20 figures de style avec exemples

Bouton whatsapp

Pour enrichir votre culture générale, pour vous permettre d'analyser poésies et textes, pour vous aider à l'écriture ou simplement pour votre plaisir, voici une liste de vingt figures de style, avec des exemples pour bien comprendre.

À voir aussi

Pour parler ou pour écrire, on peut se contenter d'un sujet, d'un verbe et d'un complément pour faire une phrase. Mais on peut aussi ajouter des adjectifs, utiliser des expressions pour enrichir son discours ou son texte. Et on peut également utiliser des figures de style. Il s'agit d'un procédé rhétorique qui s'écarte de l'usage ordinaire de la langue française pour créer des effets, effets poétiques par exemple. Il en existe toutes sortes. Voici une liste de vingt figures de style, avec des exemples, pour enrichir votre culture générale, pour vous permettre à analyser poésies et textes des plus grands auteurs, pour vous aider à écrire ou simplement pour votre plaisir.

1) Figures de style : la comparaison

Qu'est-ce que c'est : La comparaison est le rapprochement entre deux éléments - le comparant (ou phone) et le comparé (ou thème) -, au moyen d'un outil de comparaison (ou comparatif) qui peut être une conjonction, un adverbe, un adjectif comparatif (tel, semblable, pareil à, similaire à, etc) ou un verbe. Il existe plusieurs sorte de comparaisons :

  • la comparaison nominale, où le comparé est un nom
  • la comparaison adjectivale, où le comparé est un adjectif
  • la comparaison verbale, où le comparant contient un verbe

Exemples :

  • «La mer est si bleue qu'il n'y a que le sang qui soit plus rouge» - Françoise Soublin, Sur une règle rhétorique d'affalement (comparaison nominale)
  • «Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville» - Paul Verlaine, Romances sans paroles (comparaison verbale)
  • «Un petit baiser, comme une folle araignée, te courra par le cou» - Arthur Rimbaud, Rêvé pour l'hiver (comparaison nominale)

La comparaison est la figure de style la plus courante / Crédit : Unsplash

2) Figures de style : la métaphore

Qu'est-ce que c'est : La métaphore réunit deux éléments, comme la comparaison, sans toutefois utiliser de mot de comparaison. La figure de style consiste à désigner une idée, une chose, une personne en employant un autre mot que celui qui conviendrait par un rapport de ressemblance, d'analogie. La métaphore est donc constituée de deux éléments : le comparé et le comparant. Il existe plusieurs sorte de métaphores :

  • la métaphore in praesentia, où le comparé et le comparant sont présents dans la phrase
  • la métaphore in absentia, où le comparé est absent de la phrase
  • la métaphore filée, qui s'étend sur plusieurs phrases, grâce à l'utilisation d'un champ lexical
  • la catachrèse, qui est une métaphore entrée dans le langage courant (exemples : les pieds de la table, les ailes du moulin, la plume du stylo, les dents d'une scie, etc)

Exemples :

  • «Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage» - Charles Baudelaire, L'ennemi
  • «Je me suis baigné dans le poème de la mer» - Arthur Rimbaud, Le bateau ivre
  • «Soir de Paris ivre du gin / Flambant de l'électricité» - Guillaume Apollinaire, La chanson du mal-aimé

3) Figures de style : la personnification

Qu'est-ce que c'est : La personnification est une figure de style qui consiste à donner des traits propres aux êtres humains comme la parole ou la pensée à des animaux ou à des objects inanimés. À ne pas confondre avec l'allégorie qui représente quelque chose d'abstrait (un principe, une qualité, un défaut) alors que la personnification représente quelque chose de concret (une objet, un animal).

Exemples :

  • «La rue assourdissante autour de moi hurlait» - Charles Baudelaire, À une passante
  • «Le soleil aussi attendait Chloé, mais lui pouvait s'amuser à faire des ombres» - Boris Vian, L'écume des jours
  • «Les arbres font le gros dos sous la pluie» - Jules Renard, Journal

4) Figures de style : l'allégorie

Qu'est-ce que c'est : L'allégorie est l'incarnation d'une idée abstraite, une représentation de cette idée pour la rendre plus concrète et parlante. Elle est souvent figurée par l'usage d'une majuscule qui vient souligner que le terme est employé de manière allégorique, c'est-à-dire en tant que notion.

