Une ancienne hôtesse de l’air basée à Dubaï a tout quitté pour ouvrir une boulangerie au Japon. Un choix radical qui a profondément changé sa vie.
Tout quitter pour recommencer ailleurs.
Rei Onoda, une Japonaise de 34 ans, a travaillé comme hôtesse de l’air pour Emirates pendant environ quatre ans. À cette époque, elle vivait à Dubaï et parcourait le monde au rythme de ses vols internationaux.
Aujourd’hui, son quotidien est totalement différent. Elle vit à la campagne japonaise avec sa famille, où elle dirige Kamijyoan, une boulangerie qu’elle a cofondée avec son mari.
Elle revient sur son parcours dans les colonnes de Business Insider.
Le Covid-19 bouleverse sa vie d’hôtesse de l’air
Après sa carrière dans la « perle du Golfe », Rei rentre au Japon à la suite de son mariage et s’installe à Tokyo, où elle rejoint une agence de relations publiques.
« Je travaillais sur des voyages de presse à travers le Japon, en emmenant des visiteurs étrangers non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans des régions plus rurales. C’est là que j’ai réalisé à quel point il existait de magnifiques endroits que je ne connaissais même pas dans mon propre pays. J’ai commencé à envisager une vie plus rurale », raconte-t-elle.
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Peu après, le Japon est frappé par la pandémie de Covid-19, obligeant la trentenaire à passer en télétravail. Une période difficile pour elle.
« Je vivais près de la gare de Shibuya, un quartier très animé de Tokyo, mais tout était fermé et je me retrouvais coincée chez moi à payer un loyer élevé », se souvient-elle.
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Avec son mari, elle décide de s’installer dans un endroit plus calme. Après deux ans de recherche, ils achètent une maison vieille de 180 ans dans le village de Kamijo, à environ 225 km au nord-ouest de la capitale, pour 8,5 millions de yens (environ 50 000 euros).
Un projet ambitieux
La propriété comprend 2,4 hectares de terres agricoles et nécessite de lourdes rénovations. Or, ce type de terrain est très réglementé au Japon. Le mari de Rei quitte alors son emploi dans la mode pour devenir agriculteur agréé afin de pouvoir les exploiter.
Ce n’est pas tout : les nouveaux propriétaires découvrent une autre contrainte.
« Nous avons découvert que rénover la maison en simple habitation impliquait des règles de préservation très strictes, ce qui aurait été trop coûteux », confie la Japonaise.
Crédit Photo : Rei Onoda
Face à cette situation, les époux changent de perspective et choisissent d’ouvrir un petit café-boulangerie.
« Nous l’avons financé grâce à nos économies, des prêts bancaires et des subventions, pour un total d’environ 50 millions de yens (environ 300 000 euros), équipement de cuisine compris. (…) », détaille Ren.
Elle ajoute :
« Nous avons reçu 29 millions de yens (environ 170 000 euro) de subventions pour le développement régional et la préservation culturelle, en présentant le projet à la fois comme un café et comme un moyen de sauvegarder un bâtiment historique ».
Crédit Photo : Rei Onoda
Un café-boulangerie qui séduit
Au total, le projet de rénovation s’étale sur trois ans. Parallèlement, Rei suit une formation en boulangerie à Tokyo auprès d’un artisan ayant travaillé en Allemagne. Elle tombe également enceinte de son fils.
Le couple a ouvert l’établissement il y a un an et demi. La mère de famille s’occupe de la boulangerie, tandis que son mari gère le café. Le lieu attire à la fois des locaux et des touristes.
Crédit Photo : Rei Onoda
Au menu figurent du pain de campagne, du pain de mie et de seigle, ainsi que des gâteaux et des biscuits.
« Concilier la boulangerie et la maternité a été un défi. Mais j’ai appris à compter sur les autres. Grâce au soutien des parents de mon mari et à la crèche, j’ai compris l’importance de demander de l’aide », précise Rei.
Les époux vivent dans une maison située à proximité de leur établissement. En plus de leur entreprise, ils produisent une bière artisanale à la pêche.
Crédit Photo : Rei Onoda
« Cette boulangerie existe grâce au soutien de la communauté locale. J’espère que mon fils, en grandissant, le verra et comprendra l’importance de construire quelque chose avec les autres et de ne pas abandonner ce en quoi l’on croit », conclut-elle.
