Elle loue sa maison et s'installe dans son abri de jardin transformé en logement : 12 m², une cuisine à 350 euros et 12 000 euros au total

Jodie a transformé un vieil abri de jardin en tôle en maison de 12 m² pour 12 000 euros. Elle loue désormais sa vraie maison et travaille à temps partiel.

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À Perth, en Australie, Jodie a transformé un vieil abri de jardin en tôle en une maison de 12 m² pour environ 12 000 euros. Elle a quitté sa vraie maison pour s'y installer, et la loue désormais.

Le terrain fait 728 m². Une parcelle de banlieue tout ce qu'il y a de plus ordinaire, à quinze ou vingt minutes du centre de Perth. Quand Jodie Vennitti l'a achetée il y a douze ans, il n'y avait que de l'herbe. Pas un arbre.

Aujourd'hui, derrière la haie, il y a des poules, des cuves de récupération d'eau de pluie, des fruitiers en étages et une petite maison de 4 mètres sur 3 posée là où se trouvait un abri de jardin en tôle. C'est là que Jodie dort. La grande maison, elle, est louée.

Un cabanon en tôle sur une dalle de béton

Le point de départ n'avait rien d'excitant : une structure métallique basique, posée sur une dalle. Jodie a gardé la dalle et a tout repris par-dessus. Toiture à deux pentes pour gagner de la hauteur, mezzanine de couchage, portes-fenêtres à deux battants qui ouvrent directement sur le jardin.

Elle a fait l'essentiel du chantier elle-même, le soir après le travail et le week-end. Il a fallu un peu plus d'un an. Le budget final tourne autour de 20 000 dollars australiens, soit un peu plus de 12 000 euros au cours actuel. Une somme qui la place parmi les constructions les moins chères jamais filmées par la chaîne Living Big in a Tiny House, qui suit ce type de projets depuis plus de dix ans.

Le détail qui frappe à l'intérieur, c'est le mur en bois cordé : des rondins empilés dans le mortier, entrecoupés de bouteilles de vin et de bocaux en verre qui laissent passer la lumière en taches colorées. Un procédé ancien, très utilisé en construction naturelle, et surtout gratuit quand on récupère les matériaux.

« Jodie a créé quelque chose de magique ici », résume Bryce Langston, le présentateur de l'émission, qui a filmé plusieurs centaines de petites maisons à travers le monde.

Une cuisine montée pour moins de 400 euros

La cuisine est en couloir, coincée sous la mezzanine. Selon le site spécialisé Homecrux, Jodie l'a montée pour 500 à 600 dollars australiens, soit environ 300 à 350 euros, avec des caissons Ikea et Bunnings, l'équivalent australien de nos grandes surfaces de bricolage.

Pas de four encastré, pas de plaque fixe. Une plaque à induction portable, une mijoteuse, et un micro-ondes qui fait aussi four à chaleur tournante et friteuse à air. De quoi cuisiner tous les jours sans sacrifier trois mètres carrés à de l'électroménager.

La salle de bains, elle, est dehors : une douche extérieure et des toilettes sèches. Un choix assumé sous le climat de l'Australie-Occidentale, où il ne gèle quasiment jamais. Le reste de l'espace tient en un coin salon avec deux fauteuils et un pouf, une grande véranda sur l'avant, et c'est tout.

Un jardin qui la nourrit toute l'année

La maison n'est qu'une pièce du dispositif. Sur les 728 m², Jodie a construit une forêt comestible en strates, selon les principes de la permaculture : arbres fruitiers en hauteur, arbustes, légumes et aromatiques au sol. Le tout produit des récoltes à peu près toute l'année.

Elle n'en est pas à son coup d'essai. En 2018, le magazine australien Pip lui consacrait déjà un portrait après un défi peu banal : ne manger, pendant un an, que les fruits et légumes issus de son propre jardin de banlieue.

Le résultat se mesure aussi au thermomètre. Grâce à la couverture végétale, la parcelle est sensiblement plus fraîche que celles des voisins, un point loin d'être anecdotique à Perth, où l'eau est comptée et où les étés dépassent régulièrement les 40 °C.

Le calcul qui change tout

C'est le vrai basculement de l'histoire. En louant la maison principale et en s'installant dans 12 m² au fond de son propre terrain, Jodie a inversé son équation financière. Elle est passée à temps partiel. Ses matinées, elle les consacre à récolter et à nourrir les poules. Une partie du terrain est partagée avec d'autres personnes, qui participent à l'entretien du système.

Elle explique d'ailleurs préférer la petite maison à la grande, pour une raison simple : elle y est en contact permanent avec le jardin.

Le raisonnement n'a rien d'isolé. On retrouve la même logique chez cette YouTubeuse de 19 ans qui a quitté son appartement pour bâtir 28 m² sur le terrain de ses parents, ou chez cette Américaine de 70 ans qui a vidé son plan retraite pour créer un village de tiny houses. À chaque fois, la même idée : réduire la surface pour réduire la facture.

Reste que tout le monde ne part pas avec un terrain de 728 m² déjà payé. C'est la limite de l'histoire, et Jodie ne prétend pas l'inverse. Mais pour ceux qui possèdent un fond de jardin et un vieux cabanon dont ils ne savent plus quoi faire, le chiffre reste difficile à ignorer : douze mètres carrés habitables, douze mille euros.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.