Exemples :

  • «Bon chevalier masqué qui chevauche en silence, le Malheur a percé mon vieux coeur de sa lance» - Paul Verlaine, Sagesses
  • «La rêverie… une jeune femme merveilleuse, imprévisible, tendre, énigmatique, provocante, à qui je ne demande jamais compte de ses fugues» - André Breton, Farouche à quatre feuilles
  • «Ô M*rt, vieux capitaine, il est temps ! Levons l'ancre ! Ce pays nous ennuie, ô M*rt ! Appareillons !» - Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

5) Figures de style : l'anacoluthe

Qu'est-ce que c'est : L'anacoluthe est une figure de style qui consiste à faire une rupture dans la construction syntaxique d'une phrase, de telle manière que, sans qu'il y ait rupture de lien logique, la fin de la phrase n'est plus grammaticalement en harmonie avec son début. L'anantapodoton est une variante de l'anacoluthe qui consiste à supprimer un élément normalement attendu dans une formule syntaxique, comme par exemple la suppression d'un terme d'une expression alternative comme «les uns … les autres», «tantôt… tantôt».

Exemples :

  • «Et pleurés du vieillard, il grava sur leur marbre» - Jean de La Fontaine, Le vieillard et les trois jeunes hommes
  • «Parvenus sur la terrasse, leur regard se perdit d'un coup au-delà de la palmeraie» - Albert Camus, L'exil et le royaume
  • «Lu qui aimait tant ses aises, une veste n'importe comment, un vieux pantalon, il n'aimait que ça, les vieux vêtements» - Nathalie Sarraute, Le planétarium

6) Figures de style : l'assonance

Qu'est-ce que c'est : L'assonance consiste à répéter un même son vocalique (voyelle) dans un groupe de mots ou dans un ensemble de phrase. Il s'agit d'un jeu de sonorité qui apporte rythme, musicalité et poésie à un texte. À ne pas confondre avec l'allitération qui consiste en la répétition d'un même son consonantique (consonne).

Exemples :

  • «Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire» - Jean Racine, Phèdre (assonance en i)
  • «L'aurore grelottante en robe rose et verte» - Charles Baudelaire, Crépuscule du matin (personnification doublée d'une assonance en o)
  • «Je t'ai préféré même à ceux dans les parents ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs» - Pierre Corneille, Cinna (assonance en en)

L'assonance est une figure de style qui joue sur les sonorités / Crédit : Unsplash

7) Figures de style : l'allitération

Qu'est-ce que c'est : L'allitération est la répétition d'une même consonne, ou même de plusieurs consonne, au sein d'un groupe de mots, d'une phrase ou d'un vers.

Exemples :

  • «Triton trottait devant, et tirait de son conque, des sons si ravissant qu'il ravissait quiconque» - Victor Hugo, Les misérables (allitérations en t, en s et en q)
  • «De ce sacré Soleil dont je suis descendue» - Jean Racine, Phèdre (allitération en s)
  • «Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde» - Leopold Sedar Senghor, Femme noire (allitération en t)

8) Figures de style : l'hyperbole

Qu'est-ce que c'est : L'hyperbole est une figure d'exagération qui consiste en un grossissement exagéré d'une caractéristique, d'une idée, d'un sentiment et qui à pour conséquence sa mise en valeur, positive ou négative. Pour construire l'hyperbole, les superlatifs sont souvent utilisé (beaucoup, extrêmement, le moins, le plus, etc). Certains hyperboles sont entrée dans le langage courant (exemples : m*urir de soif ou de faim, crouler sous une tonne de travail, m*urir de rire etc).

Exemples :

  • «Ses moindres actions lui semblent des miracles» - Molière, Tartuffe
  • «C'était des hommes géants sur des chevaux colosses» - Victor Hugo, Les misérables
  • «Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance» - Alfred de Musset, La nuit de mai

9) Figures de style : la litote

Qu'est-ce que c'est : La litote, a l'inverse de l'hyperbole, est une figure d'atténuation : on dit moins que ce que l'on pense vraiment, par pudeur, par ironie ou pour mettre en valeur le propos. Le contraste vient de ce qui est dit et de ce qui est implicite.

