Les petites maisons au fond du jardin servent souvent à héberger un parent vieillissant. C'est le cas de cette Américaine de 65 ans installée dans 37 m² derrière chez sa fille. Chez les Holt, à Oldham, dans le Grand Manchester, le bâtiment a servi aux deux générations, mais pas dans l'ordre prévu.
Elise Holt a 22 ans et vend des maisons pour vivre. Elle-même habite un logement d'une pièce de 300 pieds carrés, soit environ 28 m², construit au fond du jardin de sa grand-mère Beverley, 71 ans. Elle y vivait depuis quatre ans au moment où elle a raconté son histoire à l'agence SWNS, en mai 2025.
Un logement bâti pour l'arrière-grand-mère, puis transformé en salle de jeux
L'annexe n'a pas été pensée pour elle. Beverley l'avait fait construire pour sa propre mère, Winnie, l'arrière-grand-mère d'Elise, en payant 17 000 livres à des artisans, environ 20 000 euros au taux actuel. Après le décès de Winnie, le bâtiment est devenu une salle de jeux, billard et machine à sous comprises.
Elise, elle, y est arrivée par hasard. À 18 ans, elle s'installe temporairement chez sa grand-mère, le temps de refaire sa chambre chez ses parents. Elle n'est jamais repartie. Elle y vit aujourd'hui avec son compagnon Lucus, 24 ans, ingénieur, et leurs deux chats, Kalvin et Simba. Un argument revient dans son témoignage : la tranquillité, loin de ses trois frères et sœurs plus jeunes.
« Avec mon travail, c'est moi qui prends toutes les photos des biens que nous vendons. Quand je dis aux gens à qui je fais visiter des maisons que j'habite dans le jardin de ma grand-mère, tout le monde est choqué et trouve ça génial. » (Propos rapportés par SWNS, traduits de l'anglais.)

Un peu de gaz, d'électricité et de taxe d'habitation
Le calcul est vite fait : Elise ne paie pas de loyer. Sa participation se limite à une partie du gaz, de l'électricité et de la council tax, l'équivalent britannique de la taxe d'habitation.
En quatre ans, elle a réuni 10 000 livres d'apport, environ 11 600 euros. Elle estime aussi avoir évité 19 000 livres de loyer, soit près de 22 000 euros, en s'appuyant sur le prix moyen d'un T2 à Oldham relevé par l'Office for National Statistics, 605 livres par mois, environ 700 euros. Sans l'annexe, dit-elle, elle n'aurait « absolument pas » pu constituer cet apport en louant dans le privé.
« Je n'ai pas eu le privilège qu'on me donne un apport pour une maison, c'est leur façon de m'aider indirectement à économiser. » (Propos rapportés par SWNS, traduits de l'anglais.)
L'annexe reste dans la famille

Au moment de l'interview, Elise espérait trouver un bien et déménager dans l'année. La suite n'a pas été rendue publique. En revanche, le sort de l'annexe était déjà réglé : elle reste dans la famille, et son frère cadet avait déjà l'œil dessus.
Le schéma n'a rien d'isolé. Aux États-Unis, Mckean Matson a vécu cinq ans dans 32 m² au fond du jardin de ses parents avant d'acheter à 24 ans, et une autre jeune femme a quitté son appartement pour bâtir 28 m² sur le terrain familial. Au Royaume-Uni, la Valuation Office Agency recensait environ 60 000 annexes en Angleterre et au pays de Galles, un chiffre relayé par l'association HomeOwners Alliance. Reste que chez les Holt, personne n'avait prévu que la maison de l'arrière-grand-mère finisse par payer l'apport de son arrière-petite-fille.
