Après une journée ou une semaine de travail, la plupart d’entre nous n’a qu’une envie : ne rien faire. Ce luxe, c’est le métier de Shoji Morimoto, un Japonais de 42 ans qui a été licencié en 2018 après que son patron lui reprochait de « ne rien faire ».
Son patron lui reproche de ne rien faire, il en fait son métier
Alors, le quadragénaire en a fait un métier, un art de vivre qui a beaucoup d’importance aux yeux de ses clients. Pour quelques heures ou une journée, Shoji Morimoto donne de sa personne, se rend disponible pour ceux qui le souhaitent. Sa mission reste simple : ne rien faire tout en étant présent pour ses clients.
Crédit photo : Reuters
Ainsi, il a assisté à un concert en remplaçant une femme qui ne pouvait accompagner son amie ; attendu un coureur sur la ligne d’arrivée d’un marathon ; tenu compagnie à une femme en visio qui réorganisait sa chambre ; faire la queue au soleil ; assisté à une fête avec des inconus…, a-t-il raconté à la chaîne CNBC.
Il tient compagnie à des personnes dans le besoin
Crédit photo : Reuters
Ces situations semblent futiles et superficielles au premier abord. Cependant, elles comptent beaucoup pour ceux qui font appel à celui que l’on surnomme le « loueur qui ne fait rien ». La présence calme, silencieuse et sans jugement de Shoji Morimoto rassure bon nombre de personnes. Pour autant, il l’assure, il n’est pas thérapeute.
CNBC cite ainsi l’exemple d’un client qui désirait se rendre dans un café à porcelets de Tokyo (concept japonais où les visiteurs peuvent boire un verre au milieu de micro-cochons). Mais de peur de se retrouver seul entouré de monde, il a préféré faire appel à Shoji Morimoto pour lui tenir compagnie. Les deux hommes n’ont pas échangé un mot : « J’étais là pour les cochons, et lui, pour être là », a fait savoir Morimoto. Une autre fois, c’est une femme qui a fait appel à lui afin d’avoir une présence réconfortante le jour où elle signait les papiers de divorce.
Crédit photo : Shoji Morimoto
Il gagne 80 000 euros par an avec son activité
Jusqu’à présent, Shoji Morimoto facturait de 70 à 200 euros pour deux à trois heures de services. Cela lui a permis de gagner 80 000 euros en 2024, par exemple. Mais aujourd’hui, le quadragénaire laisse à ses clients la liberté de payer comme ils l’entendent. Car Shoji Morimoto a appris que le plus important n’était pas l’argent, « mais de simplement vivre la vie et en profiter ».
Dans une société où de plus en plus de personnes ressentent de la solitude et peinent à vivre pleinement leur vie, les services de Shoji Morimoto sont les bienvenus.