Exemples :

  • «Ce n'est pas un sot, non, non, et croyez-m'en, que le chien de Jean de Nivelle» - Jean de La Fontaine, Fables
  • «Va, je ne te hais point» - Pierre Corneille, Le Cid

10) Figures de style : l'euphémisme

Qu'est-ce que c'est : Comme la litote, l'euphémisme est une figure d'atténuation qui consiste à amoindrir une réalité déplaisante. À la différence de la litote, l'intention n'est pas de mettre en valeur le propos mais d'amoindrir la portée.

Exemples :

  • «L'époux d'une jeune beauté partait pour l'autre monde» - Jean de La Fontaine, La jeune veuve
  • «Il me fait des déclarations et m'embrasse, et me menace de… de… son autorité» - Guy de Maupassant, La paix du ménage

11) Figures de style : l'accumulation

Qu'est-ce que c'est : Une accumulation est une est une figure de style qui consiste à énumérer des mots ou groupe de mots de même nature et de même fonction grammaticale.

Exemples :

  • «Cela tintait, grinçait, cognait, cela grondait, haletait, soufflait et stridait, et hoquetait, et trépidait, à croire que les murs de la grange allaient se fendre et s'écrouler» - Maurice Genevois, Contes et récits
  • «Je n'ai plus que les os, un squelette je semble, décharné, énervé, démusclé, dépulpé, que le trait de la m*rt sans pardon a frappé, je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble» - Pierre de Ronsard, Je n'ai plus que les os
  • «Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières, on s'écrasait aux ponts pour passer les rivières» - Victor Hugo, L'expiation

L'accumulation est une figure de style qui consiste en l'énumération de mots / Crédit : Unsplash

12) Figures de style : la gradation

Qu'est-ce que c'est : La gradation est une forme d'énumération de mots ou de groupes de mots qui évoquent une idée similaire, comme l'accumulation, mais avec une intensité croissante ou décroissante. La figure de style permet un effet d'amplification. La gradation se termine souvent par une hyperbole en cas de gradation ascendante. Il existe aussi des gradations descendantes et des gradations rompue (avec un terme beaucoup plus fort ou faible que la progression ne le suggère).

Exemples :

  • «C'est un roc ! C'est un pic ! C'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ?… C'est une péninsule !» - Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (gradation ascendante)
  • «Vous voulez qu'un roi meure, et pour son châtiment vous ne donnez qu'un jour, qu'une heure, qu'un moment !» - Jean Racine, Andromaque (gradation descendante)
  • «Je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent» - Molière, L'Avare (gradation rompue)

13) Figures de style : l'anaphore

Qu'est-ce que c'est : L'anaphore est une répétition du même mot ou groupe de mot en tête d'une phrase. La figure de style met en valeur le terme ou les termes répétés, parfois dans le but de convaincre. Quand le mot ou les mots répétés sont en fin de phrase, on parle d'épiphore.

Exemples :

  • «Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !» - Charles de Gaulle, Discours du 25 août 1944
  • «J'ai vu lever le jour, j'ai vu lever le soir, j'ai vu grêler, tonner éclairer et pleuvoir, j'ai vu peuples et rois, et depuis vingt années, j'ai vu presque la France au bout de ses journées» - Pierre de Ronsard, Dédicace à Nicolas de Neufvillet

14) Figures de style : le parallélisme

Qu'est-ce que c'est : Le parallélisme, aussi appelé construction parallèle, consiste en la juxtaposition de deux groupes de mots, de deux phrases ou de deux vers construits sur la même syntaxe. La figure de style créé un effet d'équilibre, d'harmonie et de symétrie.

Exemples :

  • «Lucien avait beaucoup lu, beaucoup comparé ; David avait beaucoup pensé, beaucoup médité» - Honoré de Balzac, Illusions perdues
  • «J'ai tendresse pour toi, j'ai passion pour elle» - Pierre Corneille, Nicomède
  • «Il n'avait pas de fange dans l'eau de son moulin. Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge» - Victor Hugo, La légende des siècles

15) Figures de style : l'antithèse

Qu'est-ce que c'est : L'antithèse établit une relation d'opposition entre deux éléments, deux pensées ou expressions, rapprochés dans un même énoncé ou une même phrase. Cela créé un effet de contraste mettant en valeur la différence de sens entre deux termes dits «antithétiques», comprendre opposés.

