L'Europe laisse trois mois à la France pour stopper le massacre de dauphins et marsouins

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L’Europe exige que la France arrête le véritable massacre de dauphins et marsouins causé par la pêche accidentelle.

Après avoir donné l’ordre de prendre des mesures radicales sur les oiseaux protégés en France, la Commission Européenne sanctionne également le pays concernant la protection des dauphins et des marsouins.

Crédit : Shutterstock / Alex Kosev

À cause de la pêche massive, énormément de gros chalutiers retrouvent dans leurs filets, en plus de poissons, des dauphins ou des marsouins. Ces derniers, attirés par les poissons, se retrouvent pris au piège dans leurs filets. Sortis hors de l’eau beaucoup trop longtemps ou bien gravement blessés à cause des conditions de pêche, les cétacés meurent et s’échouent sur les plages.

Cette année, dans le golfe de Gascogne, qui va de la Bretagne jusqu’en Espagne en passant par le Pays Basque, plus d’un millier de dauphins ont été retrouvés échoué entre le 1er janvier et le 18 mars.

« Plus de 10 000 dauphins sont morts »

D’après l’Observatoire Pelagis, 70% d’entre eux portent des grosses marques de filets de pêches et lors d’examens internes, les scientifiques ont relaté que 88% d’entre eux sont diagnostiqués morts à cause de leur capture, certes accidentelle mais bien réelle et surtout mortelle, lors de la pêche.

Crédit : Shutterstock/Trekkathon

France Nature Environnement, la Fédération Française des Associations de Protection de la Nature et de l'Environnement, s’est exprimée à ce sujet: «Cette saison, malgré le confinement, ce sont déjà 1160 dauphins qui se sont échoués, ce qui signifie que plus de 10 000 dauphins sont morts, pris au piège dans les filets».

La France a donc trois mois pour présenter une liste de mesures adéquates à la protection de cétacés à la Commission Européenne. Cette dernière met surtout en cause l’absence d’inspection et de contrôles. Si ces mesures ne sont pas jugées comme suffisantes par l’Europe, la France se verra saisie par la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Dominique Cheville, naturaliste et Président de Ré Nature Environnement et Vice- Président de la LPO s’est exprimé lors d’une interview pour nos confrères de La Relève et La Peste : «(…)Pour nous c’est très important car la Commission Européenne ne va pas juger les intentions, mais les résultats obtenus ! et c’est exactement ce qu’on voulait : finis les effets d’annonce, enfin du concret.»

Crédit : Shutterstock / pp1

Les associations sont très contentes du résultat et espèrent un changement rapide et très important : « ces mesures doivent concerner tout le monde: chalutiers et artisans ! Nous soutenons la plupart des artisans pêcheurs mais certains d’entre eux doivent aussi se défaire de mauvaises habitudes, et adopter de bonnes pratiques. On perd déjà 10 000 dauphins par an… C’est intenable pour la pérennité des cétacés.» ajoute le Vice-Président de Ré Nature Environnement.

Un autre procès en parallèle 

En même temps, Sea Shepherd a aussi fait condamner la France le 2 juillet dernier par le tribunal administratif de Paris. Le tribunal a déclaré que «(…) depuis les années 1990, accentués depuis 2016, de surmortalité de cétacés sur la façade atlantique, en particulier dans le golfe de Gascogne. Ce retard constitue une carence de l’État dans le respect de ses obligations découlant du droit de l’Union européenne, en particulier son obligation de protection des cétacés et de contrôle des activités de pêcherie.» Victoire pour les défenseurs animaliers !

La France n’est pas le seul pays pointe du doigt: l’Espagne et la Suède en font partis aussi.

Source : PositivR
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