Mort de Jean-Paul Belmondo, monstre sacré du cinéma français, à l'âge de 88 ans

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« Bébel », l’acteur de Peur sur la ville, L’As des as ou Le Cerveau est décédé aujourd'hui à l’âge de 88 ans. Il était l’acteur de toute une génération et l’un des acteurs français les plus connus et respectés du cinéma hexagonal et mondial, l’acteur Jean-Paul Belmondo nous a finalement quitté a indiqué son avocat à l'AFP ce lundi 6 septembre.

Jean-Paul Belmondo à Venise en Italie, septembre 2016. Crédit : Matteo Chinellato/ Shutterstock

Triste nouvelle que d’apprendre la disparition d’un monstre sacré du cinéma qui aura fait les beaux jours et la gloire du cinéma français dans les années 1960, 1970 et 1980. Avec des succès publics et critiques comme L’Animal, À bout de souffle, Léon Morin, prêtre, L’Homme de Rio, Les Tribulations d’un Chinois en Chine ou encore Borsalino pour ne pas tous les citer, Jean-Paul Belmondo aura attiré pas loin de 130 millions de spectateurs dans les salles obscures, faisant de lui un champion incontesté du box-office, trônant souvent en hauts des charts. Malgré son physique de boxeur dont il était un fervent amateur (il en a même pratiqué en professionnel), Belmondo a réussi à s’imposer dans le cinéma français et à tourner avec les plus grands réalisateurs de notre pays.

Devant la caméra d’Alain Resnais, Louis Malle, Philippe de Broca, Henri Verneuil, Jean-Luc Godard, François Truffaut, Jean-Pierre Melville ou Georges Lautner, l’acteur aura su diversifier son jeu, passant de films d’actions et populaires à intimistes et indépendants. Sa fougue, son énergie et sa gueule lui auront même permis de dépasser nos frontières en jouant pour des réalisateurs étrangers renommés tels Peter Brook, Mauro Bolognini ou Vittorio De Sica.

Enfance et premiers pas de comédiens

Né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine, l’acteur se destine peu aux études lui qui, malgré les fréquentations des meilleures institutions parisiennes, reste un élève indiscipliné. Débordant d’énergie, il se dirige vers le sport qui devient une passion, notamment le cyclisme, le football et bien entendu la boxe. Mais c’est à la suite d’une primo-infection de la tuberculose à l’âge de seize ans qui l’envoie respirer l’air frais de l’Auvergne, qu’il décide finalement d’être comédien.

Son premier déclic survient un an plus tôt, en 1948, à quinze ans, lorsqu’il assiste à une représentation théâtrale des Femmes savantes de Molière, avec en vedette les premiers pas de la comédienne Denise Gence. Il prendra ensuite des cours de comédie en suivant les cours de l’acteur français Raymond Girard en Auvergne, avant de monter sur les planches pour la première fois en 1950 dans La Belle au Bois Dormant qu’il interprètera dans les hôpitaux de Paris.

Après deux échecs consécutifs au concours du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, soutenu par son mentor Girard, Belmondo sera finalement admis en 1952. Pendant ces quatre années passées au conservatoire, l’acteur rencontrera « la bande du conservatoire » parmi lesquels Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer, Pierre Vernier et Michel Beaune avec qui il se liera d’amitié.

Belmondo. Crédit : Keystone/ Hulton

Premiers succès au cinéma 

Dans les années 1950, Jean-Paul Belmondo s’adonne surtout au théâtre et à quelques films qui ne rencontrent pas forcément le succès. Malgré un premier rôle dans À double tour de Claude Chabrol et À bout de souffle de Jean-Luc Godard, Belmondo peine à rencontrer le succès. Tout juste parvient-il à se faire remarquer dans son rôle de d’Artagnan dans Les Trois Mousquetaires.

Les années 1960 seront finalement la décennie qui révèlera Bébel avec Léon Morin, prêtre, et des collaborations avec de grand metteurs en scène (Melville, de Broca, Godard etc…) avant de connaître le sommet de sa gloire dans les années 1970 et qui se poursuivra jusqu’à la fin des années 1980. Des films qui auront marqué leur époque comme Borsalino (Jacques Deray, 1970), Peur sur la ville (Henri Verneuil, 1975) ou Le Professionnel (Georges Lautner, 1981), le tout enchaînant les succès publics.

L’acteur n’oubliera cependant pas ces premières amours et retournera au théâtre dès 1987 dans la pièce Kean de Jean-Paul Sartre et sous la direction de Robert Hossein, avant de s’y consacrer pleinement durant les années 1990.

Jean-Paul Belmondo dans À bout de souffle. Crédit : SNC

Discrétion au cinéma et récompenses 

De plus en plus discret au fil du temps, Belmondo n’apparait que très rarement au cinéma. Ainsi, on a pu le revoir dans le film de Bertrand Blier, Les Acteurs en 2000. La maladie le poussera aussi à se retirer des écrans et des planches. En août 2001, l’acteur est victime d’un AVC qui entraîne une paralysie faciale et demande une longue rééducation.

Cependant, le monde du cinéma ne l’oublie pas et c’est ainsi qu’il sera récompensé d’une Palme d’honneur pour l’ensemble de sa carrière lors du festival de Cannes, en 2011. Cinq ans plus tard, ce sera au tour de la Mostra de Venise de lui remettre un Lion d’or pour sa carrière, puis en 2017 à la 42ème cérémonie des Césars, un hommage lui est rendu par l’ensemble de ses pairs.

Héros à l'écran et dans le coeur des Français 

Tout au long de sa carrière, Bébel n’aura cessé d’attiser les foules et nombreux sont ses admirateurs de longue date. Il a d’ailleurs beaucoup inspiré des générations d’acteurs du cinéma français de Guillaume Canet en passant par Jean Dujardin qui confiait en 2018 que Jean-Paul Belmondo était « l’un des derniers héros du cinéma français ». Même le grand Steven Spielberg se serait inspiré de ses films pour réaliser Indiana Jones.

Une carrière immense et fructueuse pour l’un des acteurs préférés des Français érigé au rang de monument national et qui rejoint désormais les autres grands noms au Panthéon du cinéma français.

Crédit : Georges Biard