Dans une entreprise de sécurité, un cambriolage a eu lieu en pleine nuit et l’agent de sécurité n’a pas réagi. Il a été licencié par son employeur. Cependant, celui-ci n’avait pas de preuve solide contre l'agent de sécurité et a été condamné à verser 41 000 euros.
Dans la nuit du 9 au 10 février 2020, une entreprise de sécurité a été cambriolée. Les voleurs ont brisé les vitres des bureaux et ont dérobé des ordinateurs. Cette nuit-là, un agent de sécurité devait intervenir s’il était contacté par le service de télésurveillance de l’entreprise, pour empêcher le cambriolage.
Crédit photo : iStock
Travaillant depuis 15 ans dans cette entreprise, l’agent de sécurité était chargé de faire des rondes et d’intervenir s’il recevait une alerte, comme le précise Le Figaro. Contrairement à cet employé de supermarché qui s'est fait licencier pour avoir empêché un vol à l'étalage, l'agent de sécurité n’a rien fait et l’entreprise a été cambriolée.
Où était l’agent de sécurité ?
Pensant que l’agent de sécurité ne faisait pas son travail, son employeur a décidé de porter plainte. L’homme a été mis à pied avant d’être licencié. Mais que s’est-il réellement passé ?
Crédit photo : iStock
Le service de télésurveillance affirme avoir contacté l’agent de sécurité à 1h26. Un membre du service a même retranscri l’appel téléphonique passé par un autre opérateur. Cependant, l’agent de sécurité a affirmé avoir été contacté pour la dernière fois à 00h43, soit avant le cambriolage, et a déclaré que cet appel n’avait jamais eu lieu.
Il verse 41 000 euros à l’agent de sécurité
L’affaire a été portée au tribunal et la justice a rendu son verdict : il n’existait aucune preuve valable que l’agent de sécurité ait bien reçu un appel. En effet, l’homme qui a relaté l’appel téléphonique entre le service de télésurveillance et l’agent n’était pas l’opérateur lui-même. Il a simplement rapporté des faits qui lui ont été dits, ce qui n’est pas accepté comme preuve.
“En droit, une faute grave doit être démontrée par des preuves solides. Une attestation doit relater des faits vus ou entendus directement par son auteur. On ne peut pas raconter un échange auquel on n’a pas assisté”, a indiqué Roman Guichard, du collectif Rhizome.
En définitive, le licenciement de l’agent de sécurité n’a pas été annulé. Cependant, son employeur a été condamné à lui verser 41 589 euros. Une histoire qui rappelle aux employeurs que licencier un salarié pour faute grave sans preuve valable peut se retourner contre eux.
