À 24 ans, elle quitte le jardin de ses parents pour sa propre maison : 32 m², jusqu'à 72 000 dollars économisés et 7 500 dollars d'apport

Mckean Matson a vécu cinq ans dans une cabane de 32 m² au fond du jardin de ses parents, sans payer de loyer. À 24 ans, elle a acheté sa maison.

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En CM2, Mckean Matson et une copine poussent le portique et le toboggan l'un contre l'autre pour se fabriquer une cabane au fond du jardin, à College Station, au Texas. Son père les regarde faire, puis leur propose de construire une vraie. Personne ne se doute que le résultat, 350 pieds carrés, soit environ 32 mètres carrés, deviendra son logement pendant cinq ans, et l'apport de sa première maison.

Un père menuisier et huit mois de chantier

Le père de Mckean dirige une entreprise de parquets massifs. Elle a grandi en le regardant tout fabriquer à la main. Père et fille mettront environ huit mois à transformer la cabane en petite maison. Ils font absolument tout eux-mêmes, à une exception près : le plan de travail en granit.

Ce sont les parents qui paient, la construction comme l'ameublement, ce qui n'a pas coûté grand-chose vu la surface. Mckean estime la facture à moins de 100 000 dollars. C'est le point que l'histoire ne cache pas : le départ n'est pas le même pour tout le monde.

Deux options à la fin de la première année de fac

Après une année passée en résidence universitaire, ses parents lui posent le choix sur la table. Soit elle loue un appartement à elle, soit elle s'installe dans la maison du jardin, gratuitement, aussi longtemps qu'elle en a besoin.

Elle choisit le jardin. Et elle y reste cinq ans, en documentant sa vie dans 32 mètres carrés sur TikTok, où elle rassemble près de 100 000 abonnés. Beaucoup de messages qu'elle reçoit viennent de jeunes qui cherchent comment économiser dans un marché immobilier devenu inabordable. Certains lui demandent carrément les plans pour reproduire la maison.

Ce que contiennent 32 mètres carrés

En bas : un petit canapé deux places, deux tabourets hauts face au plan de travail, et un réfrigérateur étroit conçu pour les tiny houses. En haut, accessible par un escalier : un lit deux places, une commode, un portant à vêtements, et pratiquement aucun rangement.

Elle ne romantise pas l'expérience. Dans une de ses vidéos, un seul gros colis occupe la totalité du salon et de la cuisine. Ne pas ranger son linge pendant une journée, dit-elle, suffit à ne plus pouvoir circuler. Organiser une soirée entre copines relevait du défi.

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Le calcul qui change tout

Difficile de chiffrer précisément ce qu'elle a mis de côté. Fortune, qui a raconté son histoire en juillet 2023, propose un ordre de grandeur : ses amies paient environ 800 dollars par mois pour une chambre en colocation, soit 48 000 dollars sur cinq ans. Un studio comparable à sa petite maison tournerait plutôt autour de 1 200 dollars, ce qui représenterait jusqu'à 72 000 dollars économisés sur la période. Elle ajoute qu'elle dînait tous les soirs de la cuisine de sa mère, ce qui a également allégé le budget courses.

« Si j'avais dû louer, il m'aurait été impossible d'acheter une maison. »

C'est ce qu'elle explique à Fortune. Selon elle, il lui aurait fallu cinq à sept ans de plus pour y arriver.

250 000 dollars et une mensualité qui pique

Elle travaille dans l'entreprise de parquets de son père, pour environ 60 000 dollars par an. Au printemps 2023, à 24 ans, elle signe pour une maison de trois chambres et deux salles de bains, à dix minutes de chez ses parents. Prix : 250 000 dollars, avec 3 % d'apport, soit à peu près 7 500 dollars. Le taux fixe sur trente ans est alors de 6,87 %, ce qui porte la mensualité à plus de 2 000 dollars. Elle qualifie elle-même ce chiffre de délirant.

Le grand écart est brutal : elle passe de 32 mètres carrés à 140. Elle reconnaît d'ailleurs ne pas être folle amoureuse de cette maison, mais la considérer comme un bon investissement. Et découvrir, au passage, que meubler une vraie maison coûte cher quand on a vécu cinq ans dans un espace où il n'y avait presque rien à meubler.

La cabane ne reste pas vide longtemps

Quand elle déménage, la petite maison du jardin change simplement de locataires : son frère de 22 ans et sa femme s'y installent à leur tour. Mckean, elle, dit avoir prévenu ses parents qu'elle reviendrait volontiers un jour vivre dans une sorte de domaine familial, un peu moins collé au jardin, mais entouré des siens.

Son cas n'a rien d'une anomalie. Selon Pew Research Center, la part des jeunes adultes américains vivant chez leurs parents grimpe depuis cinq décennies, et 2020 a été la première année depuis la Grande Dépression où plus de la moitié des moins de 29 ans étaient dans ce cas. La variante du fond du jardin, elle, se répand : on retrouve la même mécanique chez cette jeune femme de 19 ans qui a quitté son appartement pour bâtir 28 m² sur le terrain de ses parents, chez cette Américaine qui a monté seule ses 22 m² sur le terrain de sa mère, ou chez ce garçon de 13 ans qui s'est construit 8 m² dans le jardin familial. À une différence près : Mckean Matson, elle, n'a jamais eu à financer sa maison. Elle a financé la suivante.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.