Une clinique américaine annonce l'expérimentation du premier vaccin destiné à prévenir le cancer du sein

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Un vaccin contre la forme la plus agressive et la plus mortelle de cancer du sein est en passe de devenir réalité. Cette grande nouvelle qui pourrait potentiellement sauver la vie de millions de personnes à travers le monde.

Crédit : Serhii Bobyk / Shutterstock

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Mardi dernier, la Cleveland Clinic a annoncé le lancement d'un essai sur l’Homme, le premier du genre, pour tester une substance conçue pour prévenir le cancer du sein triple négatif, qui ne répond actuellement pas aux thérapies hormonales ou aux médicaments ciblés et ne peut être évité que par une mastectomie, c’est-à-dire une ablation du sein.

Jusqu'à présent, les développements en matière de vaccins contre le cancer du sein triple négatif se sont limités aux travaux de laboratoire et à la recherche sur les animaux.

Désormais, les essais sur les femmes touchées par cette maladie peuvent commencer car la Food and Drug Administration américaine a approuvé une demande d'autorisation de mise sur le marché pour le vaccin.

L'essai ne portera que sur des survivantes du cancer du sein triple négatif à un stade précoce et présentant un risque élevé de récidive, mais si les résultats sont positifs, les chercheurs espèrent pouvoir passer à la vitesse supérieure en administrant ce nouveau vaccin à des personnes en bonne santé présentant un risque élevé de contracter la maladie, comme celles qui présentent des mutations du gène BRCA1.

« À long terme, nous espérons qu'il s'agira d'un véritable vaccin préventif qui sera administré aux femmes en bonne santé pour les empêcher de développer un cancer du sein triple négatif, la forme de cancer du sein pour laquelle nous disposons les traitements les moins efficaces » a déclaré le docteur Thomas Budd, de l'Institut du cancer Taussig de la Cleveland Clinic et chercheur principal de l'étude, dans un communiqué de presse.

Le cancer du sein triple négatif représente environ 12 à 15 % de tous les cancers du sein et tue près d'un quart des patients dans les cinq ans si l’on se fie aux statistiques officielles récoltées dans le monde. Il est plus fréquent chez les Afro-Américaines et les femmes porteuses de mutations BRCA1 et doit être découvert particulièrement tôt pour être traité à temps.

Crédit : YURII MASLAK / Shutterstock

La présence d'une certaine protéine, appelée « α-lactalbumine », accompagne généralement la maladie, même si elle n'est censée apparaître que lorsqu'une personne allaite. Le vaccin ciblera donc cette protéine, incitant le système immunitaire à repousser les tumeurs mammaires émergentes qui l'expriment.

L’idée est que le vaccin comprenne un médicament qui alerte l’organisme sur la présence grandissante d’a-lactalbumine afin que ce dernier puisse stopper la croissance de la tumeur émergente avant qu’elle ne prenne de l’ampleur et devienne incontrôlable.

L’étude sur le vaccin contre le cancer du sein se terminera en septembre 2022

L'essai portera sur 18 à 24 patientes qui n'ont plus de tumeur après avoir été traitées pour un cancer du sein triple négatif de stade précoce au cours des trois dernières années. Elles recevront trois injections, espacées de deux semaines chacune.

Les chercheurs commenceront par administrer de faibles doses à quelques patients et les suivront de près avant d'augmenter la dose et d'inclure davantage de participants. L'étude, financée par le ministère américain de la Défense, devrait s'achever en septembre 2022.

Crédit : Chompoo Suriyo / Shutterstock

« Une fois que nous aurons déterminé la quantité de vaccin que nous pouvons administrer, nous examinerons ses effets sur le système immunitaire. Cela nous aidera à savoir si le vaccin a l’effet escompté sur la maladie, et ensuite nous élargirons chaque niveau de dose » a expliqué le docteur Thomas Budd.

Et lui d’ajouter : « cette stratégie vaccinale a le potentiel d'être appliquée à d'autres types de tumeurs. Notre programme de recherche translationnelle se concentre sur le développement de vaccins qui préviennent les maladies auxquelles nous sommes confrontés avec l'âge, comme les cancers du sein, des ovaires et de l'endomètre. En cas de succès, ces vaccins pourraient transformer la façon dont nous contrôlons les cancers à l'âge adulte et améliorer l'espérance de vie d'une manière similaire à l'impact qu'a eu le programme de vaccination des enfants. »

Voilà qui donne beaucoup d’espoir ! Qu’en pensez-vous ?

Source : Business Insider