Pour sa toute première réalisation, Pierre Richard a dirigé l’un des plus grands acteurs français. Il s’en souvient et raconte sa rencontre avec lui.
Une première incursion au cinéma teintée d’intimidation
Il l’est l’un des plus grands acteurs français. Pourtant, Pierre Richard avoue avoir été lui-même impressionné par un monstre du septième art. En septembre dernier, l’acteur connu pour sa maladresse faisait la promotion du film L'Homme qui a vu l'ours qui a vu l'homme. L’occasion pour lui de se livrer à une super anecdote sur ses débuts au cinéma.
Dans l’émission À voix nue de France inter, Pierre Richard a raconté avoir été grandement intimidé par un acteur français lors du tournage du film Le Distrait, sorti en 1970. Il s’agissait de la première réalisation de l’acteur dans lequel il dirigeait Bernard Blier, star des Tontons Flingueurs.
Pierre Richard raconte une anecdote géniale sur Bernard Blier
Crédit photo : Universal
Pierre Richard a précisé qu’il n’était pas serein sur le tournage : « J'adorais Bernard, mais j'avais très peur au début. » Il faut dire que Bernard Blier, acteur prolifique durant cinq décennies, était l’un des acteurs les plus appréciés et respectés d’Europe.
« Il avait fait 103 films, c'était mon premier, et en plus, il était sous mes ordres. C'est pas facile de dire "Coupez ! Bernard, t'es pas bien, t'es pas très bon." J'étais terrorisé par lui, surtout qu'il avait la réputation de ne pas toujours être très facile. Un jour, je lui avais dit "Tu sais que tu as la réputation d'être méchant ?" Il m'avait répondu "Je suis pas méchant, mais j'aime pas les cons ! »
Le Distrait. Crédit photo : Canal+
Un humour et un franc-parler qui ont sans doute déstabilisé le tout jeune réalisateur à l'époque. Mais pas de quoi gâcher le plaisir du tournage dont il garde un excellent souvenir. À l’instar de cette autre anecdote concernant un monologue que Bernard Blier devait réciter dans une scène.
« Il me dit "Dis donc, j'y ai pensé cette nuit. Si j'avais un dossier ?" Moi je lui dit "Bernard, pourquoi un dossier ? Et il me fait "Ben, parce que je suis président. Un président de société, il a un dossier !" J'appelle donc l'assistant et lui dit de donner un dossier à Bernard. Bernard va se faire maquiller et l'assistant, qui regarde s'il est bien parti, me dit "Il sait pas son texte. Quand il sait pas son texte, il demande un dossier et il met le texte dans le dossier." Et c'était vrai ! »
L’alchimie entre les deux comédiens a, sans aucun doute, transpiré à l’écran. Le Distrait fut un beau succès dans les salles françaises en réunissant plus d’1,4 million de spectateurs.
