Cette carte montre l'ampleur de l'impact des excréments humains sur les océans

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De nouvelles recherches ont permis de cartographier l'impact des excréments humains sur les littoraux. Et après en avoir pris connaissance, il y a de fortes chances que les moments de baignades à la plage n’aient plus vraiment la même saveur.

Crédit : Robert Schoen / Biosphoto / AFP

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Comme le rapporte la revue PLOS ONE, des scientifiques ont découvert que les eaux usées d'origine humaine introduisent chaque année 6,2 millions de tonnes d'azote dans les écosystèmes côtiers. Jusqu'à 63 % de cette masse provient de systèmes d'égouts traités, 5 % de fosses septiques et 32 % d'apports non traités. En d’autres termes, cela signifie que les excréments se déversent directement dans les océans du globe.

Seuls 25 bassins-versants contribuent à près de la moitié de l'azote provenant des eaux usées. Ces derniers sont principalement concentrés en Inde, en Corée et en Chine, le fleuve Yangtze en Chine, particulièrement victime de la pollution, participe à lui seul à 11 % du total mondial. Dans la plupart des régions de la planète, les eaux usées subissent un traitement qui permet de les assainir, mais les eaux usées brutes restent un problème majeur pour de nombreux pays, à l’instar de la Chine, de l'Inde ainsi qu’un certain nombre de nations africaines.

« L’ampleur de l'impact des eaux usées sur les écosystèmes côtiers du monde entier est stupéfiante. Nous cartographions les apports d'eaux usées dans l'océan à travers plus de 130 000 bassins-versants et nos résultats identifient des zones prioritaires cibles pour aider les groupes de conservation marine et les responsables de la santé publique à travailler ensemble et à réduire les impacts des eaux usées sur les eaux côtières à travers la planète » ont déclaré les auteurs de l'étude dans un communiqué. Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques de l'Université de Californie, située à Santa Barbara, ont utilisé la modélisation géospatiale avec l’objectif de cartographier les apports d'azote et d'agents pathogènes dans les océans provenant des eaux usées pour environ 135 000 points dans le monde.

Crédit : PLOS ONE

L’impact des eaux usées sur l’environnement

Il est probable que cela ait un impact sur la santé publique, notamment dans les régions où le déversement des eaux usées est particulièrement important. Cependant, il est encore plus probable que cela ait également un effet néfaste sur la vie marine. Bien que l'azote soit considéré comme un nutriment important, il peut être extrêmement nocif lorsqu’il est présent trop en grande quantité. En effet, il favorise la prolifération d'algues nuisibles, ce qui entraîne l'eutrophisation, c’est-à-dire un apport excessif d'éléments nutritifs entraînant une prolifération végétale, un appauvrissement en oxygène et finalement déséquilibre de l'écosystème. Ce phénomène provoque la formation de zones mortes dans les océans et les mers.

Les chercheurs ont cartographié les zones où se trouvent des récifs coralliens et des herbiers marins et où sont localisés des points chauds en matière de production d'azote. Ils ont constaté que certaines parties de la Chine, du Kenya, de Haïti, de l'Inde et du Yémen sont susceptibles de voir leurs coraux affectés par les eaux usées, tandis que des points chauds d'exposition des herbiers marins ont été identifiés au Ghana, au Koweït, en Inde, au Nigeria et en Chine. Il ne s'agit toutefois que de la partie émergée de l'iceberg, qui pourrait avoir un effet d'entraînement sur l'ensemble de l'écosystème.

« Les apports d'agents pathogènes et d'azote par les eaux usées dans les océans côtiers représentent des défis évidents pour les écosystèmes côtiers, la santé publique et les économies de la planète. Au-delà de ces impacts directs, nos résultats suggèrent que les apports d'eaux usées sont susceptibles d'interagir avec une multitude de facteurs de stress anthropogéniques sur les écosystèmes côtiers, entraînant le déclin des pêcheries, la perte et la dégradation de l'habitat, et des impacts sur la santé humaine » conclut l'étude.

Crédit : PLOS ONE

Vous l’aurez donc compris, il s’agit d’un constat alarmant qui montre l’urgence d’agir pour protéger l’environnement avant qu’il ne soit trop tard.

Source : IFL Science