allé loin, très loin !

Comme l‘autorise le code du travail, ce papa de trois enfants, dont des jumeaux en bas âge, avait en effet demandé un congé d’un an pour pouvoir s’occuper de sa petite famille mais son patron ne l’a pas entendu de cette oreille, lorsqu’il en a été informé.

Bien conscient qu’il ne pouvait pas s’opposer légalement à cette requête, celui-ci s’est évertué à mener la vie dure à son employé, en le harcelant à coups d’insultes et d’humiliations.

Harcelé pour avoir demandé un congé parental d'un an, un ouvrier agricole révèle des enregistrements accablants

« Tu vas pas me freiner, je te préviens, moi j’ai besoin d‘avancer, pas d’un branleur qui me freine. Parce que là, pendant un an je suis comme un couillon avec tes conneries », peut-on ainsi entendre sur un enregistrement sonore diffusé ce mardi sur RMC.

« Je comprends que votre position n’est pas facile, mais j’ai fait un dossier de congé parental », lui rétorque dans la foulée Grégory.

Une réponse qui n’est pas du goût du patron, lequel se met alors dans une colère froide :

« Ne me parle pas de congé parental. Je ne suis pas d’accord de toute façon. Et tu me regardes dans les yeux quand je te parle. Tu peux être fier de toi, un mec qui fait le gardiennage d’enfants… Une femme d’accord mais toi ?? Tu fais partie des branleurs qui ne font pas avancer le pays, t’es qu’un cas soc’. J’ai qu’une hâte, c’est que tu te barres ! », lui répond-il ainsi.

S’ensuivront sept mois d’insultes, d’intimidations et de menaces. Un comportement inadmissible que Grégory qualifie de « harcèlement ».

S’il a fini par obtenir gain de cause, comme le prévoit la loi, Grégory a tout de même décidé de briser le silence car il a beaucoup souffert de cette situation.

« Sept mois c’est long. Tous les jours j’entendais des reproches, des insultes, c’était difficile. J’ai perdu 7 kilos. Pour moi, j’ai fait quelque chose de mal. J’y repense encore et ça fait mal », raconte-t-il.

« Je pense que je ne suis pas le seul dans cette situation-là. Il doit y avoir beaucoup de papas qui ne veulent pas prendre de congé parental. Moi je leur dis d’y aller. Les enfants, ça grandit tellement vite, qu’il faut en profiter. Je suis fier aujourd’hui, tous les matins quand je vois mes enfants, je me dis que je fais ça pour eux. Mon fils, je l’encouragerai à prendre son congé aussi », ajoute-t-il.

Joint par RMC, l’employeur n’en démord pas et affirme qu’il faudrait que Grégory « arrête de pleurer » . Son père, quant à lui, soutien son fils et comprend sa réaction, affirmant que « c’est aux femmes de rester à la maison ».