Pour protéger les femmes contre les viols, elle met au point un « préservatif féminin avec des dents »

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Après avoir côtoyé de nombreuses victimes de viols, Sonnet Ehlers, chercheuse sud-africaine, a mis au point en 2005 Rape aXe, un dispositif destiné à piéger les agresseurs sexuels afin de permettre aux victimes de s’échapper.

Depuis sa médiatisation par le biais du média Brut, le « préservatif féminin avec des dents aussi tranchantes qu'une lame de rasoir » fait l'objet de nombreuses discussions. D’aucuns y voient une bonne idée, permettant de se protéger efficacement des violences sexuelles, d’autres déplorent que ce soit aux femmes d’avoir à prendre des mesures pour se protéger.

« Un dispositif médiéval face à un acte moyenâgeux »

« Une femme est arrivée à l’hôpital, et elle avait été violée. Et elle m’a dit : "si seulement j’avais des crocs à cet endroit" ». Tel est le point de départ de Rape aXe (en français « hache à viol »), sorte de préservatif féminin qui contient des « crochets tranchants comme des rasoirs », conçu par le Dr Sonnet Ehlers.

Celui-ci enserre le pénis du violeur lors de la pénétration, se bloquant autour de lui, tout en lui causant une douleur intense. L'agresseur est ainsi en incapacité, permettant à la victime de s'échapper. 

Le site internet de Rape aXe explique : « ce dispositif ne peut pas être retiré par l'agresseur, il ne peut être enlevé que par un clinicien. Ceci permet l'identification de l'agresseur, et peut servir à son arrestation et à sa condamnation. Le dispositif retiré peut être utilisé pour effectuer des analyses ADN afin de servir de preuve au tribunal ».

Sonnet Ehlers précise à Brut qu’il s’agit d’un « dispositif médiéval face à un acte moyenâgeux » répondant au manque de solutions concrètes apportées à ce problème d’envergure.

Brut rapporte en effet qu’en Afrique du Sud, 1 homme sur 4 affirmait avoir commis un viol en 2009, d’après les résultats d’une enquête, faisant du pays celui avec le taux de viols le plus élevé au monde.


Des réactions et réflexions très variées concernant ce dispositif

Sur Twitter, les réactions ont été nombreuses et contrastées :

« J'y vois deux risques majeurs : le premier, la nana l'oublie au moment d'avoir des rapports consentis (aie…) et le deuxième, non des moindres, la douleur du violeur va être atroce, il risque de se défouler sur elle »,

« Et quand ils sont en groupe ? », « Donc, un système qui : 1) n'empêche pas le viol 2) va rendre le violeur encore plus agressif », « Je comprends pas la hype autour : ça n’empêche pas un viol. On reste traumatisé-es. Et ça sous-entend que la majorité des viols sont commis par des inconnus dans la rue et non au domicile des victimes souvent sous emprise »,

« Tellement la société est catastrophique on invente ça pour les femmes. On n’a rien de mieux à leur proposer franchement. Je ne sais pas moi… Des condamnations exemplaires ? Des enquêtes qui aboutissent ? Des cours de self-défense "GRATUITS" en entreprise ? Stop la position de victime ! »,

« Un dispositif antiviol qui, pour fonctionner, nécessite une pénétration. Habile »,

« On a déjà dit ce qui n’allait pas la dernière fois qu’est sorti ce genre de truc. Le viol aura déjà eu lieu, ce n’est pas anti viol. Le violeur sera enragé et aura toujours ses mains pour taper ou tuer la victime qui l’aura douloureusement blessée. Ça n’arrêtera rien, ce sera pire »,

« Qui aurait envie de se fourrer ça dans le vagin en permanence ? »
.

Un effet dissuasif

Plusieurs internautes rappellent que ce dispositif aurait avant tout un effet dissuasif. Connaissant son existence, les potentiels violeurs pourraient théoriquement se raviser. 

Aufeminin s’interroge, et relève un point capital : « Ce que sous-entend ce dispositif, c’est que le seul moyen pour que les hommes cessent de violer ne serait pas le respect et la considération pour les femmes, mais la peur de souffrir ou de se faire attraper par la justice. Là encore, il ne règle pas le problème de la domination masculine ».

Tout le monde s’accordera à dire que le simple fait de devoir inventer un tel recours contre les viols témoigne de l’ampleur du problème.

Source : Brut