Un laboratoire chinois crée des animaux hybrides mi-cochon mi-singe pour permettre des greffes d'organes

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Les progrès scientifiques ne cessent de se développer. Mais il est des progrès dont les résultats nous laissent parfois pantois.

Crédit : Tang Hai

En Chine, une équipe de chercheurs en biologie menée par la chercheuse Tang Hai sont parvenus à créer des animaux hybrides mi-singe mi-cochon. C’est dans le laboratoire de recherche en biologie de la reproduction et des cellules souches de Pékin (State key laboratory of stem cells and reproductive biology) que les animaux ont été créés.

En tout, ce sont 10 cochons hybrides qui sont nés, mais seuls deux ont survécu en l’espace d’une semaine, avant de mourir. Bien qu’ils ressemblent à s’y méprendre à des cochons authentiques, en apparence, ils présentent toutes les caractéristiques propres aux porcins, ils possèdent des cellules souches de macaque crabier cultivées en laboratoire par l’équipe de Tang Hai.

Ces cellules souches modifiées se sont développées en culture et leur ont permis de produire une protéine fluorescente appelée GFP. Cette protéine un peu spéciale a permis aux chercheurs de Pékin de traquer l’évolution des cellules afin de désactiver certains gènes du primate pour permettre une injection plus facile dans les 400 embryons de cochons.

Des espèces hybrides pour les greffes d’organes

Le but du laboratoire pékinois n’est a priori pas de jouer au plus fort ou à Frankenstein en créant de nouveaux êtres, mais de concevoir un animal dont les tissus et les organes pourraient être utilisés lors de greffes.

Développée auparavant au Salk Institute de Californie par l’équipe du professeur Belmonte (sur des cochons avec des cellules humaines), cette méthode pourrait peut-être enfin pallier au manque d’organes chez les patients en attente de greffes.

D’après le site de l’agence de la biomédecine, « 24 791 personnes ont été en attente d’un organe en 2018 et 5 805 ont été greffées la même année » en France.

Même si la méthode pose des questions et soulève des inquiétudes, le biologiste des cellules souches Paul Knoepfler de l’université de Californie y voit peu de chances quant à son aboutissement : « compte tenu de l’efficacité chimérique extrêmement faible de tous les animaux [deux seulement ont survécu en une semaine, ndlr], je considère cela comme assez décourageant ».

Une pratique qui n’a pas fini de diviser la classe scientifique et qui pour l’instant, ne parvient pas à combler le manque de greffes chez les patients dans le besoin.

Source : New Scientist
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