Phénomène au box-office, ce nouveau film d’horreur transforme le « gentil » garçon en red flag et livre une œuvre intense sur la notion de consentement. Attention, spoilers !
Véritable raz-de-marée dans les salles obscures, le film d’horreur Obsession a dépassé les 80 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à moins d’un million, rapporte le site spécialisé Collider.
Premier long-métrage du youtubeur américain de 26 ans Curry Barker, le film est sorti en France le 13 mai. Si cette fiction cartonne autant, c’est parce qu’elle redéfinit l’image du « gentil garçon » qui n’arrive pas à séduire les femmes.
Maladroit, introverti, à l’écoute… Il attire la sympathie et un peu de pitié de la gent féminine, jusqu’au jour où un vœu peut changer la donne pour le pire.
Crédit Photo : Focus Features
Un film d’horreur sur le consentement
Dans Obsession, on suit Bear (Michael Johnston), un employé de magasin de musique un peu paumé qui vit seul avec son chat. Depuis des années, il nourrit des sentiments pour Nikki (Inde Navarrette), sa charmante collègue au passé difficile.
Alors qu’il est sur le point de lui déclarer sa flamme, Bear renonce et fait un vœu à la place : il souhaite que Nikki l’aime plus que tout au monde. À son étonnement, son fantasme se réalise, et transforme peu à peu la jeune femme en victime maléfique.
Très vite, l’amour que Nikki porte pour Bear bascule dans une instabilité émotionnelle et une obsession dangereuse. Prisonnière de son propre corps et de ses actions, la vraie Nikki subit cette relation forcée, qui la détruit à petit feu, tandis que Bear ignore tous les signes pour vivre son histoire d’amour.
Ici, le réalisateur utilise l’horreur pour dénaturer les « frontières » du consentement féminin face au désir masculin, ce qui en fait une œuvre glaçante et cruelle de réalisme.
Le gentil garçon n’est pas si gentil
Là où Curry Barker frappe fort, c’est qu’il refuse de présenter le personnage de Bear comme « un romantique inoffensif ayant simplement commis une erreur », soulignent nos confrères.
Le jeune homme poursuit sa quête de la parfaite love story alors qu’il sait que Nikki est sous son emprise.
Et lorsque que le comportement de sa «petite amie» devient de plus en plus problématique, il reste obsédé par la préservation du fantasme qu’il a créé : il veut que Nikki redevienne comme avant pour satisfaire l’image qu’il se fait d’elle.
Crédit Photo : Focus Features
Dans Obsession, la véritable horreur réside dans le fait que Bear pense réellement qu’il mérite d’être en couple avec Nikki car il l’aime depuis toujours et qu'il est... gentil.
La toxicité de cette relation est accentuée par une mise en scène habile, de surcroît au regard du budget limité du long-métrage.
Un film glaçant qui fera réfléchir de nombreux spectateurs.
