En tentant de déloger son squatteur, elle est condamnée à un an de prison et à lui verser 600 euros

Les squatteurs sont un véritable fléau pour les propriétaires. Karine, 55 ans, a été la victime d’un homme qui a squatté la maison héritée par son père. Elle a finalement fait justice elle-même et a été condamnée.

Quand on est prorpiétaire, louer son logement pour éviter qu’il ne reste inoccupé est une bonne façon d’avoir des revenus en plus. Cependant, une menace pèse sur les propriétaires : les squatteurs, ces personnes qui s’installent dans un logement sans rien payer et qui refusent d’en sortir.

Karine et le squatteurCrédit photo : Envoyé Spécial / France Télévisions

C’est ce qu’a vécu Karine, 55 ans, dont le témoignage a été diffusé dans un reportage “Envoyé Spécial” ce jeudi 23 avril sur France 3. En héritant de la maison de son père après son décès, Karine a découvert qu’un squatteur vivait dans la maison. L’homme avait changé les serrures, souscrit un contrat d’électricité à son nom et vivait confortablement dans l’habitation qui n’était pas la sienne.

Impossible de déloger le squatteur

En plus de cela, l’homme louait l’une des chambres de la maison à des jeunes de passage pour 300 euros par mois. Il a clairement assumé avoir repéré cette maison pour pouvoir y vivre.

“J’ai dormi pendant quatre ans dans la rue sous les ponts à Bordeaux. C’était très dur. Si vous saviez le nombre de personnes qui vivent à la rue et qui en ont marre. Ici, ce sont tous des bourgeois avec des maisons abandonnées. On ouvre les maisons, on les squatte, c’est normal ! Je ne suis pas responsable des lois, je suis protégé par la loi, il y a des lois qui protègent les squatteurs”, a-t-il affirmé.

KarineCrédit photo : Envoyé Spécial / France Télévisions

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Karine souhaitait quant à elle vendre cette maison pour payer ses frais de succession. Cependant, il était impossible de déloger le squatteur. Elle n’est malheureusement pas la seule à être confrontée à ce genre de problème puisqu’un homme, victime également d’un squatteur, n’a pas hésité à détruire sa maison à coups de masse pour faire fuir l’intru. Karine a commencé par porter plainte à la gendarmerie pour violation de domicile, mais les forces de l’ordre lui ont indiqué qu’elle n’avait pas le droit d’entrer dans la maison.

Elle a ensuite eu recours à la loi anti-squat de 2023 mais selon la préfecture de Gironde, elle n’avait pas de preuves suffisantes pour expulser le squatteur.

“C’est le monde à l’envers ! On est obligé de prouver que quelqu’un s’est introduit illégalement, alors que cette personne n’a ni bail, ni titre de propriété, rien !”

Elle est condamnée à un an de prison

Désespérée, Karine a décidé de faire justice elle-même. Elle a publié un message sur les réseaux sociaux pour faire part de sa détresse et a été contactée par un homme qui, pour 5 000 euros, lui a proposé de la débarrasser du squatteur. Elle a accepté et deux personnes sont arrivées et ont sorti le squatteur de la maison avant de se battre avec lui sur le trottoir.

Malheureusement, l’histoire ne s’arrête pas là puisque le squatteur a porté plainte. Karine a été jugée par le tribunal pour complicité de violences aggravées. Elle a été condamnée à un an de prison avec sursis et doit verser 600 euros de dommages et intérêts au squatteur.

Malgré cette mésaventure, Karine a finalement réussi à vendre sa maison à un promoteur avec une décote de 10% liée à la présence du squatteur, qui n’a pas été délogé.

Lisa Guinot

Au sujet de l'auteur :

Journaliste web avec 5 ans d'expérience en rédaction print et digitale, j'assure actuellement le suivi de l'actualité généraliste et des faits de société pour Demotivateur. Spécialisée dans les thématiques liées à l'environnement et à la cause animale, je m'attache à décrypter les enjeux climatiques et sociétaux avec rigueur. Mon expertise couvre également la vie pratique et le journalisme de solutions (Good News). Passionnée par la transmission d'informations fiables, je mets mon analyse au service d'un traitement de l'info à la fois engagé et sourcé.