« L'Arabe du futur 5 » : Riad Sattouf dévoile son plus lourd secret de famille

Ce jeudi 5 novembre sort une nouvelle bande dessinée de « L’Arabe du futur » aux éditions Allary, il s’agit du cinquième et avant dernier ouvrage de la série autobiographique illustrée signée Riad Sattouf.

L’auteur français de 42 ans y raconte son enfance en Libye puis en Syrie avec un ton à la fois drôle et sombre, mais surtout de manière chronologique. Tous les ouvrages portent le titre « Une jeunesse au Moyen-Orient » et seuls les dates de la période concernée changent. Le premier traite de la période de 1978 (naissance de Riad Sattouf) à 1984, le deuxième de 1984 à 1985, le troisième de 1985 à 1987, le quatrième de 1987 à 1992 et donc enfin, le cinquième qui parle de 1992 à 1994.

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Crédit : Riad Sattouf / Allary Éditions

« L'Arabe du futur 5 », une sortie particulièrement attendue

Il y fait notamment référence à sa vie d'écolier et à la pression des traditions familiales. Dans le troisième volet, sorti en 2016, il décrit le contexte de sa circoncision tandis que le tome 4 publié en 2018 retrace son adolescence au cap Fréhel avec sa mère et ses frères, au moment où son père devient de plus en plus religieux.

Et donc, pour ce cinquième livre, il a choisi de mettre en avant son secret de famille le plus sombre : le crime commis par son père, professeur d’université fasciné par le panarabisme (mouvement politique, culturel et idéologique visant à réunir et à unifier les peuples arabes) et les dictateurs présents au Moyen-Orient, au début des années 90.

On y découvre également la détresse de sa mère qui fait face à la nature instable et au comportement changeant de son père. Si le tome précédent se terminait sur un cliffhanger qui révélait le lourd secret de la famille, cette nouvelle BD est largement consacrée aux conséquences de cet acte qualifié de « coup d’état » par l’auteur.

Crédit : Joel Saget / AFP

« J’ai choisi de ne pas y faire référence dès le départ, car la chose n'était pas arrivée dans la chronologie et je voulais que le lecteur vive l'histoire comme je l'avais vécue. Je préfère ne pas trop en dire, il faut laisser une part de mystère et ne pas tout expliquer. Certains aspects de l'histoire étaient compliqués à retrouver. Ils n'étaient pas forcément très agréables à revivre, mais il était nécessaire pour moi de repasser par ces chemins. Une grande part du récit, son écriture, est gouvernée par l'inconscient, au sens psychologique. Il est important pour moi de laisser une grande part d'improvisation,L’Arabe du futur est presque écrit en écriture automatique ! C'est la seule façon selon moi de laisser entrer une vitalité et une nature organique dans le récit. Je fais un premier jet, puis j'examine ce qui est venu, et le réadapte, le tords, je mets en avant et pousse certains thèmes apparus. Je ne décide jamais à l'avance des thématiques que je vais aborder » explique Riad Sattouf auprès de BFM, qui se base principalement sur ses souvenirs, ce qui explique les références régulières aux odeurs et le point de vue enfantin.

Crédit : Riad Sattouf / Allary Éditions

Crédit : Riad Sattouf / Allary Éditions

Autre élément qui rend ses bandes dessinées si particulières : les codes couleurs. En effet, la couleur dominante des illustrations varie en fonction du lieu de l'action : bleu pour la France, rose pour la Syrie et le Liban, jaune pour la Libye, vert clair pour Jersey, rouge pour la fiction, l'imaginaire ou les éléments violents.

À noter, comme annoncé par l’auteur fin 2018, que le sixième tome prévu pour 2021 ou 2022, sera le dernier.

Source : BFMTV
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