Au Japon, 33,8 % des couples dorment dans des chambres séparées pour une raison très simple

Une enquête menée auprès de 800 Japonais montre que 33,8 % des couples font chambre à part. Horaires, ronflements, température : voici pourquoi.

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Dans beaucoup de foyers français, dormir dans deux pièces différentes reste perçu comme le début de la fin. Au Japon, la question ne se pose plus vraiment dans ces termes : selon une enquête publiée par Koala Sleep Japan, un tiers des couples interrogés dorment déjà chacun de leur côté, et la plupart s'en portent très bien.

Un tiers des couples dorment dans une autre pièce

L'enquête a été réalisée en ligne du 18 au 21 octobre 2024 auprès de 800 hommes et femmes de 20 à 60 ans, dans tout le pays, et publiée le 12 novembre 2024 par la marque de literie Koala Sleep Japan.

Résultat : 24,8 % des personnes interrogées partagent un seul lit avec leur conjoint ou leur partenaire, 20,9 % dorment dans la même chambre avec deux lits côte à côte, 20,6 % alignent deux futons dans la même pièce, et 33,8 % dorment dans une pièce séparée.

Le détail est parlant : parmi ceux qui dorment à part, 70,4 % disposent chacun de leur propre chambre, tandis que 28,9 % fonctionnent avec une chambre d'un côté et le salon de l'autre. Autrement dit, ce n'est pas toujours un choix de confort, c'est parfois une question de mètres carrés.

Les horaires avant les ronflements

Interrogés sur leurs raisons, les adeptes de la chambre séparée citent d'abord des heures de coucher et de lever différentes (42,6 %). Viennent ensuite les ronflements ou les grincements de dents du partenaire, ou les siens (38,1 %), l'envie d'avoir un temps et un espace à soi (27,8 %), les désaccords sur la température de la pièce (21,5 %) et les mouvements nocturnes de l'autre (10,4 %).

Rien d'exotique là-dedans. Ce sont exactement les griefs qui se murmurent à 3 heures du matin partout ailleurs, à la différence près qu'au Japon, en tirer les conséquences ne passe pas pour un aveu d'échec.

Ceux qui partagent leur lit dorment moins bien, et restent quand même

Le chiffre le plus intéressant concerne l'autre camp. Parmi les personnes qui dorment habituellement dans le même lit ou sur le même matelas que leur partenaire, 48,6 % déclarent manquer de sommeil et 40,5 % expriment une insatisfaction liée au sommeil de l'autre.

Et pourtant, 80 % de ceux qui partagent leur chambre affirment vouloir en rester là. Le confort de l'oreiller pèse manifestement moins lourd que l'envie de s'endormir à côté de quelqu'un.

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Une pratique ancienne, pas une mode

Le phénomène n'est pas nouveau. Des travaux plus anciens de Hideki Kobayashi, professeur à l'université de Chiba, relayés en 2013 par le site SoraNews24, évoquaient déjà 26 % de couples mariés dormant dans des pièces séparées dans les copropriétés de la région de Tokyo, et quatre couples sur dix passé 60 ans ne partageant pas de lit. Nous avions consacré un article à cette habitude japonaise et à ses raisons culturelles.

Une autre enquête japonaise, menée entre fin août et le 10 octobre 2024 par la société Assist auprès de 2 000 personnes mariées de 20 à 60 ans, avance des chiffres nettement plus élevés : environ 49 % des hommes et 50 % des femmes y déclarent dormir dans une pièce séparée, la première cause invoquée étant les ronflements du conjoint, devant la naissance d'un enfant. L'écart avec l'enquête Koala est important, et il rappelle que ces sondages en ligne, souvent commandés par des entreprises, donnent des ordres de grandeur plutôt que des mesures nationales.

Le « divorce du sommeil » n'est pas réservé au Japon

Le phénomène porte un nom en anglais, sleep divorce, et il progresse ailleurs. Selon une enquête de l'American Academy of Sleep Medicine menée en juin 2025 auprès de 2 007 adultes américains, 31 % d'entre eux ont déjà opté pour cette solution, en changeant de lit dans la même chambre ou en changeant carrément de pièce. La tranche 35-44 ans est la plus concernée (39 %), les plus de 65 ans la moins (18 %). Nous avions déjà évoqué cette tendance et ce qu'en disent les spécialistes du sommeil.

« Un divorce du sommeil relève davantage du respect mutuel de l'espace de sommeil que d'une relation en difficulté. » Dr Seema Khosla, porte-parole de l'AASM (propos traduits de l'anglais).

La même spécialiste ajoute un avertissement utile : si les ronflements sont à ce point gênants qu'ils poussent à changer de pièce, ils peuvent aussi signaler une apnée du sommeil, et méritent alors un avis médical plutôt qu'un simple déménagement de matelas.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.