Mort de l'acteur français Michael Lonsdale, à l'âge de 89 ans

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L’acteur français Michael Lonsdale vient de mourir, a-t-on appris auprès de France Info.

Une véritable légende du cinéma français vient de nous quitter et c’est tout le septième art qui est en deuil !

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L’immense Michael Lonsdale, notamment connu pour ses rôles inoubliables dans « Hibernatus », « Moonraker » ou encore « Des hommes et des dieux », est mort ce lundi à l’âge de 89 ans.

Crédit photo : Massimiliano Marino / Shutterstock

Visage familier du public français, il aura connu une riche carrière longue de 60 ans, partagée entre les planches et le cinéma.

Très apprécié et respecté par ses pairs, il restera pour beaucoup le frère Luc de Tibéhirine du film « Des hommes et des dieux » réalisé par Xavier Beauvois en 2010, dans lequel il partageait la vedette avec Lambert Wilson.

Ce rôle, pour lequel il obtiendra un César en 2011, avait beaucoup marqué ce fervent catholique qui n’aura eu de cesse de revendiquer sa foi ces 30 dernières années.

Avec son décès, le cinéma français perd l’un de ses plus illustres représentants.

Michael Lonsdale, un monstre sacré du cinéma et du théâtre français

Né à Paris le 24 mai 1931, Michael Lonsdale est le fruit de l’union entre un militaire de l’armée britannique (Edward Lonsdale-Crouch) et d’une jeune femme française (Simone Béraud).

Après avoir beaucoup déménagé dans les premières années de la vie du petit Michael, la famille se fixe finalement à Casablanca (Maroc) en 1939, où le père devient négociant en engrais.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’enfant profite de l’installation sur place de cinémas destinés à divertir les soldats américains pour découvrir le septième art. En 1943, alors âgé d’à peine 12 ans, il anime déjà des émissions pour enfants sur Radio-Maroc.

Il ne découvre le théâtre qu’à l’âge de 15 ans en 1946, à son retour en France, suite à sa rencontre à Cannes avec Roger Blin qui l’initie à l’art dramatique.

Installé à Paris avec sa mère en 1949, il se convertit au catholicisme à l’âge de 22 ans, en 1953, ce qui constitue une étape importante dans sa vie. Élève du cours Tania Balachova, il débute naturellement sur les planches dès 1955, étant tour à tour dirigé par Raymond Rouleau, Christian Gérard, François Billetdoux et Laurent Terzief.

En parallèle, il entame une carrière au cinéma en multipliant les seconds rôles, notamment pour Michel Boisron, Gérard Oury ou Jean-Pierre Mocky.

Peu à peu, il commence à se faire un nom et tourne dans des productions notables, telles que « Le Procès » d’Orson Welles (1962) ou encore « Paris brûle-t-il ? » de René Clément (1966).

Mais c’est en jouant pour François Truffaut, d’abord dans « La mariée était en noir » (1967) aux côtés de Jeanne Moreau et Michel Bouquet, puis dans « Baisers volés » (1968) que sa carrière décolle véritablement. À l'occasion de ce tournage, il rencontre l'actrice Delphine Seyrig, le grand amour de sa vie qui sera également sa plus grande blessure car jamais il ne parviendra à la séduire.

Unanimement salué pour la qualité de son interprétation dans « Baisers volés », il devient dans la foulée l’un des acteurs français les plus demandés et va enchaîner les films, notamment les succès critiques.

Il donne ainsi la réplique à Louis de Funès dans « Hibernatus » d’Édouard Molinaro (1969) puis à Jean-Paul Belmondo dans « Stavisky » d’Alain Resnais (1974). Il tourne également pour Luis Buñuel dans « Le Fantôme de la liberté » (1974) et « Section spéciale » de Costa Gavras (1975).

Dans les 4 années qui suivent, il interprète deux des rôles les plus marquants de sa carrière. D‘abord celui du vice-consul de Lahore dans « India Song » de Marguerite Duras en 1975, puis l’inoubliable Hugo Drax de « Moonraker » (1979), onzième volet de la saga des « James Bond », dans lequel il partage l’affiche avec Roger Moore.

On le retrouve ensuite au casting du succès international «Les jeux de la comtesse Dolingen de Gratz» de Catherine Binet (1981), puis à l’affiche du «Bon roi Dagobert» de Dino Risi (1984) avec Coluche dans le rôle-titre.

En 1986, il campe parfaitement le rôle de l’abbé dans le très réussi « Le Nom de la Rose » de Jean-Jacques Annaud, avec Sean Connery et Christian Slater.

Il tourne ensuite à Hollywood pour James Ivory dans le film « Les vestiges du jour » (1993), aux côtés d’Anthony Hopkins et Emma Thompson

Entre 1993 et 1995, son registre très large est illustré par deux interprétations totalement différentes mais dans lesquelles il se montre à son avantage : le rôle de l’ange Gabriel dans « Ma vie est un enfer » de Josiane Balasko (1993) puis celui de Dolabella dans « Nelly et Monsieur Arnaud » de Claude Sautet (1995).

Symbole de l’admiration et du respect qu’il suscite chez ses pairs, les deux réalisateurs prestigieux que sont Steven Spielberg et Milos Forman font appel à ses talents pour « Munich » (2005) et « Les fantômes de Goya » (2006).

Après une prestation remarquée dans « Agora » d’Alejandro Amenabar (1999), il connaîtra ensuite la consécration en 2010 avec « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois.

Son interprétation magistrale du frère Luc Dochler – que beaucoup considère comme l’apogée de sa carrière - lui vaudra le César du « Meilleur second rôle » en 2011.

Ce sera son dernier grand rôle au cinéma bien qu’il continuera de tourner régulièrement jusqu’en 2015.

Jamais marié, Michael Lonsdale s’est éteint seul dans son sommeil.

Michael Lonsdale dans « Des hommes et des dieux ». Crédit photo : Armada Films

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