Des personnalités politiques et féministes s'offusquent après la parution d'un sondage Ifop sur la tenue des lycéennes

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Un sondage portant sur la tenue que les adolescentes doivent porter à l'école scandalise sur les réseaux sociaux. Explications.

« Affligeant », « à gerber » « la honte » !

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Tels sont les qualificatifs peu glorieux que l’on peut lire sur les réseaux sociaux après la publication par l’Ifop d’un sondage pour le moins controversé.

Pour l’hebdomadaire Marianne, le célèbre institut a demandé à un panel de 2 000 Français de donner leur avis sur le port de certains vêtements que doivent porter les lycéennes.

Cette enquête, qui fait suite au débat houleux sur les tenues vestimentaires à l’école, a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux, où de très nombreuses personnalités politiques ou issues des mouvements féministes ont fait part de leur indignation.

Un sondage qui est « à gerber » selon Caroline de Haas

Dans ce sondage de la discorde, les personnes sondées sont notamment invitées à se prononcer sur quatre types de tenues : le « no bra » (un « haut sans soutien-gorge au travers duquel la pointe de ses tétons est visible »), un « haut avec décolleté plongeant », le « crop top » (« tee-shirt laissant apparaître le nombril ») et enfin un tee-shirt ou débardeur « laissant apparaître les bretelles du soutien-gorge ».

Chaque tenue étant accompagnée d’un schéma aussi caricatural que grotesque, censé représenter l‘accoutrement en question.

Il n’en fallait pas plus pour que la toile s’embrase comme une traînée de poudre. Aussitôt publié, le sondage a en effet provoqué l’ire de la classe politique, à commencer par Jean-Luc Mélenchon (président de LFI) qui a dénoncé une « propagande pour la dictature des puritains ».

Le député Mounir Mahjoubli, ex-secrétaire d’État chargé du numérique, a pour sa part déploré un « piège de l’hypersexualisation du corps des femmes ». Sa collègue Yaël Braun-Pivet, également présidente de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, a, elle, tenu à rappeler que « 100 % des femmes souhaitent qu’on leur fiche la paix ».

Dans un tweet teinté d’ironie, Aurore Lalucq a évoqué de son côté un « beau sondage qui fait vraiment du bien à notre pays », alors que le Parti communiste a déclaré avoir « hâte d’avoir le même sondage sur les dessous masculins qu’il faut pour aller à l’école ».

Enfin, la militante féministe Caroline de Haas s’est offusquée de cette enquête, qui est « à gerber » et dans laquelle « rien ne va », selon elle.

Devant l’ampleur de la polémique, l’Ifop n’a eu d’autres choix que de répondre en se justifiant sur Twitter par le biais d’un communiqué : « L’objectif du sondage était de mesurer le soutien des Français à un mouvement social », se défend ainsi l’Institut.

Et de conclure : « Réaliser un sondage sur le thème ‘la tenue des lycéennes’ nous est apparu à la fois pertinent, car correspondant au cœur des revendications du mouvement, et conforme aux termes du débat public en cours. ».

Pas sûr néanmoins que ces explications soient suffisantes pour étouffer la polémique qui ne cesse d’enfler.

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