Exemples :

  • «Un ver de terre amour d'une étoile» - Victor Hugo, Ruy Blass
  • «Je n'ai jamais vu un enfant sans penser qu'il deviendrait vieillard, ni un berceau sans songer à une tombe» - Gustave Flaubert, Pensées
  • «Ton bras invaincu, mais non pas invisible» - Pierre Corneille, Le Cid

16) Figures de style : l'oxymore

Qu'est-ce que c'est : L'oxymore rapproche deux termes en apparence contradictoires. Une association qui créé du sens, de la poésie et de la surprise à la lecture. À ne pas confondre avec l'antithèse : dans un oxymore (on dit bien un oxymore et pas une oxymore), les deux termes ne sont pas contraire l'un à l'autre.

Exemples :

  • «Éphémère immortel» - Paul Valéry, Charmes
  • «Le superflu, chose très nécessaire» - Voltaire, Le Mondain
  • «Cette obscure clarté qui tombe des étoiles enfin avec le flux nous fait voir trente voiles» - Pierre Corneille, Le Cid

L'oxymore rapproche deux termes en apparence contradictoires / Crédit : Unsplash

17) Figures de style : l'antiphrase

Qu'est-ce que c'est : L'antiphrase consiste à dire quelque chose dans le but d'exprimer le contraire, souvent pour créer de l'ironie. Elle peut se créer à partir d'autres figures de style comme la métaphore, la litote ou l'hyperbole.

Exemples :

  • «Sans mentir […] vous êtes le phoenix des hôtes de ces bois» - Jean de La Fontaine, Fables (antiphrase sous forme de litote)
  • «Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formais une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer» - Voltaire, Candide

18) Figures de style : le chiasme

Qu'est-ce que c'est : Le chiasme assemble des éléments en miroir, à un adjectif et un nom répondent un nom et un adjectif par exemple. Les éléments peuvent être séparés par une conjonction de coordination ou une virgule. Il existe plusieurs sortes de chiasmes :

  • le chiasme grammatical, où les mots utilisés sont de même nature grammaticale
  • le chiasme sémantique, où les termes partagent le même champ sémantique
  • le chiasme phonétique, où les termes ont des sonorités similaires

Exemples :

  • «Je préfère les assauts des pique-assiettes aux assiettes de Picasso» - Jean Cocteau (chiasme phonétique)
  • «Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu» - Victor Hugo, La légende des siècles (chiasme grammatical pour roi/dieu, chiasme sémantique pour bas/haut)

19) Figures de style : la métonymie

Qu'est-ce que c'est : La métonymie est une figure de style qui consiste à désigner un concept par l'intermédiaire d'un autre dans un lien logique. Quand on dit «croiser le fer» par exemple, on parle d'un combat, le «fer» désignant les épées.

Exemples :

  • «Rodrigue, as-tu du coeur ?» - Pierre Corneille, Le Cid
  • «Je ne regarderait ni l'or du soir qui tombe, ni les voiles au loin descendant vers Harfleur» - Victor Hugo, Demain dès l'aube

20) Figures de style : la métonymie

Qu'est-ce que c'est : La périphrase est une figure de style qui consiste à dire en plusieurs mois ce qu'on aurait pu exprimer en un seul terme. Cela permet d'éviter les répétitions, mais aussi de mettre en avant des caractéristiques de l'objet ou de la personne décrite. C'est une figure de substitution qui permet différents effets, comme l'euphémisme ou l'ironie.

Exemples :

  • «J'ai dit au long fruit d'or : mais tu n'es qu'une poire» - Victor Hugo
  • «La ville rose» pour parler de Toulouse, «le Roi Soleil» pour désigner Louise XIV, «le petit écran» pour parler de la télévision, «la langue de Shakespeare» pour désigner l'anglais, etc.
Bouton whatsapp