Un homme, victime de plusieurs intoxications, a découvert avec stupeur que sa femme et sa belle-mère essayaient de l'empoisonner. Le duo diabolique est jugé cette semaine.
C'est une affaire particulièrement sordide qui aurait pu servir de trame à un film hollywoodien.
Une femme de 37 ans est actuellement jugée aux assises de Vendée, à La Roche-sur-Yon, pour avoir empoisonné son conjoint à plusieurs reprises, en s'inspirant de... séries Netflix. Des actes commis avec la complicité de sa mère, âgée de 62 ans, elle-même poursuivie par la justice.
Crédit photo : iStock
Empoisonné par sa femme et sa belle-mère
Les faits ont eu lieu entre 2021 et 2022 dans le huis clos du domicile familial, situé dans un petit village vendéen, peuplé d'à peine 1 500 âmes.
Tout avait pourtant commencé « comme dans un film » en 2018, racontent ainsi nos confrères de 20 Minutes. Tombés amoureux l'un de l'autre après avoir fait connaissance sur une application de rencontres, Enrique et Amélie emménagent ensemble rapidement et deviennent les heureux parents d'un petit enfant. Un bonheur qui va pourtant s'éroder avec l'arrivée d'une invitée « surprise ».
Deux ans plus tard, alors que la pandémie de Covid-19 bat son plein, la mère d'Amélie emménage chez le couple pour ne pas se confiner seule. Si la cohabitation doit d'abord durer le temps du premier confinement, les semaines passent et la belle-mère d'Enrique s'installe durablement dans le logement.
Après plusieurs mois, des tensions commencent à éclater entre Enrique et sa belle-mère, mais aussi entre ce dernier et Amélie qui déplore le comportement parfois agressif de son homme. Peu à peu, cette dernière va s'éloigner de son conjoint et se laisser convaincre par sa mère de l'empoisonner, afin qu'il cesse ses violences présumées.
Inspiré par des scènes aperçues dans des séries Netflix, telles que « You », « Breaking Bad », ou encore « Ginny et Georgia », le duo diabolique va alors intoxiquer Enrique à plusieurs reprises, en mettant par exemple de l’aconit tue-loup dans son chili con carne, de l’alprazolam dans son café, mais aussi des graines de ricin dans son tabac. Souffrant de symptômes étranges qu'il ne s'explique pas, Enrique peine d'abord à comprendre ce qui lui arrive, avant de suspecter des empoisonnements. Il commence à parler de cette éventualité à son entourage, mais personne ne le croit, ce qui l'incite à faire des enregistrements. Si, dans un premier temps, ses soupçons se tournent naturellement vers sa belle-mère, il découvre finalement, non sans stupeur, que sa compagne est également impliquée, lorsqu'elle lui avoue le pot aux roses.
Crédit photo : iStock
Malgré ces aveux, Enrique, choqué, refuse toutefois de porter plainte, notamment parce qu'Amélie menace de se suicider ou de s'enfuir avec leur fils. Un chantage affectif qu'il prend très au sérieux mais en novembre 2023, il craque pour de bon. Alors que sa compagne a saboté les freins de son véhicule et qu'elle lui a jeté un téléphone en pleine figure, le quadragénaire se décide à déposer plainte à la police, relatent Ouest France.
Le début d'une longue procédure ayant abouti, ce mercredi 25 mars, au début de ce procès qui doit déterminer le réel mobile des deux femmes. L'un des motifs avancés pourrait être une clause du prêt contracté par le couple qui stipule qu’en « cas de décès de l’un des emprunteurs, les crédits immobiliers seraient intégralement remboursés par l’assurance et le bien reviendrait à 100 % au coacquéreur vivant ». La question de la préméditation sera également au centre des débats.
Mère et fille encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Quant au plaignant, « il ne se sent plus comme un être humain… et survit difficilement », a indiqué l'expert psychiatre qui a pu s'entretenir avec lui. Profondément meurtri par toute cette histoire qui l'a détruit, Enrique essaie tant bien que mal de se reconstruire. En larmes, le quadragénaire a notamment confié devant la cour ne plus être capable de « faire confiance aux femmes ».
Et de conclure : « Je resterai célibataire jusqu'à la fin de ma vie, c’est sûr, je resterai seul avec mon fils ».
