Au Chili, cet arbre vieux de 5000 ans est une “capsule temporelle” de l'adaptation au changement climatique

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Au Chili, un Fitzroya cupressoides est un véritable vestige du temps culminant à 28 mètres de hauteur. Vieux de 5000 ans, il pourrait être le plus vieux spécimen de la planète.

Ses dimensions sont gigantesques, son âge est vertigineux ! Baptisé “Grand Abuelo”, cet arbre de l’espèce Fitzroya cupressoides pourrait bien détrôner “Mathusalem”, un pin Bristlecone conservé dans un endroit tenu secret aux États-Unis, comme l’arbre le plus vieux de la planète.

Du haut de ses 28 mètres, fort de ses quatre mètres de diamètres, “Grand Abuelo” pourrait bien être le doyen des arbres sur la planète, avec son âge estimé aux alentours des 5000 ans. Situé dans une forêt du sud du Chili, ce cyprès géant de Patagonie renfermerait des informations précieuses pour la science en matière d’adaptation au changement climatique.

Crédit photo :Martin Bernetti / AFP

En cinq millénaires sur la planète Terre, “Grand Abuelo” a certainement de quoi nous en apprendre beaucoup sur la survie : “C’est un survivant. Aucun arbre n’a eu l’occasion de vivre aussi longtemps”, assure Antonio Lara, chercheur à l’Université australe du Chili et au Centre chilien des sciences du climat et de la résilience.

Situé dans la région de Los Rios, à 800km au sud de Santiago, il est enraciné au bord d’un ravin, lui permettant d’échapper aux incendies et à la surexploitation de cette espèce endémique du sud du continent américain. Son bois, extrêmement résistant, a servi pendant des siècles à la construction de maisons et de bateaux.

Sa notoriété se faisant plus grandissante ces dernières années, l’arbre est désormais fortement protégé, entouré de gardes forestiers. L’Office national des forêts limite les visites de touristes, via inscription préalable, qui viennent spécialement réaliser un selfie à ses côtés.

Crédit photo :Martin Bernetti / AFP

Grand Abuelo, une capsule temporelle précieuse

Recouvert de mousses et de lichens, le “Grand Abuelo” a été découvert en 1972 par un garde forestier, Anibal Henriquez, qui ne voulait pas que les gens et les touristes sachent où il était pour mieux le protéger. Aujourd’hui, le petit-fils d’Anibal, Jonathan Barichivich, est l’un des scientifiques qui étudient l’espèce au sein du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, à Paris.

En 2020, il a estimé, à partir d’un échantillon de l’arbre daté à 2400 d’existence, que le cyprès était proche des 5000 ans. Un âge qui fait de lui une véritable “capsule temporelle” stockant des informations sur le passé et sur la manière dont les arbres ont réussi à s’adapter aux changements climatiques et à leur environnement.

Crédit photo : Martin Bernetti / AFP

Les anneaux plus étroits correspondent aux années sèches, tandis que les anneaux plus larges indiquent des années pluvieuses : “Ils sont des symboles de résilience et d’adaptation. Si ces arbres disparaissent, une clé importante de la façon dont la vie s’adapte aux changements de la planète disparaît avec eux”, explique Jonathan Barichivich.


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Au sujet de l'auteur : Jérémy Birien

Journaliste, rédacteur en chef