Hospitalisé, le boulanger en grève de la faim pour protester contre l'expulsion de son apprenti, veut continuer son combat

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Souvenez-vous, la semaine dernière, nous vous parlions d'un boulanger qui refusait de s'alimenter pour soutenir l'un de ses employés. Aujourd'hui très affaibli, l'artisan refuse pourtant d'abandonner. Précisions.

Alors qu’il observait une grève de la faim depuis plus d’une semaine afin de protester contre l’avis d’expulsion émis contre son jeune apprenti d’origine guinéenne, le boulanger Stéphane Ravacley a été victime d’un malaise ce mardi.

Plus de peur que de mal pour l’artisan, qui a tout de même été hospitalisé en urgences à Besançon (Doubs), en état d’hypothermie.

« Je suis sorti de la boulangerie pour une livraison, je me suis évanoui dans ma voiture avant de démarrer. Personne ne m’a vu, je suis resté dans le véhicule sans chauffage, plus de 30 minutes », a ainsi raconté le boulanger à nos confrères de L’Est Républicain.

Il est finalement ressorti de l’hôpital quelques heures après son admission, avec une bonne cure de vitamines.

« Je veux continuer ma grève de la faim », clame le boulanger Stéphane Ravacley

Une alerte, heureusement sans gravité, qui n‘entame en rien sa détermination malgré un état de santé qui suscite forcément l’inquiétude de ses proches.

Qu’importe, Stéphane, qui ne s’est plus alimenté depuis 10 jours mais qui continue de travailler, refuse d’abandonner son combat pour conserver son apprenti Laye Fodé Traoré et permettre ainsi à ce dernier de poursuivre sa formation en France.

Tout juste majeur, le jeune homme est en effet en situation irrégulière dans le pays et fait actuellement l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Une situation que dénonce Stéphane Ravacley et c’est la raison pour laquelle le boulanger a décidé de poursuivre sa grève de la faim « au moins jusqu’au 26 janvier », date de l’audience qui décidera du sort de Laye Traoré, lequel viendra plaider sa cause à la cour administrative d’appel de Nancy.

Une procédure qu’appréhende forcément Stéphane Ravacley mais le quinquagénaire et son jeune protégé peuvent compter sur le soutien de centaines de milliers de personnes.

Des anonymes mais aussi des personnalités, telles que Raphaël Glucksmann, Omar Sy, Leïla Slimani, Nicolas Hulot, Edgar Morin, Laurent Berger ou encore Benoît Hamon, qui ont signé une pétition en ce sens dans les colonnes de L’Obs.

La pétition mise en ligne pour régulariser Laye a par ailleurs récolté plus de 220 000 signatures et l’affaire n’en finit plus d’être médiatisée.

« Toute cette médiatisation, je ne m’en rends pas bien compte », explique Stéphane Ravacley. « Vu que le gouvernement ne bouge pas, je pense que nous allons être de plus en plus sollicités. Moi, je ne lâcherai rien. Je ne trouve pas normal que l’État s’engage à donner des formations à ces jeunes, puis leur demande de quitter la France une fois majeurs, alors que, dans le même temps, des artisans boulangers comme moi n’arrivent pas à trouver des apprentis. Ce n’est pas logique. Laye n’est pas le seul dans cette situation. L’objectif, c’est de rendre visible tous ces sans-papiers majeurs en formation, qui sont obligés de quitter la France. », conclut-il.

Une démarche suffisante pour faire pencher la balance ? réponse le 26 janvier !

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